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mercredi, juin 12, 2024

Une importante organisation syndicale internationale se solidarise avec les prisonniers politiques en Algérie

L’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA) International Union of Food, Agricultural, Hotel, Restaurant, Catering, Tobacco and Allied Workers’ Association (IUF) est une fédération syndicale internationale qui rassemble les travailleurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie. Elle a été fondée en 1920. Son siège est à Genève. C’est l’une des organisations syndicales internationales les plus influentes dans le monde. Et le 10 février dernier, l’IUF a pris officiellement position en faveur de la cause des prisonniers politiques en Algérie. 

« Depuis le 28 janvier, une quarantaine de prisonniers-ères politiques algérien-ne-s ont entamé une grève de la faim pour exiger la libération de leur détention illégale et arbitraire et l’arrêt des poursuites de plus en plus fréquentes à l’encontre des militant-e-s pour la démocratie, accusé-e-s de « terrorisme » en vertu du nouvel article 87bis du code pénal. Des femmes, des jeunes et des membres du syndicat indépendant SNAPAP, affilié à l’UITA, font partie des grévistes de la faim incarcéré-e-s en « détention provisoire », dans l’attente de leur procès et de leur condamnation. Plusieurs dirigeant-e-s du SNAPAP, le Syndicat national autonome des personnels de la fonction publique, affilié à l’UITA, ont rejoint la grève de l’extérieur par solidarité », peut-on ainsi lire dans un éditorial publié par l’IUF sur son site internet le jeudi 10 février.

« La répression en Algérie s’est considérablement intensifiée depuis que le mouvement de masse pour la démocratie, le Hirak, a éclaté en février 2019. La pandémie du COVID-19 a conduit à une suspension temporaire du Hirak en 2020, mais la reprise des grèves et des manifestations de rue au début de l’année dernière a entraîné une répression brutale. Après la libération très médiatisée d’une quarantaine de prisonniers-ères en février 2021, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) comptait environ 70 prisonniers-ères d’opinion. Aujourd’hui, on en compte 330 », déplore encore l’IUF qui relate tous les tenants et aboutissants de la répression politique menée tambour battant par le régime algérien.

« Entre le 2 et le 11 janvier 2022, quatre dirigeant-e-s de COSYFOP et de SNATEG, syndicat indépendant des travailleurs-euses de la compagnie nationale d’électricité SONELGAZ, affilié à l’UITA, ont été arrêté-e-s et emprisonné-e-s, puis libéré-e-s sous « contrôle judiciaire ». Ils-elles sont accusé-e-s, en vertu de l’article 87bis du code pénal, « d’organisation et de recrutement pour une association terroriste par le biais des médias sociaux et création d’une organisation criminelle nuisible à l’unité nationale » », explique ainsi l’IUF qui a parlé également de l’affaire de la militante Dalila Touat.

« La poursuite en série de Dalila Touat, enseignante et militante du SNAPAP, active depuis de nombreuses années dans la défense des droits des chômeurs-euses, en est un exemple typique. Dalila a été arrêtée et emprisonnée le 3 janvier 2021, accusée d’outrage aux institutions publiques, de distribution de tracts préjudiciables au maintien de l’ordre public et d’incitation à un rassemblement illégal – pour avoir appelé au boycott des élections. Reconnue coupable et condamnée à 18 mois de prison le 19 janvier 2021, elle a été libérée provisoirement le 19 février sous « contrôle judiciaire » après deux grèves de la faim dans l’attente de son appel. En novembre 2021, elle est condamnée à 6 mois de prison, toujours pour outrage à une institution publique ; en mars, elle avait dénoncé les conditions abusives de son incarcération et demandé un recours en justice. Le 31 janvier 2022, elle a été arrêtée à Mostanagem, emprisonnée et accusée d’incitation à un rassemblement illégal, de dénigrement d’un organisme public et de distribution de publications portant atteinte à l’intérêt national », indique l’IUF dans son éditorial.

L’IUF accuse, par ailleurs, le gouvernement algérien de « préparer un programme d’austérité sévère, préparant le terrain pour une explosion sociale, tout en renforçant la répression qui prive les travailleurs-euses de toute représentation indépendante ».

Dans ce contexte, la même organisation syndicale internationale estime qu’une  « action immédiate est nécessaire pour garantir la vie et la liberté des Algérien-ne-s qui luttent pour la démocratie ». « Le moment est venu pour les syndicats à travers le monde de faire preuve d’une solidarité active avec toutes les personnes emprisonnées, persécutées et harcelées pour leur engagement démocratique et leur activité syndicale, ainsi qu’avec nos camarades qui luttent pour la liberté d’association et les droits des travailleurs-euses », conclut enfin l’IUF dans son éditorial qui ne manquera certainement pas de faire grincer les dents des dirigeants algériens.

 

 

 

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1 تعليق

  1. Longue vie à Bouteflika et son frére de combat Boumedienne , les pères du pays depuis sa création en 1962, qui ont instauré les solides bases de l’Algérie , en éliminant les traitres ( comme Chaabani et autres) et en donnant le plein pouvoir aux glorieux militaires compatriotes (comme Belkhir et Nezzar) , et longue vie aussi aux 6 millions 532 302 des chouhadas.
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères de L’ALGERIE .