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jeudi, juin 20, 2024

Yacine Mebarki et Fodil Boumala remis en liberté, mais les arrestations et incarcérations des militants continuent

La répression menée par le pouvoir algérien continue de prendre de frapper de nombreux militants ou citoyens pacifiques qui sont quotidiennement arrêtés et incarcérés en raison de leurs opinions politiques. En dépit de la libération du journaliste et intellectuel Fodil Boumala ainsi que du détenu d’opinion Yacine Mebarki, la situation des libertés publiques et individuelles en Algérie continuent de régresser terriblement à cause de l’acharnement dont fait preuve le pouvoir algérien contre les opposants et les activistes pacifiques. 

A Khenchela, la libération survenue hier jeudi 30 septembre du détenu d’opinion Yacine Mebarki n’a pas été vécue comme un soulagement à cause de cette campagne d’arrestations et d’incarcérations qui se poursuit encore et toujours dans diverses autres régions du pays. Accusé notamment d’ »offense à l’islam », le militant Yacine Mebarki s’était vu infliger une peine de dix ans de prison en première instance, en octobre. Jugé en appel, mercredi 25 novembre, il a vu sa peine fortement réduite. Il a été condamné à un an de prison par la cour d’appel de Khenchela et à une amende de 50 000 dinars.

En retrouvant sa famille et ses proches, Yacine Mebarki risque de ne pas retrouver de sitôt sa liberté car il demeurera sous surveillance accrue des services de sécurité comme ce fut le cas de Fodil Boumala qui a été placé en détention le 16 septembre dernier avant d’être remis en liberté le 29 septembre dernier à la suite d’une décision de la  chambre d’accusation près la Cour d’Alger. Entrer en prison pour y séjourner avant d’en sortir brisé, démoralisé et déprimé, voila la tactique régulièrement employé par le régime algérien pour casser la dynamique contestataire citoyenne et affaiblir le moral d’acier des opposants algériens qui veulent demeurer fidèles à leurs convictions et leur engagement en faveur de la cause du changement pacifique prôné par le Hirak du 22 février 2019.

En parallèle, d’autres militants sont pourchassés et réprimés par la machine sécuritaire et judiciaire algérienne. A Jijel, le militant du Hirak Ali Derar a été placé sous mandat de dépôt le 30 septembre dernier par la justice après avoir été interpellé par les services de sécurité au lendemain de son intervention sur la chaîne de télévision d’opposition Al Magharibia, basée à Paris et Londres. Il a été officiellement accusé de diffusion de fausses informations ayant pour but de porter atteinte à la Sécurité de l’Etat et l’Ordre Public. Rien que ça !

A Ghardaia, un militant du Hirak, Kheireddine Boussada, a été arrêté le 27 septembre dernier et depuis sa famille n’a plus aucun signe de vie de lui. Aux dernières nouvelles, il est retenu au sein d’une… caserne militaire à Ouargla ! Ce militant pacifique est traité comme s’il s’agissait d’un terroriste dangereux. Il ne se passe pas un jour sans qu’un militant ou un simple citoyen se retrouve en état d’arrestation ou traîné devant les tribunaux pour ses opinions politiques exprimées sur les réseaux sociaux. Les libertés publiques et civiles connaissent un hiver long et froid en Algérie. Pour l’heure, aucune lueur d’espoir n’annonce une embellie dans un futur proche.

 

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