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samedi, juin 22, 2024

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN avait prévu depuis avril 2016 l’impact de la crise de succession d’Abdelaziz Bouteflika sur la stabilité de l’Algérie

Dés avril 2016, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN avait anticipé une instabilité politique importante en Algérie en raison de la crise de succession d’Abdelaziz Bouteflika, a-t-on pu constater en accédant à un document qui avait été rédigée par cette organisation qui s’appelait auparavant l’Assemblée de l’Atlantique Nord. 

Devenue en 1999 l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, elle a été créée en 1955. L’AP-OTAN compte 269 délégués des 30 pays membres de l’OTAN. Participent également à ses travaux, les délégués de 11 pays associés, du Parlement européen, de 4 pays partenaires régionaux et membres associés méditerranéens, ainsi que de 8 observateurs parlementaires et de 2 assemblées interparlementaire. Bien que totalement indépendante de l’OTAN, à laquelle ne la rattache aucun lien juridique ou formel, elle assure les relations entre les parlements nationaux et l’Alliance atlantique. Elle constitue un forum de discussion sur tous les sujets intéressant l’Alliance, qu’il s’agisse de son élargissement, de l’évolution de ses structures de commandement et de ses capacités militaires, de la sécurité collective face aux menaces actuelles, des politiques de défense dans les pays membres, des opérations de l’OTAN dans les Balkans et en Afghanistan, des liens avec la politique européenne de sécurité et de défense, des relations transatlantiques ou encore de celles avec la Russie et l’Ukraine.

Dans le cadre d’un dialogue amical transméditerranéen, la sous-commission sur la
coopération transatlantique en matière de défense et de sécurité (DSCTC) de l’Assemblée
parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) s’était rendue à Alger du 12 au 14 avril 2016″ afin de mener un dialogue avec les responsables politiques algériens ainsi que d’autres acteurs de la région », affirme un document de l’AP-OTAN consulté par Algérie Part.

A l’époque, le président de la DSCTC est un certain Sverre Myrli (Norvège) et il avait conduit cette délégation composée de parlementaires représentant sept pays membres de l’Alliance lors de cette visite de deux jours à Alger. Svrre Myril avait annoncé à Alger qu’il voulait « mieux comprendre le vaste contexte de sécurité en Afrique du nord et en Méditerranée, dont l’Algérie est un acteur fondamental ».

« Conscients du rôle central joué par l’Algérie dans la paix et dans la stabilité de la région, plusieurs membres de la délégation se sont déclarés pleinement en faveur d’un renforcement des relations et de la coopération entre l’Algérie et l’AP-OTAN », explique encore le rapport résumant les enjeux et le déroulement de cette visite qui est en possession d’Algérie Part.

Et si lors de cette visite de deux jours, les débats avaient essentiellement porté sur les questions de terrorisme et la longue expérience de l’Algérie en la matière, il n’en demeure pas moins que les délégués de l’AP-OTAN s’étaient planché particulièrement sur le scénario d’une crise de succession d’Abdelaziz Bouteflika et de son impact sur la stabilité de l’Algérie. Et à la fin de leur visite à Alger, les délégués de l’AP-OTAN ont clairement affirmé dans le rapport interne de cette organisation que l’Algérie va connaître une transition politique imminente.

Aux yeux des représentants de l’AP-OTAN, l’Algérie jouissait d’ores et déjà en avril 2016 d’une « relative stabilité économique et sociale » qui est « favorisée par le président Abdelaziz Bouteflika, qui en est à son quatrième mandat successif au pouvoir depuis 1999 ».

« Vu de l’extérieur, le système de gouvernance algérien est un ensemble complexe de groupes interagissant les uns avec les autres. Le président Bouteflika demeure un personnage populaire à la tête d’un système présidentiel fort – plus fort encore que celui des États-Unis ou même de la France – ce qui lui confère un rôle central majeur dans la gestion des affaires du pays ; le Premier ministre exécute quant à lui la politique du chef de l’État », avait noté ainsi le rapport de l’AP-OTAN dés le retour de sa délégation de la capitale algérienne.

« L’accident ischémique qu’a subi le président Bouteflika en 2013 a soulevé des questions sur la stabilité du statu quo politique. Des interlocuteurs ont évoqué certains remaniements à titre de preuve, à savoir, par exemple, la mise à la retraite forcée du chef du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), le très ancien service central du renseignement, et la scission de cet organisme en trois agences distinctes », dévoile le même rapport qui avait anticipé ainsi depuis avril 2016 les prémices d’une importante et lancinante crise politique.

« La succession politique, imminente, est aujourd’hui au cœur du débat. La classe politique dirigeante, au pouvoir depuis la guerre franco-algérienne, disparaît peu à peu, et avec elle la capacité de tirer une légitimité de la guerre d’indépendance. Aussi la nouvelle classe politique cherche-t-elle une source de légitimité autre, comme le laisse entrevoir une récente campagne en faveur d’élections libres et transparentes », note enfin le rapport de l’AP-OTAN qui avait ainsi préfiguré le bouillonnante contexte politique qui permettra plus tard, à savoir en février 2019, le déclenchement des manifestations du HIRAK à la suite de la controversée campagne pour un 5e mandat successif de Bouteflika faute d’un successeur qui pouvait faire l’objet d’un large consensus au plus haut sommet du pouvoir algérien.

 

 

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