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dimanche, juin 23, 2024

Exclusif. 4 appartements à Dubai, deux appartements en Turquie : Beldjoud soupçonné « d’enrichissement illicite »

Le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, l’un des piliers du clan présidentiel d’Abdelmadjid Tebboune, et l’un de ses plus fidèles collaborateurs durant ces 6 dernières années, est soupçonné « d’enrichissement illicite » et fait l’objet d’une enquête secrète menée par des services de renseignement, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Le nom de Beldjoud est cité dans plusieurs dossiers de passations douteuses de marchés publics dans le secteur de l’Habitat, le secteur où il avait été l’un des dirigeants les plus influents en sa qualité d’ex-secrétaire général du ministère de l’Habitat de 2016 jusqu’à 2019 avant de devenir lui-même ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville du 31 mars au 4 janvier 2020. Ces dossiers n’ont jamais pu attirer les projecteurs des juges et tribunaux algériens pour la simple raison que l’actuel Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, était lui-même le premier responsable du secteur de l’Habitat de 2001 jusqu’à 2002 et  ensuite de 2012 jusqu’à…2017.

Les « dossiers » et « affaires » du secteur de l’Habitat n’ont donc jamais intéressé des juges et magistrats apeurés, craintifs et intimidés par les risques auxquels ils s’exposent si, par aventure, ils osent toucher à ce secteur « sulfureux ». Mais au sein de certains services de renseignement, des instructions ont été communiquées pour ouvrir discrètement ces dossiers et déterminer le rôle de chacun des acteurs clés du secteur de l’Habitat dans certains marchés ou gros contrats dont les conditions de conclusion n’ont jamais été déterminées.

L’ouverture de cette enquête s’explique aussi par les nombreuses informations qui sont parvenues aux services de renseignement algériens concernant la « fortune cachée » de l’actuel ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, à l’étranger. Ce dernier, en dépit de son salaire de fonctionnaire algérien limité et dérisoire quand il est converti en devises,  voyageait plusieurs fois par an à Dubai et en Turquie durant les années 2016 jusqu’à 2018. Plusieurs membres de la petite famille de Kamel Beldjoud séjournaient à plusieurs reprises en Turquie durant la même période. Ces va-et-vient exigent des frais et des dépenses en devises que le salaire de Kamel Beldjoud ne sauraient couvrir ou justifier.

Derrière ces voyages nombreux se cachent en réalité un patrimoine immobilier entretenu par Kamel Beldjoud et ses proches dans le plus grand secret. L’actuel ministre de l’Intérieur a été ainsi dénoncé aux services secrets algériens comme étant propriétaire direct et indirect, à savoir à travers l’usage d’un prête-nom, de pas moins de 4 biens immobiliers à Dubai et deux autres appartements en Turquie. Une enquête a été ainsi rapidement, et secrètement, ouverte pour déterminer l’exactitude de ces informations.

En attendant les conclusions de cette enquête, plusieurs éléments factuels concordants ont démontré la proximité de Kamel Beldjoud avec plusieurs sociétés étrangères ayant remporté des marchés importants dans le secteur de l’Habitat en Algérie durant ces 4 ou 5 dernières années.

Certains de ces marchés ont été même bloqués en 2017-2018 à la suite du limogeage du mentor de Beldjoud, à savoir Abdelmadjid Tebboune qui occupait les fonctions de Premier-ministre durant l’été 2017 avant de chuter brutalement et de disparaître momentanément de la scène politique. A titre d’exemple, les autorités algériennes ont mis en échec le rapprochement du groupe public Cosider, la plus importante entreprise étatique du secteur du bâtiment et travaux publics, avec l’entreprise turque Adopen, la société de production de portes et fenêtres en aluminium et en PVC, l’une des plus importantes et prospères entreprises turques.

Adopen est considérée comme le premier fabricant de fenêtres en PVC de Turquie et elle cumule un demi-siècle de connaissances et d’expérience dans le domaine de la fabrication de fenêtres en Turquie. Cette entreprise turque devait créer une Joint-Venture (JV) avec COSIDER pour vulgariser l’utilisation du PVC dans le bâtiment algérien. Ce rapprochement a été instruit par… Kamel Beldjoud lui-même en sa qualité de secrétaire-général du ministère de l’Habitat. Le PDG de COSIDER, Lakhdar Rekhroukh, était briefé régulièrement par Kamel Beldjoud pour veiller sur le succès de cette opération économique. Adopen avait même envoyé un Jet privé à Alger pour prendre en charge le déplacement du PDG de Cosider en Turquie.

Cette générosité n’est pas fortuite ni gratuite puisque les négociations devaient aboutir à la création d’une JV avec Cosider qui devait ainsi injecter un gros montant en devises afin de financer diverses dépenses liées aux activités de cette nouvelle JV comme la facturation excessive des importations de plusieurs équipements ramenés depuis la Turquie.

Ces tractations et ces pratiques financières occultes qui auraient pu provoquer des transferts illicites de devises ont rapidement  éveillé les soupçons du gouvernement algérien en septembre 2017 et ce projet fut entièrement annulé et bloqué lors d’une réunion officielle du Conseil des Participations de l’État (CPE), l’organe à travers lequel l’État algérien exerce son rôle de propriétaire des actifs confiés aux Sociétés de Gestion des participations.

