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mercredi, juillet 24, 2024

Le Kenya et la Tanzanie donnent une véritable leçon à l’Algérie et le Maroc

A cause de la sempiternelle guerre froide opposant l’Algérie au Maroc, le Maghreb est l’une des régions les moins intégrées économiquement dans le monde. Cela signifie que des milliards de dollars sont perdus chaque année pour tout le Maghreb à cause de ce conflit politique algéro-marocain qui empêche la coopération économique entre tous les pays du Maghreb. Ni commerce régional, ni libre circulation des marchandises ni libre circulation des personnes ni encore moins des synergies communes, les pays du Maghreb sont isolés dans un monde globalisé qui cherche l’union pour faire face aux diverses crises économiques et sécuritaires. 

En Afrique, deux pays voisins viennent de donner une magistrale leçon de coopération stratégique à l’Algérie et au Maroc. Il s’agit du Kenya et de la Tanzanie. Aujourd’hui, en 2020, à la frontière terrestre entre ces deux pays d’Afrique de l’Est, il n’existe plus qu’un point de passage unique. Ce poste de contrôle juxtaposé (PCJ) a été installé à Namanga, une ville de 16 000 habitants située dans le district de Longido en Tanzanie et le Comté de Kajiado au Kenya.

En réduisant le temps de passage frontalier à une demi-heure maximum, le projet appelé « One Stop Border Post » a donné un coup de fouet aux activités commerciales et touristiques entre le Kenya et la Tanzanie. Pour sa réalisation, la Banque africaine de développement a accordé, en 2007, un financement total de 185 millions de dollars américains ainsi répartis : 108 millions à la Tanzanie et 77 millions au Kenya. La Banque a cofinancé le projet avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

« Grâce à la nouvelle frontière, le trafic routier a augmenté, approuve Edward Wilson Lyimo, propriétaire d’un hôtel depuis plus de 20 ans à Namanga, du côté tanzanien de la frontière. Les entreprises sont devenues rentables. Ce poste frontalier nous a été très bénéfique. Nous pouvons maintenant faire du commerce dans les deux pays. »

L’ensemble du développement a stimulé l’économie régionale en facilitant la circulation des personnes et des marchandises à travers la frontière est-africaine grâce à l’amélioration des routes et à la construction d’un PCJ.

« C’était un défi. Maintenant, il faut environ 30 minutes pour traverser la frontière. L’idée maintenant est de reproduire cette initiative sur d’autres frontières, comme celle avec l’Éthiopie, la République démocratique du Congo et la Zambie », avance Kenneth Bagamuhunda, directeur général des douanes et du commerce de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE).

Dans le cadre de la coopération transfrontalière et de la réduction de la pauvreté, l’intervention de la Banque africaine de développement dans ce secteur a pour principal objectif de soutenir l’intégration régionale, le commerce transfrontalier, le tourisme, le développement socio-économique de la zone et la réduction de la pauvreté.

Le projet « One Stop Border Post » continue également de galvaniser la coopération régionale, facilitant le dialogue transfrontalier et la signature de traités entre les pays membres de la CAE. Il soutient les travaux en cours du Comité pour la facilitation des mouvements transfrontaliers créé par la Commission de la CAE en 1998 pour travailler sur les questions de passeport en Afrique de l’Est, les laissez-passer temporaires pour les hommes d’affaires, les laissez-passer intermédiaires et d’autres questions énoncées dans l’Accord tripartite sur le transport routier. Les pays de l’Afrique de l’est ont réussi à mettre en place une véritable intégration régionale qui profite à leurs économies respectives et participe à la réduction de la pauvreté dans cette région du continent africain puisque plusieurs opportunités sont créées grâce à des échanges économiques intensifs qui attirent les investisseurs étrangers et locaux.

Au Maghreb, l’Algérie et le Maroc continuent leurs querelles inutiles et contre-productives pénalisant ainsi tout le développement régional. Quel gâchis.
Article rédigé à partir d’une dépêche de l’African Development Bank Group (AfDB).

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