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dimanche, juin 23, 2024

Le Printemps Algérien devient un Hiver triste et lugubre : menaces de mort, incarcérations, arrestations et répression

Le Printemps Algérien de la démocratie et de la liberté qui avait été promis par l’enclenchement du Hirak le 22 février 2019 est en train de se transformer en un hiver triste et lugubre pour les libertés civiles et publiques. Les promesses d’un lendemain démocratique enchanteur ont cédé la place à un cauchemar totalitaire. Le régime algérien sombre de jour en jour dans la répression systématique et les violations inqualifiables des droits civiques. 

Ce mardi 27 avril, des arrestations brutales ont empêché la tenue à Alger-centre de la marche des Etudiants acquis à la cause du Hirak. Des dizaines d’arrestations ont été signalées et constatées au niveau de la Place des Martyrs, au coeur de la capitale Alger. Des étudiants, des militants pacifiques, des journalistes et mêmes de simples curieux ont été interpellés violemment et conduits manu militari vers plusieurs commissariats répartis à travers la wilaya d’Alger : Kouba, Baraki, El-Harrach, Dar El-Beida, Zéralda ou Ain Benian.

Les forces de la Police ont été fortement mobilisées ce mardi 27 avril pour empêcher catégoriquement la tenue de cette marche des étudiants qui drainait à Alger chaque mardi des centaines de manifestants pacifiques brandissant des slogans hostiles au pouvoir en place.

Les journalistes et témoins oculaires ont été empêchés violemment de filmer les arrestations ou l’intervention musclée des forces de l’ordre. Pour la première fois, les autorités algériennes réagissent avec beaucoup de brutalités en décidant « d’en finir » avec les marches du Hirak au lieu de tenter des les ralentir ou des les encadrer à travers des cordons sécuritaires déployés à travers les quartiers névralgiques de la Capitale Alger.

Cette attitude radicale témoigne d’une volonté manifeste de verrouiller l’espace public aux activistes du Hirak. Les interventions musclées de ce mardi 27 avril préfigurent un dispositif répressif inédit lors des prochaines manifestations populaires du Hirak prévues le vendredi prochain 30 avril. Le climat risque d’être très tendu car les marches du vendredi sont beaucoup plus imposantes et puissantes que les actions de protestation organisées par les étudiants chaque mardi. Les foules nombreuses qui vont défiler dans les rues d’Alger et les autres grandes villes du pays ne risquent pas d’accepter aussi facilement le diktat des services de sécurité.

Le régime algérien tente donc un tour de vis brutal et radical pour reprendre le contrôle de la rue à la veille du rendez-vous électoral du 12 juin prochain qui est plus que jamais menacé par l’ampleur importante  de la protestation populaire.

Or, ce tour de vis a donné lieu à des situations très dangereuses pour les droits civiques et les libertés individuelles. La forte pression exercée contre les militants et activistes algériens est en train de susciter des dérapages inquiétants au point de porter atteinte à l’intégrité physique de celles et ceux qui pensent différemment des dirigeants algériens.

Saïd Djabelkhir, l’islamologue et chercheur condamné récemment pour «offense à l’Islam» a fait face récemment à une avalanche de messages haineux et de menaces de mort. « Je reçois des menaces de mort sur ma messagerie privée de Facebook. Je tenais à rendre publique cette affaire afin de mettre tout le monde devant ses responsabilités s’il devait m’arriver quelque chose », a indiqué Saïd Djabelkhir, en précisant qu’il ne se sent plus en sécurité dans son propre pays.

 

«Nous t’attendons en prison pour te régler ton compte», «Nous t’aurons bientôt ennemi de Dieu et suppôt de Satan». Les messages reçus par l’islamologue algérien sont d’une violence inouïe et font réellement froid dans le dos.  «Il y a aussi une vidéo qui circule dans laquelle un individu parle à visage découvert et appelle à mon exécution. Ladite vidéo dure une heure», dénonce Said Djabelkhir qui appelle les autorités à réagir au plus vite pour garantir sa sécurité.

Or, ce climat de violences et de vexations a été, malheureusement, instauré par ces autorités politiques qui diffusent la peur et l’angoisse dans le but de neutraliser les contestations citoyennes. A Oran, la journaliste journaliste Djamila Loukil, l’épouse de Kaddour Chouicha, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), a lancé récemment un véritable cri de détresse en précisant que son époux a reçu de nombreuses menaces de mort et elle dénonce des tentatives d’attenter à la vie de tous les syndicalistes ou militants qui veulent entretenir encore la flamme du Hirak au niveau de la deuxième ville du pays. Toujours à Oran, des informations très inquiétantes nous parviennent du lieu de « détention » du journaliste Said Boudour qui a été placé en garde-à-vue depuis vendredi dernier par les services de sécurité en faisant l’objet d’un infâme chantage. Violenté et tabassé, les policiers veulent le contraindre à abandonner son intention de porter plainte et de porter l’affaire sur la scène publique. Selon des témoins oculaires, Said Boudour avait hier lundi le visage tuméfié et des traces de violences étaient perceptibles sur son cou.

Violences, intimidations, brutalités policières, menaces de mort, incarcérations presque quotidiennes des militants pacifiques, atteintes aux libertés fondamentales notamment la liberté d’expression et la liberté de pensée, bref, l’Algérie de 2021 ne ressemble pas du tout à l’Algérie rêvée par le Hirak de février 2019. C’est une Algérie qui devient une prison à ciel ouvert. Triste sort pour un pays qui a tous les atouts pour permettre à sa population de vivre dans le bonheur et la liberté.

 

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4 تعليقات

  1. Il n’y a pas d’échappatoire, à régime contre-nature qui a imposé de force la suprématie du militaire sur le civil, doit répondre un Hirak pluraliste, nombreux, ayant pour dénominateur commun un Etat de droit. Il ne faut pas se disperser avec des querelles de chapelles stériles. Répondre à leur rapport de force par un rapport de force. Point barre !
    Et le temps presse !

  2. Concernant les menaces de mort, c’est une pratique courante chez les islamistes !
    En France, il y a des musulmans (modérés) et des non musulmans qui sont sous protection policière depuis des années !
    Le gros problème, c’est que bons nombres de musulmans soutiennent ces pratiques au nom de la fameuse Défense de l’islam !
    Les islamistes gagnent des parts de marché !

    C’est vrai que le présent n’est pas rigolo, C’est peut-être plus cool de revivre au moyen Âge (l’âge d’or). L’urine de chameau, la rokia, les dattes d’Arabie saoudite pour lutter contre la magie !

    En Algérie, le problème, c’est que la liberté de conscience n’existe plus depuis la réforme de la Constitution !
    Etre musulman devient un devoir Constitionnel !

  3. Chez nous, une poignée d’oligarques généraux militaristes nous refusent un état de droit digne de ce nom, en France une poignée de généraux lépinistes nous menace d’une intervention avant une guerre civile à cause de quelques illuminés extrémistes qui tue au nom de Dieu. Bon sang de bonsoir, que se passe t’ils dans la tête de ces bêtes sanguinaires ?