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mercredi, juin 19, 2024

Les autorités algériennes célèbrent les Droits de l’Homme après avoir arrêté plus de 7000 citoyens pour leurs opinions et positions politiques en 2021

Quel culot ! Ce mardi 21 décembre, les autorités algériennes ont organisation une cérémonie solennelle à  l’Hôtel El Aurassi (Alger), à l’occasion de la célébration du 73e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Cette cérémonie a été organisée par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), en collaboration avec le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies en Algérie. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Abderrachid Tabi a fait à cette occasion tout un discours dans lequel il a dessiné une réalité fantasmagorique qui n’a aucune existence dans le quotidien des Algériens. 

Et pour cause, l’Etat algérien célèbre prétendument les Droits de l’Homme alors qu’il est lui-même le premier violeur de ces droits fondamentaux qui font la dignité d’un Etre humain. En effet, tout au long de l’année 2021, les autorités algériennes ont permis aux services de sécurité d’interpeller et d’arrêter plus de 7000 algériennes et algériens en raison de leurs opinions politiques ou militantisme pacifique. Ces citoyennes et citoyens n’exprimaient qu’une position politique critique à l’égard du pouvoir algérien aux commandes de l’Etat.

La liberté d’expression est l’une des libertés fondamentales et l’un des droits élémentaires des Droits de l’Homme. Mais le régime algérien n’en avait cure et plus de 7000 algériennes et algériens ont été brutalement arrêtés, matraqués, battus ou traînés violemment dans de nombreux commissariats répartis à travers le pays pour avoir brandi un slogan politique, une pancarte hostile aux hauts responsables du pays, ou pour de simples publications sur les réseaux sociaux, a pu confirmer Algérie Part auprès de plusieurs sources judiciaires et sécuritaires concordantes.

Durant cette année 2021, plus de 1000 algériennes et algériens ont été présentés manu militari devant des juges relevant de divers tribunaux pour leur inculpation de divers crimes, le plus classique est celui « d’atteinte à l’Unité Nationale », qui ne s’appuient sur aucun fait concret. Il s’agit de simples positions militantes, des opinions politiques ou des participations à des marches pacifiques. La liberté d’association, de manifester et de s’exprimer, ces piliers des Droits de l’Homme, ont été honteusement violés, souillés et bafoués durant toute l’année 2021 par les autorités algériennes.

Plus de 500 algériennes et algériens ont été incarcérées en raison de leurs opinions politiques par les autorités judiciaires au cours de cette année 2021 et jusqu’à aujourd’hui encore, plus de 310 détenus politiques et d’opinion sont recensés dans les divers établissements pénitentiaires du pays.

Ces réalités amères que nul ne peut nier au plus haut sommet de l’Etat algérien témoignent d’un mépris total des autorités algériennes à l’encontre des Droits de l’Homme.

Et au lieu de se faire discret pour ne pas s’adonner à des spectacles ridicules, ce mardi 21 décembre, le gouvernement algérien ose organiser la célébration…. de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ! Décidément, les dirigeants algériens ont un parfait sens de l’humour.

Dans son discours, le ministre algérien de la Justice a même fait savoir que  les Constitutions algériennes consécutives, partant de la 1ère Constitution de 1963 jusqu’à la Constitution du 1e novembre 2020, avaient adopté l’ensemble des droits et des libertés individuelles et collectives contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et les chartes internationales pertinentes, en tête desquelles le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Le même ministre a fait remarquer que  la nouvelle Constitution « a, non seulement, adopté les droits et libertés contenues dans cette Déclaration, mais a aussi érigé leur exercice en objectif principal et la Justice en garant de ces droits et libertés. Elle a, également, soumis toute restriction de ces droits et libertés au contrôle de la Justice, en y consacrant des dispositions dont les plus importantes concernent les libertés et les droits individuelles en relation directe à la présomption d’innocence et la garantie des conditions d’un procès équitable ». On ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer…

 

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4 تعليقات

  1. Ce pouvoir algérien est grotesque et ridicule .
    Il est tellement hors sol que le ridicule est une notion qui lui est totalement inconnue.Il ose parler des droits de l’Homme, lui, qui a amnistié des criminels de guerres dont des generaux tels que Chengriha ex colonel durant la decennie des massacres d’Etats et terroristes. Chengriha a des crimes de sangs innocents sur la conscience ainsi que l’incendie de forêts kabyles au napalm. Il a aussi par la loi d’amnistie interdit aux familles des 10 000 disparus de ne serait ce que d’évoquer leur cas. Ce qui est unique au monde. L’amnésie forcée ou la haine memorielle est sa marque de fabrique . Plus abject, on meurt.
    On se souvient de Boutef alias Atika humiliant et sommant en public une mère en pleurs sur son fils disparu de s’asseoir et de se taire.  » les disparus ne sont pas dans ma poche »!. Video sur youtube.