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vendredi, septembre 29, 2023

Libération des détenus du Hirak : le geste de Tebboune est bon même s’il est insuffisant…

Enfin un geste fait envers les détenus d’opinion et politiques en Algérie. Ce mercredi 1er juillet, Abdelmadjid Tebboune a décidé mercredi des mesures de grâce au profit de personnes incarcérées à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse. C’est un communiqué officiel de la Présidence de la République qui l’annonce. 

« Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a signé mercredi un décret présidentiel portant mesures de grâce à l’occasion du 58e anniversaire de la Fête de l’indépendance et de la jeunesse », lit-on dans le communiqué.

D’après la même source, les détenus d’opinion du Hirak concernés par cette grâce présidentielle sont :

– Allal Chérif Nasreddine, né le: 4 avril 1998.

– Bahlat Ilyes, né le 26 juin 1985.

– Cheddad Djelloul, né le 20 janvier 1992.

– Riahi Malik, né le 20 août 1990.

– Khader Hocine, né le 14 novembre 1992.

– Daoud Ben Amrane Djilali, né le 19 juillet 1988″.

Ces détenus d’opinion ont été tous condamnés à la prison ferme pour avoir participé à des actions de protestation pacifique ou exprimé des opinions favorables à la démocratie et aux revendications politiques du mouvement populaire, le Hirak, du 22 février 2019.

A titre d’exemple, Malik Riahi, originaire d’Ain Témouchent a été jugé, a été condamné au début du mois de mai passé en comparution immédiate par le tribunal d’Aïn Témouchent à une peine de 18 mois de prison ferme pour des publications sur les réseaux sociaux.

Riahi a dû répondre d’incitation à attroupement non armé, outrage à institutions et atteinte à la personne du Président, chefs d’accusations pour lesquels le procureur de la République a requis deux années de prison ferme. Le collectif des avocats de la défense n’a pas réussi à convaincre le tribunal de l’innocence du hirakiste, par ailleurs déjà condamné, en
février dernier, à une amende de 700 000 DA pour ses publications sur Facebook.

Ilyès  Bahlat, hirakiste d’Oran  âgé de 35 ans, avait été  condamné, quant à lui, le 19 avril dernier à une année de prison ferme avec mandat de dépôt, à l’issue  d’un procès en comparution immédiate qui s’est tenu au tribunal correctionnel de Aïn Turk, à l’insu de ses proches et de son avocate, Me Fadhila Mghaïzro. L’homme était poursuivi pour le chef d’accusation d’exposition au regard du public de documents de nature à nuire à l’intérêt national (art. 96 du code pénal), en l’occurrence pour avoir partagé sur sa page Facebook “Oran avant tout”, un enregistrement vidéo portant sur les passagers d’un navire en provenance de Marseille mis en confinement au complexe des Andalouses en mars dernier.

Ces jeunes hirakistes ont toujours été des citoyens pacifiques exemplaires et des patriotes sincères. Leur emprisonnement est une véritable injustice et une hogra caractérisée. Leur remise en liberté est un soulagement. C’est une action qu’il faut saluer et applaudir même si elle demeure insuffisante car des dizaines d’autres détenus d’opinion croupissent dans les cellules infectes des prisons algériennes. Leur nombre est indéterminé encore en raison de la répression féroce qui s’est abattu sur les activistes du Hirak depuis le début du confinement sanitaire à la fin du mois de mars dernier. Il faudra que Tebboune adopte plusieurs autres grâces présidentielles pour vider nos prisons de ces patriotes victimes de l’arbitraire. Sans cette condition sine qua non, l’Algérie ne pourra jamais retrouver une quelconque stabilité politique et institutionnelle.  C’est un combat auquel Algérie Part a adhéré dés le départ au nom de l’humanisme qui fait la force et la noblesse du journalisme.

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