L’affaire Adopen n’est qu’une affaire parmi tant d’autres dans lesquelles Kamel Beldjoud a joué un rôle controversé. Et les négociations autour de ces marchés ou contrats coïncidaient toujours avec les va-et-vient de Beldjoud en Turquie et Dubai. Simple hasard du calendrier ou… ? Pas si sur. En tout cas, une enquête officielle et sérieuse devrait s’intéresser de près à ces soupçons d’enrichissement illicite. Et le silence apeuré de la Justice algérienne est une forme de complicité qui empêche à coup sûr l’avènement de la vérité.

 

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10 تعليقات

  1. Encore une enquête dite secrète par zmar mais dont il a accès à livre ouvert aux services secrets.

    Ça ne tient donc pas la route cette histoire.

    Vous parlez de 2017, soit bien avant le hirak. En conséquence c’est l’ancien fakhamatouhoum qui est mêlé à cette affaire. Que Beldjouj ait trempé dans cette dernière, ce qui reste à prouver et non pas à supputer, je vois mal un cacique du pouvoir (ancien) accepter un poste, celui dans lequel il est actuellement, dans le nouveau pouvoir qui, nous dit-on sera différent du précédant, sous l’appellation Nouvelle Algérie. Le boss n’aurait jamais accepté de se tirer une balle dans le pied.

    Quant au morpion sans honneur axis7 il doit militer pour que son no-pays ouvre une enquête sur bouffi sex afin d’expliquer pourquoi ce gros lard accapare plus de 70 % de l’économie HMARocaine incluant le trafic de haschich, le blanchiment de l’argent des vols de toutes natures dans par sa propre bank Ettijara. Ce serait déjà un pas pour permettre à ce morveux de axis7 de discuter des affaires de l’Algérie.

  2. C’est donc une malversation « éventuelle » qui fait l’objet d’une enquête « secrète » menée par des « services de renseignement »… Bizarre on se croirait dans un film policier ou d’espionnage !

    A croire qu’il n’y a pas de justice pénale digne de ce nom dans notre pays en capacité de poursuivre, juger et sanctionner les personnes qui commettent des infractions afin de protéger ainsi les intérêts de la société algérienne. Et des victimes que nous sommes en tant que citoyen.

    Qu’y a-t-il derrière cette expression « services de renseignement »? L’article ne le précise malheureusement pas. Et pourtant nous devrions nous souvenir, il y a quelques temps, un premier ministre de la République Algérienne Démocratique et Populaire, Ahmed Ouyahia, a affirmé avoir reçus d’émirs du Golfe des lingots d’or qu’il a vendus au marché noir au prix mirobolant de 350 millions de dinars. Ce n’est donc pas la première fois que Dubaï et les EAU font référence aux problèmes de corruption qui pourrissent notre pays. D’autres personnages de renommée nationale comme le militaire Gaïd Salah, aux accointances régulières avec nos grands amis russes qui nous vendent de l’armement se rendait souvent aux EAU, lui aussi. Il devait apprécier le climat chaud et humide de la région.

    Cette enquête sur des malversations « éventuelles » si elle débouche sur une inculpation suivie d’une condamnation s’appuyant sur des « preuves irréfutables » va enrichir la longue liste des « victimes » de règlements de compte qui jalonnent l’obscure gouvernance qui régente la vie politique de ces dernières années.

    Faisons en le bilan : deux anciens premier-ministres, sept ex-ministres dont un ancien ministre de la justice, deux généraux, dont l’un général de la Gendarmerie, révélait que tout le monde mettait la main dans le pot de confiture, deux secrétaires généraux du FLN, un chef de la police nationale, de nombreux hommes d’affaires influents, le frère d’un président en exercice qui menaçait de tout révéler lors d’un procès, ont été condamnés. Sans parler de tout ceux qui sont en fuite.

    Nous avons donc une belle brochette de corrompus qui ne sont qu’une petite partie émergée de la corruption dans notre pays comme me le faisait remarquer mon ami Ahmed Yaya, ancien magistrat.

    Tous les pays subissent la covid 19. A croire que la corruption est aussi un virus. En tous les cas vivement qu’on trouve le vaccin…pardon je veux dire qu’on ait une vraie justice libre et indépendante du pouvoir politique pour la combattre efficacement dans notre pays.

    Bon, si on veut « bassiner » les makokos pour se faire plaisir et comme on dit « c’est bon pour le moral », on continue. Mais le virus de la corruption et c’est bien connu, se fiche pas mal des frontières! Et il est d’autant plus très actif dans des pays jeunes, gouvernés par des rois, des dictateurs, des présidents fantoches qui se servent d’une démocratie de façade pour agir et gruger leur peuple. Ce satané virus a été, et semble être toujours actif chez nous avec son corollaire le blanchiment de sommes énormes d’argent au préjudice de nos écoles, hôpitaux, de notre bien vivre et de notre moral.

  3. Hirak abattu, le peuple muselé, cachiristes lâchés pour défendre le système, en se défoulant sur le Maroc pour entretenir la flamme d’un « patriotisme » de pacotille. Dites-nous chers cachiristes, qu’a fait l’Algérie nouvelle depuis son arrivée pour récupérer les sous dérobés, malgré l’élan qu’elle n’a pas cessé de prendre !!!
    Evidemment, la solution de facilité c’est de répondre par l’insulte, comme de coutume !