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jeudi, avril 18, 2024

Non, c’est faux la Banque Mondiale n’a jamais inventé des chiffres sur la pauvreté en Algérie

Le dernier rapport de suivi de la situation économique de l’Algérie qui a été réalisé par la Banque Mondiale n’a jamais inventé des chiffres « sur une prétendue pauvreté en Algérie » comme il a été affirmé par une dépêche hasardeuse et diffamatoire de l’APS, l’agence de presse gouvernementale algérienne. 

Le rapport de la Banque Mondiale a publié des chiffres et des analyses qui cernent les évolutions de la pauvreté en Algérie. Le dernier rapport de la Banque mondiale, datant du 22 décembre 2021, sur le suivi de la situation économique de l’Algérie contient un chapitre sur l’ »évolution de la pauvreté non monétaire et les inégalités en Algérie ».

Et dans ce chapitre, la Banque Mondiale a relevé que « l’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle s’est amélioré en Algérie entre 2013 et 2019, traduisant des progrès dans toutes ses dimensions : éducation, santé et conditions de vie ».

« Bien que l’Algérie affiche des résultats honorables dans la région MENA, et malgré des améliorations notables, la pauvreté multidimensionnelle varie considérablement selon les régions et entre les zones rurales et urbaines », résume le rapport, soulignant : « Les régions du Nord-Centre et du Nord-Est sont confrontées à des niveaux de privation inférieurs à ceux du reste du pays, tandis que la région des Hauts Plateaux Centre est confrontée à un niveau de privation plus élevé. Les régions les plus pauvres ont connu une amélioration plus rapide entre 2013 et 2019, montrant une convergence avec les régions plus riches. La santé et l’éducation sont devenues des dimensions plus importantes de la privation, soulignant les priorités politiques pour le développement humain de l’Algérie ».

C’est dire que la Banque Mondiale est totalement impartiale et objective dans le traitement de la situation algérienne. Elle reconnaît des avancées et des améliorations, mais elle a identifié également des insuffisances, des lacunes et des régressions. C’est un travail honnête et objectif qui a été mené par des experts reconnus et respectés pour leurs compétences.

Il faut savoir que la Banque Mondiale mesure la pauvreté à l’aide de l’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle. « L’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) » est une approche non monétaire permettant de mesurer le niveau de privation en se concentrant sur trois grandes dimensions : la santé, l’éducation et les conditions de vie. Celles-ci sont agrégées dans un indicateur unique variant de 0 à 100, où 100 représente le dénuement le plus total. Une personne est considérée comme « multi-dimensionnellement pauvre » si son niveau de privation dépasse 33. Les personnes dont l’indicateur va de 20 à 33 sont considérées comme vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle » ; explique la Banque Mondiale dans ses annexes résumant la méthodologie de son travail.

Et pour le cas de l’Algérie, la Banque Mondiale affirme clairement dans son dernier rapport que « La dernière enquête en grappes à indicateurs multiples de 2019 permet de mettre à jour l’IPM par rapport à l’enquête précédente de 2013. La baisse de l’IPM s’explique par l’amélioration de la santé, de l’éducation et des conditions de vie de la population. Le pourcentage de personnes vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle a lui aussi baissé de 5,8 à 3,6 %. »

Le tableau dressé par les experts de la Banque Mondiale n’est donc pas noir ni sombre comme veut le faire croire le régime algérien dans sa réaction épidermique digne d’un enfant gâté qui n’apprécie pas les remontrances qui lui parviennent de la part des adultes.

La Banque Mondiale reconnait dans son dernier rapport que le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie est passé de 2,1 à 1,4 % entre 2013 et 2019. « Le taux de pauvreté multidimensionnelle de l’Algérie, 1,4 %, est meilleur que celui de ses voisins régionaux, l’Égypte (5,2 %), l’Irak (8,6 %) et le Maroc (6,1 %), mais plus bas que le taux de pauvreté comparativement faible de la Tunisie (0,8 %) », indique le même rapport de l’institution financière internationale.

Comment peut-on ainsi affirmer comme c’est le cas de l’APS que le rapport de la Banque Mondiale « a occulté toutes les bonnes performances économiques et sociales de l’Algérie » en inventant des chiffres sur une « prétendue pauvreté en Algérie » ?

La Banque Mondiale n’a absolument rien inventé. Elle a constaté, analysé et tiré des enseignements. A ce titre, la Banque Mondiale a noté « des différences importantes » au niveau des régions de l’Intérieur du pays et du Nord concernant la pauvreté. « Les Hauts plateaux-Centre, les Hauts plateaux-Ouest et la région Sud, avec des taux de pauvreté récents de 4,4 %, 2,6 % et 2,3 % respectivement, ont enregistré une réduction significative de la pauvreté, mais ils restent à la traîne par rapport aux quatre autres régions algériennes. De plus, si l’on étudie les différences entre les zones urbaines et rurales, il apparaît que le taux de pauvreté est quatre fois plus important dans les zones rurales que dans les zones urbaines en 2019. Il n’y a pas de différence significative entre les hommes et les femmes en termes de taux de pauvreté entre les deux cycles d’enquête », a détaillé ainsi ce rapport de la Banque Mondiale qui ne renie aucunement les améliorations enregistrées par l’Algérie, mais n’occulte pas également ses fragilités et les risques auxquels elle est exposée si rien n’est fait pour renforcer son développement économique.

« L’Algérie condamne et rejette dans le fond et dans la forme cette immixtion flagrante de la Banque mondiale. Il s’agit d’une vaine tentative de déstabilisation à la soft power d’un pays qui avance mais qui dérange », a réagi l’APS dans sa dépêche. Mais qui condamne ? La diplomatie algérienne, le Premier-ministre, le Président de la République, l’Etat-Major de l’ANP ? Personne ne le sait tant les écrits de l’APS demeurent alambiqués, obscurs et opaques.

De son côté, la Banque Mondiale répond par des chiffres, des faits, des constats factuels. Elle ne verse pas dans l’insulte, elle ne fait pas de politique. Elle n’est pas là pour plaire ou déplaire. Elle ne cherche pas à séduire les dirigeants algériens. Elle fait uniquement son travail d’expertise, d’analyse et de prospection honnêtement et…. professionnellement. Des réalités que le régime algérien, incompétent et illégitime, ne peut pas encore appréhender.

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1 تعليق

  1. Au Maroc les pauvres peuvent s’acheter de l’huile, et des legumes et les produites de bases introuvables en Algérie même pour les classes moyennes.Donc ces statistiques sont alimentées par des données fournies par des etats qui trafiquent leur données et le pouvoir algérien falsifie ouvertement ses données. On voit des gens en Algérie privés même d’eau courante en pleine capitale!!!!
    Cela n’existe pas au Maroc. Même dans les fontaines publiques il y a de l’eau dans les bidonvilles qui valent bien ceux de l’Algérie. Le pb de l’Algérie est sa propagande digne des pays de l’Est avant la chute du mur de Berlin.