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dimanche, juin 16, 2024

L’avocat Abderraouf Arslane, le détenu d’opinion sur lequel s’acharne le régime algérien

Prévu pour le 30 novembre dernier, le procès pour “adhésion au mouvement terroriste Rachad”, dans lequel devait comparaître l’avocat Abderraouf Arslane du barreau de Tébessa aux côtés de ses coaccusés Aziz Bekakria, Redouane Hamidi et Azzedine Mansouri, a été reporté pour ce mardi 7 décembre prochain, en raison du mouvement de grève observé par les robes noires, apprend-on de source judiciaire. Abderraouf Arslane est devenu, à son corps défendant, l’un des détenus d’opinion les plus célèbres en Algérie alors qu’il était lui-même depuis le début du Hirak parmi les premiers avocats engagés en faveur de la défense des Droits des activistes pacifiques arrêtés et incarcérés par le régime algérien. 

L’Union nationale des Ordres des avocats (Unoa), les robes noires, notamment de l’est du pays, avaient suspendu leurs activités dans toutes les juridictions, le 27 juin dernier, en soutien à leur confrère du barreau de Tébessa, Abderraouf Arslane, arrêté et écroué depuis le 26 mai dernier. Plusieurs appels ont été lancés pour demander sa remise en liberté sans aucun condition préalable estimant que son incarcération est une honte pour l’Algérie.

Récemment, Amnesty International avait demandé aux  autorités algériennes de libérer immédiatement l’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Abderraouf Arslane et abandonner les accusations fallacieuses liées aux « fausses informations » et au terrorisme portées à son encontre au motif qu’il a défendu des militant·e·s du mouvement du Hirak et exprimé ses opinions en ligne. Amnesty International le 29 novembre dernier,  la veille de l’ouverture de son procès reporté, avait indiqué que l’avocat  Abderraouf Arslane a été arrêté le 26 mai 2021 dans le tribunal de Tébessa, où il défendait trois militants – Aziz Bekakria, Redouane Hamidi et Azeddine Mansouri – arrêtés plus tôt dans la journée.

Après l’audience, le procureur a ordonné le placement en détention d’Abderraouf Arslane dans l’attente des conclusions de l’enquête sur de vagues accusations de liens présumés avec des membres de Rachad, un mouvement politique non enregistré, ainsi que sur sa participation à des débats publics lors des manifestations de 2019-2021 en Algérie, aussi appelées mouvement du Hirak. Ces deux accusations ne constituent pas des infractions dûment reconnues par le droit international.

« Il est atterrant que les autorités algériennes incarcèrent un avocat simplement parce qu’il a fait son travail et a exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Le fait de détenir et de poursuivre Abderraouf Arslane adresse un message inquiétant aux avocats à travers le pays qui osent défendre des militant·e·s ou s’exprimer au sujet des droits humains, notamment dans le contexte de la répression qui s’abat sur la dissidence en Algérie actuellement, a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

« Les autorités algériennes doivent libérer sans délai Abderraouf Arslane qui est maintenu en détention provisoire arbitraire, abandonner toutes les charges infondées portées à son encontre et mettre un terme au harcèlement judiciaire et à l’intimidation visant à réprimer illégalement ses activités légales. »

D’après les minutes de la session d’interrogatoire menée par le parquet, qu’Amnesty International a pu examiner, Abderraouf Arslane a été interrogé au sujet des vidéos en ligne dans lesquelles il évoque le mouvement du Hirak et critique la répression ciblant les militant·e·s. Il a aussi dû répondre à des questions au sujet de sa relation avec son client, Aziz Bekakria, détenu uniquement en raison de son appartenance au mouvement Rachad. En mai 2021, les autorités algériennes ont déclaré arbitrairement « organisations terroristes » Rachad et le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), en raison de leur participation active au Hirak. Abderraouf Arslane affirme qu’il n’est pas membre de Rachad.

Abderraouf Arslane est inculpé d’« adhésion dans une organisation terroriste » au titre de l’article 87 du Code pénal, une infraction passible d’une peine allant jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, et de « propagation de fausses informations » au titre de l’article 196, une infraction passible de trois ans d’emprisonnement et d’une amende.

Lors de son interrogatoire, il a déclaré au procureur qu’il représentait Aziz Bekakria dans le cadre des poursuites intentées contre lui pour avoir participé au mouvement du Hirak.

« Les poursuites engagées contre Abderraouf Arslane portent un coup fatal à l’état de droit et à l’accès à la justice en Algérie. Les autorités doivent veiller à ce que tous les avocats puissent faire leur travail essentiel sans craindre de représailles ni de restrictions arbitraires », avait affirmé enfin à ce propos  Amna Guellali, Amnesty International. Jusqu’à maintenant, les autorités algériennes ont refusé de donner une suite favorable à ces appels insistants et aucune avancée notable n’a été enregistrée dans le dossier de cet avocat transformé par l’arbitraire du pouvoir algérien en un détenu…politique.

 

 

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2 تعليقات

  1. Connaissez-vous les déboires de Mohamed Ziane, bête de Hammouchi. Cet homme,avocat et ancien ministre des droits de l’homme du royaume du Maroc, à été expulsé de son cabinet de bâtonnier et poursuivi, entre autres, ne riez pas, pour outrage à la justice et « adultère « . Son procès est prévu le 9/12.
    Il s’était opposé à Hammouchi en défendant une femme (membre des services de sécurité, elle a dû s’enfuir à l’étranger) qui avait rejeté les avances de Hammouchi, on lui a alors confectionné un faux dossier de toute pièces.

  2. C’est hors sujet ! Vous êtes à l’image de vos médias aux ordres des militaires qui ont sortis un monsenge flagrant à propos d’un aéroport Marocain du nom de « Mohamed 6 » qui est mal classé soi disant, alors qu’il n’existe absolument pas un aéroport portant ce nom. Sacrés chiatas Algériens !