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dimanche, juin 16, 2024

Les autorités algériennes ont menti au FMI en niant les effets négatifs de leur politique sur le portefeuille et la sécurité alimentaire des Algériens

Les autorités algériennes ont volontairement menti dans leurs échanges et réponses adressées aux services du Fonds Monétaire International (FMI), la prestigieuse institution financière internationale, concernant l’impact de leur politique économique sur l’inflation, le pouvoir d’achat et la pénurie des produits alimentaires de large consommation.

Fin 2021, le Fonds monétaire international (FMI) a publié un document déplorant de nombreuses déficiences et défaillances au niveau de la politique économique menée par l’Etat algérien pour améliorer les évolutions des indicateurs économiques et financiers du pauys.

Ce document a été joint au dernier rapport des services du FMI qui a été transmis pour examen par le conseil d’administration du FMI le 19 novembre 2021. Il s’agit d’un rapport qui a été établi à la suite d’entretiens avec les autorités algériennes sur l’évolution de la situation et des politiques économiques, et qui ont pris fin le 3 octobre 2021. Et il nous apprend que les experts du FMI pointent de nombreuses incohérences et insuffisances concernant les mesures prises par les autorités algériennes pour garantir le développement du pays à la lumière des conséquences désastreuses de la pandémie de la COVID-19 depuis 2020.

Dans ce document, de nombreuses critiques ont été formulées par les services et experts du FMI concernant les dispositifs de refinancement des entreprises étatiques algériennes déficitaires, la gestion de la crise de liquidités bancaires, la réduction drastique des importations, la gestion du taux de change et la dévaluation de la monnaie nationale, etc. Face à ces critiques acerbes, les autorités algériennes ont communiqué des éléments de réponses qui nient tout bonnement la réalité socio-économique vécue tristement par la population algérienne.

Ainsi, dans le document du FMI, la réponse des autorités algériennes aux observations de l’institution financière internationale basée à Washington a qualifié de « pessimistes les projections de référence des services du FMI » concernant le futur niveau de croissance de l’économie algérienne. Les autorités algériennes « ont considéré que la reprise de la croissance et les économies réalisées grâce aux réformes budgétaires réduiront considérablement les besoins de financement du budget à moyen terme », révèle le document du FMI qui reproduit intégralement la réponse du gouvernement algérien à ses observations.

« Elles ont en outre estimé que l’évaluation par les services du FMI des risques que présente le plan spécial de refinancement est exagérée compte tenu de la taille limitée du PSR. Elles ne prévoient aucune nécessité de renouveler ce plan », ont assuré les autorités algériennes d’après lesquelles elles vont se contenter uniquement d’apporter depuis juillet 2021 pas moins de 15 milliards de dollars USD pour renflouer les caisses des entreprises étatiques déficitaires et endettées jusqu’au cou.

« Elles ont indiqué que les mesures de régulation ont contribué à réduire sensiblement la facture des importations, notamment en prévenant la surfacturation et la fraude, sans avoir d’effets négatifs sur l’offre et les prix », se targue encore le gouvernement algérien qui a démenti ainsi l’existence de fléau des pénuries alimentaires.

Un pur mensonge au regard de la réalité amère que subissent les algériennes et algériens depuis le début de l’année 2021 : pénurie des produits laitiers, pénurie chronique des huiles végétales alimentaires, perturbations dans la distribution du sucre, rupture de stocks concernant plusieurs légumes, fruits et autres produits alimentaires de première nécessité, les problèmes sont, malheureusement, légion et s’expliquent, essentiellement, par la suppression drastique des importations sans les compenser par des efforts concrets d’augmentation de la production nationale comme il a été expliqué à plusieurs reprises par Algérie Part dans ses diverses enquêtes et décryptages.  

Le prix de plusieurs autres produits ont fortement augmenté. Des conséquences qui provoquent le désarroi de la population. Au moment de la parution du rapport du FMI sur l’Algérie, en proie aux pénuries, le pays a vu le prix du kilo de patates presque tripler. Une inflation qui attise la colère des ménages et laisse entrevoir l’inefficacité du gouvernement.

Au mois de novembre 2021, les pénuries ont été à l’origine d’une flambée de prix incontrôlable qui, avec la hausse généralisée de ceux des produits de consommation, ont  attisé la colère des ménages modestes et fait craindre des émeutes.

Pour parer à cette crise, qui avait germé pendant le premier confinement en 2020, le gouvernement a pris des mesures drastiques (saisies à tour de bras, durcissement des peines contre la spéculation allant jusqu’à la perpétuité, importations d’urgence, redistribution sous haute sécurité, etc.), mais en vain. Le prix d’un kilo de pomme de terre, d’ordinaire vendu à 50-60 dinars, n’a cessé de grimper pour se stabiliser autour de 130 dinars (0,82 euro). Sachant que le SMIG mensuel en Algérie est à 20.000 dinars (127 euros).

Cet exemple de la pomme de terre démontre à lui seul les mensonges éhontés du régime algérien qui a nié tout impact de sa politique sur la stabilité des prix et la disponibilité des produits. Pour embellir leurs bilans, les autorités algériennes sont disposées de verser dans le délire le plus irrationnel.

Rappelons enfin qu’en vertu de l’article IV de ses Statuts, le Fonds Monétaire International (FMI) tient des discussions bilatérales avec ses membres, généralement chaque année. Une équipe d’employés visite alors le pays en question, recueille des informations économiques et financières et discute avec les responsables de l’évolution et des politiques économiques de ce pays. De retour au siège, le personnel prépare un rapport, qui constitue la base de discussion du Conseil d’administration.

A l’issue de la discussion, le Directeur Général, en sa qualité de Président du Conseil, résume les vues des Directeurs Exécutifs et cette synthèse est transmise aux autorités du pays. Les résumés constituent un élément essentiel de la prise de décision au FMI. Ils sont utiles pour consigner les vues consensuelles, tout en tenant compte simultanément de toute nuance importante – peut-être même d’un désaccord de quelque administrateurs – qu’il serait difficile de faire apparaître dans une décision formelle du Conseil d’administration.

Une mission du Fonds monétaire international, dirigée par Geneviève Verdier, s’est entretenue par visioconférence avec les autorités algériennes du 13 septembre au 3 octobre 2021 dans le cadre des consultations de 2021 au titre de l’Article IV.

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5 تعليقات

  1. Bullshit et Algérie bashing
    Troisième économie de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et locomotive du Maghreb, l’Algérie fait partie des quelques pays qui sont parvenus à faire reculer la pauvreté de 20 % en 20 ans. Le gouvernement algérien a en effet pris des mesures significatives pour améliorer le bien-être de ses ressortissants.

    https://www.banquemondiale.org › country › algeria
    Troisième économie de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et locomotive du Maghreb, l’Algérie fait partie des quelques pays qui sont parvenus …15/12/2021