21.9 C
Alger
mercredi, juin 12, 2024

Exclusif. Beldjoud a instrumentalisé la Police pour monter un faux dossier à un homme d’affaires qui détient ses secrets

Cette affaire est un véritable scandale politico-judiciaire. Elle illustre la gravité de l’exploitation et instrumentalisation politique de la Justice algérienne. Le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, l’un des plus puissants ministres du gouvernement, et l’un des dirigeants les plus proches d’Abdelmadjid Tebboune, le chef de l’Etat, a abusé de son pouvoir pour instruire les services spécialisés de la DGSN dans le but de monter « tout un faux dossier » afin de permettre ensuite à la Justice de placer un chef d’entreprise innocent en détention arbitraire. 

C’est le malheureux sort qui a été réservé à l’infortuné homme d’affaires Mohamed Arezki Aberkane, l’un des rares acteurs économiques appréciés pour sa rigueur morale en Algérie. Ce chef d’entreprise a été incarcéré le jeudi 10 février dernier à la prison d’El-Harrach. Ce businessman dirige une entreprise familiale très connue en Algérie notamment en Kabylie. Il s’agit du Groupe SOGEMETAL, Société de Construction de Métal, Aluminium et Accessoires, qui dispose de plusieurs unités de production dont la principale usine est située à Tizi-Ouzou. Ce groupe employant plusieurs centaines d’employés à travers le pays doit sa réussite dans le secteur du BTP au management d’Arezki Aberkane, un chef d’entreprise connu au sein des milieux des affaires algériens pour avoir osé claquer la porte de l’ancien patronat le FCE d’Ali Haddad en 2017-2018. Un geste fort à une époque où peu de personnes pouvaient défier le puissant Ali Haddad y compris l’actuel Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

En démissionnant avec beaucoup de fracas du FCE, Arezki Aberkane a été parmi les pionniers résistants qui ont remis en cause les pratiques malsaines d’Ali Haddad et ses acolytes les mieux appréciés par le clan présidentiel des Bouteflika. Mais entre ce chef d’entreprise et l’actuel ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, il y avait une vieille histoire et de vieux comptes à régler que le plus influent des ministres de Tebboune voulait à tout prix enterrer pour ne pas compromettre sa carrière promise à un avenir radieux sous l’ère de son mentor Tebboune.

Dés son accession au ministère de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a tenté d’amadouer Arezki Aberkane pour « acheter » son silence et s’assurer que ses secrets les plus gênants ne s’ébruiteront pas. Mais le chef d’entreprise refuse toute compromission et dénonce dans plusieurs missives adressées aux acteurs les plus influents du sérail algérien les menaces intempestives d’un Kamel Beldjoud qui veut « blanchir » à tout prix son passé troublant et sulfureux.

Arezki Aberkane inspirait une crainte absolue au ministre algérien de l’intérieur parce que ce chef d’entreprise était lié d’amitié avec le puissant patron de la Gendarmerie Nationale, le Général Yahia Ali Oulhadj, lui aussi considéré comme l’un des membres les plus influents de l’entourage du patron de l’institution militaire algérienne, le Chef d’Etat-Major de l’Armée Nationale et Populaire, Said Chengriha.

C’est grâce aux informations révélées par Arezki Aberkane au Général Yahia Ali Oulhadj que la gendarmerie algérienne a pu ouvrir discrètement une enquête sur Kamel Beldjoud. Cette information avait été, par ailleurs, confirmée le 10 mars 2021. A l’époque, la gendarmerie nationale avait voulu déterrer un vieux dossier qui implique directement Kamel Beldjoud.

Il s’agit du dossier des lots de terrains qui ont été attribués en toute illégalité dans la wilaya de Mostaganem par Abdelwahid Temmar lorsqu’il était Wali de Mostaganem entre juillet 2015 et août 2017. L’ex-Wali est également accusé depuis février 2020 d’avoir concédé des terrains à plusieurs hommes d’affaires et oligarques algériens dont Ali Haddad et les frères Kouninef. Parmi les 39 personnes accusées dans ce dossier, nous retrouvons également des directeurs de l’exécutif de la wilaya de Mostaganem et des fonctionnaires de l’administration locale.

Dans le dossier de Temmar, nous retrouvons un autre personnage qui a joué un rôle troublant, mais qui a été par la suite tiré d’affaire en raison d’une protection inédite dont il avait joui. Il s’agit de… Kamel Beldjoud. Oui, l’actuel ministre de l’Intérieur fut l’un des cadres les plus influents et importants du ministère de l’Habitat depuis les fameuses années Tebboune.

C’est Kamel Beldjoud qui a remplacé Abdelwahid Temmar le 31 mars 2019 à la tête du ministère de l’Habitat. Auparavant, Beldjoud était le chef de cabinet… d’Abdelwahid Temmar. Et il était auparavant le secrétaire général du ministère de l’Habitat et l’un des plus proches collaborateurs d’Abdelmadjid Tebboune de 2016 jusqu’à 2017. Lors de la première chute de Tebboune à la fin de l’été 2017 et de son éjection brutale du premier-ministère, Kamel Beldjoud, son fidèle collaborateur, se retrouve dans le viseur du clan présidentiel de Said Bouteflika qui a voulu « détebbouniser » tout le gouvernement en procédant à la mise à l’écart de tous les fidèles collaborateurs du premier-ministre déchu en août 2017.

