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mercredi, juin 12, 2024

Le système des retraites en Algérie : Une véritable bombe à retardement

La santé très fragile du système des retraites en Algérie inquiète de très nombreux experts et économistes nationaux. Mais cette fois-ci, c’est le Fonds Monétaire International (FMI) qui tire la sonnette d’alarme et publie une note de conjoncture où cette prestigieuse institution financière internationale fait part de ses plus profondes préoccupations concernant l’avenir du système de retraite en raison de ses nombreuses incohérences et faiblesses.  

« Le régime de retraite algérien est relativement généreux, tant en matière de critères d’éligibilité que de prestations. Le système repose principalement sur deux régimes à prestations définies : l’un pour les salariés et l’autre pour les travailleurs indépendants, qui sont respectivement administrés respectivement par la Caisse nationale des retraites (CNR) et la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (CASNOS) », explique d’emblée le FMI dans son dernier rapport datant de décembre 2021 concernant les consultations de 2021 au titre de l’article IV avec l’Algérie.

Ce rapport décrypte parfaitement le fonctionnement irrationnel de l’actuel système de retraite en Algérie.  « Le régime offre un taux brut de remplacement élevé pour les travailleurs ayant cotisé le nombre d’années requis, à près de 80 %, contre une moyenne mondiale de 50 %. Si le régime ne bénéficie qu’à 54 % de la population active en raison de la taille de l’économie informelle, environ 80% de la population est éligible à des prestations de retraite du fait de la générosité des critères d’admission pour les personnes à charge et les survivants », détaille ainsi le même rapport qui met largement en exergue le poids très dangereux du déficit menaçant la stabilité de ce système.

« En l’absence de réforme, le déficit déjà élevé du système de retraite se creusera davantage dans l’avenir, ce qui entraînerait des risques pour sa viabilité. La CNR, le plus important des deux régimes, est d’ores et déjà insolvable : seules 45 % des prestations sont financées par des cotisations, ce qui nécessite des subventions, transferts et prêts en provenance du Trésor et de diverses unités extrabudgétaires, dont la principale caisse de sécurité sociale (3,5 % du PIB en 2018) », indique à ce sujet le dernier rapport du FMI concernant l’évolution des indicateurs économiques, sociaux, financiers en Algérie.

D’après les experts du FMI, il n’est pas possible de continuer d’assurer la survie de ce système au regard de la situation économique de plus en plus déplorable dans le pays.

« Le maintien des taux actuels de couverture, d’admissibilité et de remplacement doublerait les dépenses de retraite et porterait le déficit du régime à 8,9 % du PIB d’ici à 2050 », explique le FMI d’après lequel le système de retraite va coûter à l’Algérie plus de 13 milliards de dollars US de financements publics pour pouvoir continuer de verser convenablement les pensions mensuelles aux retraités algériens.

« Les difficultés financières du régime des retraites sont essentiellement de nature structurelle.  Le taux d’accumulation (c’est-à-dire la part de la rémunération annuelle acquise sous forme de pension de retraite pour chaque année d’affiliation), est relativement élevé et n’est pas en phase avec le taux de cotisation et l’espérance de vie au moment du départ à la retraite. Les pensions sont calculées sur base de périodes de référence courtes (5 ans pour la CNR, 10 ans pour la CASNOS), ce qui rend les prestations encore plus généreuses et exacerbe les inégalités en matière de répartition des revenus », analysent à ce propos les experts du FMI qui pointent du doigt de nombreuses déficiences qui empêchent le fonctionnement rationnel de notre régime de retraite. Et à défaut de corriger rapidement ces déficiences, l’Algérie sera contrainte de payer une addition de plus en plus salée afin de préserver les pensions de ces retraités infortunés.

« Aucun mécanisme de financement explicite n’est en place pour répondre aux besoins créés par la souplesse des règles d’éligibilité aux pensions de réversion. Les mécanismes d’indexation des pensions et de revalorisation des salaires sont discrétionnaires, ce qui crée de l’incertitude pour le budget et pour les retraités eux-mêmes », avertit enfin le dernier rapport du FMI datant de décembre 2021.

Pour rappel, le système actuel ne pourra pas verser les pensions aux 3,2 millions de retraités si l’Etat algérien ne vient pas chaque année au secours de la Caisse nationale des retraites (CNR). Celle-ci souffre d’un déficit qui s’aggrave d’une année à une autre. En 2019, ce déficit a atteint 601,11 milliards de dinars, soit l’équivalent de 6 milliards de dollars ! Il atteindra 1.093,4 milliards de dinars à l’horizon 2030, à savoir l’équivalent de 10 milliards de dollars si des réformes structurelles ne sont apportées au système des retraites, ont prévenu de nombreux experts.

Algérie Part avait publié également un décryptage profond sur les déséquilibres du système national des retraites. Nous invitons toutes nos lectrices et tous nos lecteurs à le relire pour bien comprendre les enjeux complexes de ce dossier. 

 

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2 تعليقات

  1. l on a pas parlé d’un organisme , fonds spécial de retraites, spécialement crée pour les cadres de la nation , mis à la retraite quelle que soit la durée de la fonction assurée et qui perçoivent l intégralité de leur dernier salaire à chaque fois revalorisé comme s ils étaient en fonction. Cet organisme bénéficie d une dotation budgétaire opaque jamais publiée attribue des retraites à tous les anciens hauts fonctionnaires nommés par décret présidentiel, les cadres de l ex parti FLN, les ex sénateurs et députés c est dire que dans ce pays il y a plusieurs plusieurs castes , les trés mal logés sont en fait les retraités de la CNR exposés actuellement à des difficultés de survie en raison d une retraite misérable non revue malgré une inflation annuelle de 10 pour cent.