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mercredi, juin 12, 2024

Plus de 500 millions de Dollars USD investis sans résultats : les investissements étrangers de Sonatrach et les gros mensonges de son PDG

Ces 10 dernières années, plus de 500 millions de dollars USD ont été investis par Sonatrach à l’étranger dans des projets pétroliers et gaziers qui n’ont apporté aucun résultat notable pour la Trésorerie de la compagnie nationale des hydrocarbures, a pu constater Algérie au cours de ses investigations. Et en dépit de ce bilan médiocre et peu enviable, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a lancé ces derniers jours une énorme campagne de communication mobilisant les médias publics comme privés pour valoriser ces investissements étranger. Or, il s’avère que cette vaste campagne de communication s’appuie essentiellement sur « de gros mensonges » destinés à tromper l’opinion publique pour redorer le blason du PDG de Sonatrach. 

D’abord la Libye.  Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar avait déclaré  jeudi 10 février depuis Tripoli (Libye), que le volume des investissements de l’entreprise nationale en matière d’exploration en Libye avoisinera prochainement les 200 millions de dollars, contre 150 millions de dollars actuellement. « Sonatrach respecte ses contrats en Libye, des contrats à travers lesquels nous voulons parachever nos engagements contractuels et examiner les voies à même de développer les champs explorés dans les plus brefs délais », avait déclaré Toufik Hakkar lors d’une conférence de presse animée conjointement avec le président du conseil d’administration de la National oil corporation (Noc), Mustafa Sanalla, au terme de la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties.

Or, les informations communiquées par Toufik Hakkar sont totalement infondées, a pu vérifier Algérie Part au cours de ses investigations. Sonatrach est présente en Libye depuis 2005 et les 200 millions de dollars avancés par Toufik Hakkar représentent en réalité le montant intégral de l’enveloppe consacrée depuis 2012 pour ses investissements en Libye. Jusqu’à cette année 2022, la Sonatrach a investi plus exactement 150 millions de dollars de cette enveloppe budgétaire afin d’explorer les réserves du bassin de Ghadames, notamment les zones contractuelles 65 et 96/95 et le bassin de Murzuq.

Il ne reste que 50 millions de dollars de cette vieille enveloppe que Sonatrach devra investir encore en Libye à partir de cette année 2022. Il n’y a donc aucun nouveau investissement de la part de Sonatrach en Libye. Il s’agit de vieux projets et de vieux investissements que Sonatrach réactive sans aucune ambition particulière puisque la présence de Sonatrach en Libye ne s’est soldée par aucune progression majeure au niveau des activités commerciales ou productives de la compagnie nationale des hydrocarbures.

Sonatrach s’était retirée des gisements libyens en 2011 en raison du conflit très violent qui a déstabilisé la vie économique du pays notamment dans le domaine pétrolier. Sonatrach est revenue en juillet 2012 en Libye, jugeant que la situation avait repris le chemin de la normalité. Mais ce n’était que pour une courte durée, vu que deux années après, à savoir en 2014, Sonatrach a été obligée, une nouvelle fois, de stopper ses activités en Libye et de rapatrier ses employés algériens.

Depuis 2019, les autorités libyennes à travers la National oil corporation (Noc) tentent de sensibiliser la Sonatrach pour reprendre ses projets en Libye. Mais pour le moment, les deux parties discutent de la nécessité de préparer les premières étapes du retour de Sonatrach en Libye ainsi que la poursuite de ses opérations d’exploration. Aucun nouveau investissement n’est prévu par Sonatrach. Toufik Hakkar a donc menti aux algériennes et algériens pour mettre seulement en exergue le prestige de son management.

Au Niger ensuite. Sonatrach a annoncé ce samedi 12 février, dans un communiqué, la signature d’un contrat de partage de production actualisé d’hydrocarbures du bloc Kafra au Niger entre sa filiale Sonatrach International (SIPEX BVI), et le ministère du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables du Niger. La signature de ce contrat a été effectuée le 4 février en cours à Niamey (Niger), en présence de l’ambassadeur de l’Algérie au Niger, a précisé la même source.

Ce contrat est considéré comme « une actualisation et un renouvellement du contrat signé en 2015 et a pour objectif de permettre une meilleure évaluation du potentiel hydrocarbure du bloc Kafra suite à la découverte d’huile à l’issue des travaux de forage d’exploration », a ajouté le communiqué. Dans ce dossier encore, la direction générale de Sonatrach a volontairement falsifié les faits pour tromper l’opinion publique et le gouvernement.

