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samedi, juin 15, 2024

Des centaines de pompiers réprimés dans les rues d’Alger : la crise sociale s’aggrave en Algérie

Ce dimanche matin, les rues d’Alger ont été secouées par une manifestation surprenante organisée par plusieurs centaines, voire des milliers, de pompiers et d’agents de la Protection Civile. En grève et en colère, les pompiers algériens ont organisé une immense marche dans les rues d’Alger-centre pour rallier le siège de la Présidence de la République et porter leurs revendications jusqu’aux autorités suprêmes du pays. 

Malheureusement, cette marche pacifique des pompiers a été durement réprimée par les services de sécurité. Du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc ont été tirées contre les manifestants pour les disperser violemment et les empêcher ainsi d’accéder jusqu’au Palais présidentiel d’El-Mouradia. Plusieurs agents de la Protection Civile ont été blessés. Mais cette répression n’a pas découragé pour autant les manifestants qui ont décidé de marcher ensuite jusqu’au siège de la Direction générale de la Protection Civile situé à Hydra.

Encadré par un dispositif policier impressionnant, des centaines de pompiers ont pu rallier ainsi à pieds et en choeur Hydra pour se rassembler devant le siège de la Direction Générale de la Protection Civile et crier ainsi leur colère. Molestés, réprimés, menacés par les services de sécurité, les pompiers ont refusé pour autant de quitter les rues et ont poursuivi leur grande marche qui a suscité l’étonnement au sein de la population d’Alger.

Il est à rappeler que les agents de la Protection Civile ont entamé une grève depuis le 18 avril dernier où ils avaient organisé un premier sit-in devant les sièges de leurs directions respectives, à travers plusieurs wilayas de pays. Les pompiers algériens grévistes revendiquent “le relèvement de salaire de base de 15 660 à 24 000 da” et de “le valeur de point indiciaire de 45 à 90 da” avec “l’annulation de l’impôt sur le revenu” et “l’augmentation de le prime de rendement à 40%”. Ils réclament aussi un statut particulier, le révision de leurs catégories de classement (échelons), ainsi que les indemnités financières pour les 80 heures travaillées par semaine. Par ailleurs, les pompiers algériens demandent le versement immédiat de la prime COVID-19 alors que de nombreux de leurs collègues ont été contaminés et victimes des formes les plus graves de la COVID-19. « Nous avons été les premiers mobilisés sur le front sanitaire et beaucoup de nos camarades sont tombés gravement malades à la suite de leur exposition à l’épidémie. Et au final, nous sommes les seuls qui n’ont pas bénéficié d’une prime de COVID-19. C’est une profonde injustice et nous n’allons plus jamais nous taire. Nous voulons obtenir nos droits les plus légitimes », se sont écriés les pompiers contestataires devant le siège de la Direction Générale de La Protection Civile.

Cette impressionnante marche des pompiers dans les rues d’Alger illustre l’ampleur que prend en ce moment la crise sociale en Algérie. Les grèves et les mouvements de protestation se multiplient dans plusieurs secteurs professionnels et de nombreuses institutions stratégiques de l’Etat comme les Douanes, les inspecteurs et contrôleurs des directions de Commerce, Algérie Poste, etc. Martyrisés par la cherté de la vie, l’effondrement du pouvoir d’achat et la profonde détérioration de leurs conditions de vie, les travailleurs algériens montent au créneau pour crier leur détresse.

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