Kamel Beldjoud a été inscrit par le successeur de Tebbboune à l’époque, Ahmed Ouyahia, sur la liste des prochaines personnalités qui seront nommés dans une lointaine wilaya à l’intérieur du pays. Une mesure de disgrâce qui aurait pu saboté toute la carrière de Beldjoud. C’est, ensuite, Abdelwahid Temmar qui va intervenir auprès d’Ouyahia pour lui demander la faveur de conserver Beldjoud dans son propre cabinet. Ouyahia acquise et Beldjoud est soulagé. Il restera à Alger au coeur du pouvoir en dirigeant le cabinet de Temmar. Ce dernier va utiliser Beldjoud dans de nombreuses opérations très occultes permettant essentiellement d’octroyer des marchés onéreux à des sociétés étrangères, chinoises ou turques, et à offrir des privilèges à plusieurs membres de la classe dirigeante du régime algérien pour gagner les faveurs des plus puissants.

Or, le personnage principal qui avait convaincu en septembre 2017 l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia de ménager Kamel Beldjoud et de ne pas briser sa carrière en raison de sa proximité avec Abdelmadjid Tebboune, c’est bel et bien… l’homme d’affaires Arezki Aberkane. Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que c’est effectivement Arezki Aberkane qui a convaincu Ahmed Ouyahia de bloquer cette machine infernale de la vengeance enclenchée par les oligarques les plus proches de Said Bouteflika contre Tebboune et ses principaux collaborateurs comme… Kamel Beldjoud.

Comment est-ce possible ? Il s’avère que le meilleur ami d’Ahmed Ouyahia est… le dénommé Arezki Aberkane. Les deux hommes se connaissaient depuis de longues années et ils étaient liés l’un à l’autre grâce à une solide amitié qui va se fissurer à partir de 2018 lorsque Ouyahia dévoile des ambitions présidentielles pour succéder à Abdelaziz Bouteflika en nouant une alliance avec les richissimes oligarques tels que Ali Haddad et les frères Kouninef.

Arezki Aberkane est donc le seul personnage en Algérie qui connaît les sombres secrets de Kamel Beldjoud. Il est l’homme qui a convaincu la Gendarmerie Nationale de relancer les investigations sur le passé scandaleux de Kamel Beldjoud. Et il en paiera le prix cher car dés que le clan Chengriha est secoué au début de la deuxième semaine du mois de janvier 2022 par les fuites ou accusations scandaleuses des enregistrements vidéos de Guermit Bounouira, le Général Yahia Ali Oulhadj perd de son prestige et son influence diminue drastiquement sur l’échiquier politique algérien.

Kamel Beldjoud va profiter de cette conjoncture inespérée pour se venger contre son pourfendeur Mohamed Arezki Aberkane. Il saisit l’opportunité de la faiblesse du général Yahia Ali Oulhadj et exploite les rebondissements d’une terrible guerre de clans minant le sommet du pouvoir algérien, une guerre ciblant particulièrement Said Chengriha, l’homme que beaucoup de dirigeants dans le clan de Tebboune veulent déloger et dégommer, pour porter le coup fatal au patron du groupe privé SOGEMETAL.

La DGSN, dont les services relèvent du ministère de l’Intérieur, passe à l’action et « rafle » le chef d’entreprise pour le placer en garde-à-vue pendant toute une semaine au niveau d’une brigade spécialisée à Alger ! Du jamais-vu dans les annales de la Police algérienne car au final ce que l’on reproche à Arezki Aberkane est une dépense dérisoire de 26 mille euros en France pour des affaires familiales et personnelles. Aucun autre grief sérieux n’a été retenu à son encontre. Il a été maintenu en garde-à-vue jusqu’à ce que Kamel Beldjoud puisse trouver des alliés au sein de la Justice qui acceptent d’égorger « son mouton sacrificiel », à savoir un simple entrepreneur dont le seul crime est d’en savoir un peu trop sur le passé du plus puissant ministre du système Tebbboune.

 

dernières nouvelles
Actualités

8 تعليقات

  1. pfffffffffffft! ca pue le réchauffé! ton histoire est truffée de contrevérités
    puisque toi et les tiens vous avez bénéficies des largesses du système à l’ère des bouteflikons ! alors de grâce ne nous bassines pas avec cette nouvelle cible ! tu fake à mort !
    creuses toi la cervelle de moineau et sors un article qui ne viens du
    makhnez ou de telaviv!

  2. L’impression qu’on a en lisant cet article est, qu’en Algérie, le vrai premier ministre est le chef d’état-major !
    Quand il tombe, tout son entourage tombe avec. Cette situation nous suggère aussi qu’il existerait un autre
    niveau de pouvoir de l’ombre qui fait et défait l’échiquier de la maison, un peu comme le modèle d’une
    organisation occulte. Et les algériens n’ont qu’à bien se tenir, leur unique choix est le cachir, la prison ou l’exil !
    Vos investigations nous laissent sur notre faim M. Semmar, la suite c’est pour demain ?

  3. Tu as tellement mis le doigt dans la confiture au temps du clan Boutef que personne n’accordera le moindre crédit à tes torchons
    Au fait comme le dit Boussad, selon un article récent , Chengriha aurait été écarté à cause ou grâce aux révélations à un minable traitre ancien aide de camps de l’ex chef d’état major, le minable Guernit Bounouira
    Qui peut accordé du crédit à ce traitre condamné à mort par la justice militaire pour haute trahison.
    Je dis traitre, car ce minable s’est enfuit en Turquie avec des dossiers secrets défense et a essayé de les monnayer contre une naturalisation, mais pour de l’argent , car ce minable n’est pas parti les mains vides mais avec la petite somme de 500 mille euros en cash
    Si « on voulait le faire taire, on l’aurait pas mis au chaud mais éliminer et crois moi, les services sont expert en suicide
    Il a été condamné à mort pour haute trahison et il doit être exécuté pour l’exemple