Dans le secteur pétrolier, trois grandes entreprises opèrent principalement au Niger : le chinois CNPC, le britannique Savannah Petroleum et l’algérien Sipex (Sonatrach) qui travaillent en étroite collaboration avec la Société de raffinage de Zinder (SORAZ). La Sonatrach est présente au Niger depuis plusieurs années, depuis 2005 plus exactement, et au cours de toutes ces années, le potentiel pétrolier soi-disant prometteur de ce pays n’a jamais été démontré. Et Sonatrach n’a jamais gagné de l’argent à travers sa présence au Niger. De 2005 jusqu’à 2015, la Sonatrach avait investi près de 30 millions de Dollars USD sans aucun retour sur investissement puisque les efforts d’exploration demeuraient insuffisants pour lancer une quelconque production.

Aujourd’hui, en 2022, Sonatrach annonce un projet de « partage de production », mais sans fournir aucun détail concret sur les niveaux de production qui seront réalisés au NIGER. Depuis 2018, la Sonatrach s’est contentée d’explorer les volumes des réservoirs des  puits d’exploration KFR-1 et du puits KFRN-1. Aucune source fiable au sein de Sonatrach n’a pu nous dévoiler la moindre information vérifiable sur les capacités de production de ces puits qui demeurent encore, selon nos sources, au stade de l’exploration. Il faut savoir que le Niger prévoit de produire 500 000 barils de pétrole par jour à l’horizon 2025-2030, contre 20 000 barils actuellement. Ce pays  qui espère multiplier sa production par trois au cours des deux prochaines années (110 000 barils par jour) avait rejoint le club des pays pétroliers depuis 2011. Mais jusqu’à aujourd’hui, le Niger n’a pas dévoilé un important potentiel pétrolier en raison de la faiblesse de ses réserves nationales. La longue présence de Sonatrach au Niger n’a pas apporté un quelconque bénéfice.

Soulignons enfin que la Sonatrach finance et gère ses investissements à l’étranger par le biais de sa filiale SIPEX BVI qui intervient dans l’activité amont dans plusieurs pays en Afrique (Algérie, Tunisie, Libye, Mali, Niger) et en Amérique Latine (Pérou), où elle détient des participations dans des projets pétroliers et gaziers en tant qu’investisseur et/ou opérateur.

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3 تعليقات

  1. « En 2018, la Holding SIHC BVI a dégagé un résultat net de 364 millions de dollars contre 234 millions 2017. C’est dire que Sonatrach gagne beaucoup d’argent à travers ses sociétés à l’étranger. Mais elle pourrait faire beaucoup mieux même si en 2018, la Holding SIHC BVI a engrangé 377,39 millions de dollars de dividendes. La contribution la plus élevée en termes de dividendes revient à la filiale SIPEX (50 %). Il faut savoir que SIPEX est une filiale de Sonatrach présente dans plusieurs pays d’Afrique notamment au Mali, en Mauritanie, en Égypte en Libye et au Niger. En 2017, SIHC BVI a perçu 229,91 millions de dollars de dividendes. Ainsi, pour Sonatrach, les affaires à l’étranger vont bon train et ne connaissent pas la crise. Mais où Sonatrach réalise ses affaires à l’étranger ? » 33/08/2020

    C’est bien un article d’algériepart, non?
    Vous n’aimez pas Hakkar, ça on l’a biencompris, comme tout investissement, au début « on ne gagne pas d’argent », on participe à un des appels d’offres, on paie , on prospecte, on évalue les réserves et si cela s’avère rentable , on pass à l’investssiemnt productif…cela prend des années parfois pour rien
    l’Algérie impose le 51/49, donc, l’investisseur doit payer , investir des années pour espèrer trouver un ou plusieurs champs « rentables » avant de se lancer de la production…le retour sur investissement est programmée sur des décades
    Dans le cas de la Libye , l’insécurité et l’instabilité politique a empêché Sonatrach de mener à terme ses projets
    C’est pareil pour le Niger ou le gazoduc Nigéria-Alger…les groupes terroristes vont non seulement s’attaquer aux gazoducs, aux installations et même aux personnels
    Les affaires et l’installabilité ne vont jamais ensemble Mr Zemmar

  2. Longue vie à Bouteflika et son frére de combat Boumedienne , les 2 pères du pays depuis sa création en 1962, qui ont instauré les solides bases de l’Algérie , en éliminant les traitres ( comme Chaabani Boudiaf et autres) et en donnant le plein pouvoir aux glorieux militaires patriotes (comme Belkhir et Nezzar) , et longue vie aussi aux 6 millions 532 302 des chouhadas.
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères de L’ALGERIE .

  3. Le régime ne s’embarrasse pas de l’aspect économique d’une entité dès lors que le poste revêt un caractère stratégique. Un prince, même en culotte courte ferait l’affaire. Il importe plus de quadriller le pays
    que de le développer ou de le rentabiliser. Ils savent que rien qu’en se servant des réserves existantes, eux et leurs proches (clan) ils ont encore de beaux jours devant eux.