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dimanche, juin 16, 2024

Décryptage. Pourquoi les transports publics peinent encore à répondre aux besoins des Algériens

Face à la forte croissance démographique toujours intense du pays et la densité urbaine de plus en plus importante au niveau de nombreuses villes réparties sur l’ensemble du territoire national, les transports publics ou les transports en commun accusent un important retard concernant leur force de déploiement et surtout leur capacité à répondre convenablement aux besoins vitaux de la population algérienne. Les chiffres recueillis au cours de cette enquête confirment des déficiences majeures et des insuffisances criantes en matière de transports publics. 

Prenons, d’abord, l’exemple du transport routier. Jusqu’au premier semestre de 2022, le parc national du transport routier urbain de personnes s’est élevé à près de 18.000 véhicules détenus par près de 13.500 transporteurs et offrant une capacité de près de 880.000 places. A ce parc, il faut ajouter 116 543 exploitants d’un service de taxi.

Afin d’améliorer la mission du service public, les autorités algériennes se sont dotées de 47 Établissements de Transport urbain et suburbain (ETUS) qui ont été créés à raison d’un ETUS pour chaque wilaya et ont bénéficié, à l’instar de l’ETUS Alger, d’un nouveau parc véhicules. Cette action a permis officiellement l’acquisition de 1 397 bus avec un effectif de plus de 10 000 employés et une capacité de 139.700 places offertes. Or, ces efforts financés par de l’argent public ne sont pas encore suffisants pour répondre aux besoins quotidiens de mobilité d’une population de plus en plus urbanisée et en croissance permanente notamment au niveau des villes de taille moyenne de l’intérieur du pays.

Les transports en commun sont devenus un enjeu majeur en Algérie notamment depuis le verrouillage des importations des véhicules neufs. L’acquisition d’une voiture individuelle est devenue un luxe inaccessible pour les bourses les plus modestes. L’inflation des prix des voitures d’occasion et la chute brutale du pouvoir d’achat des consommateurs algériens ont provoqué un véritable rush des algériens sur les transports publics. Cette forte demande nationale a incité l’Etat algérien à multiplier les investissements dans les infrastructures de transports publics comme c’est le cas avec les gares routières.

Des nouvelles gares routières sont prévues à  Skikda, Djanet,  Aoulef dans la wilaya d’Adrar ou  Guelma ainsi que Maghnia. Malheureusement, la plupart de ces projets publics accusent des retards et les populations locales attendent avec impatience la livraison de ces nouvelles gares routières.

Pour remédier à ces retards, les autorités algériennes ambitionnent de développer  d’autres modes de transports en commun à l’image des tramways. A ce jour, six lignes de tramways sont en cours d’exploitation au niveau des villes suivantes : Alger, Constantine, Oran, Sidi Bel Abbes, Ouargla et Sétif. Le réseau global des tramways en exploitation s’élève à 95,2 km avec 120 stations et le nombre total des voyageurs transportés depuis 2011 est de l’ordre de 306 millions d’usagers. L’exploitation de ce mode de transport est effectuée à la société de droit algérien SETRAM (J.V entre EMA et RATP-Dev, sous la règle 51/49%). Or, 6 tramways dans un pays de… 45 millions d’habitants, c’est malheureusement insuffisant pour réduire la dépendance des algériens vis-à-vis du transport routier fortement polluant et budgétivore puisqu’il nécessité une consommation de plus en plus élevée de carburants.

Conscients de cette réalité amère, les dirigeants algériens ont débloqué des financements pour développer l’extension du tramway de Constantine avec la mise en service d’une deuxième tranche et le déploiement d’un Tramway à Mostaganem sur un linéaire de 14,5 km avec 24 stations. Ce projet est toujours en phase de finalisation des travaux de génie civil et installation du système. Il est prévu qu’il soit mis en service au cours de cette année 2022.

L’Algérie a besoin de nouveaux investissements dans plusieurs autres modes de transport comme le ferroviaire ou le téléphérique pour assurer une couverture digne de ce nom des besoins de mobilité de sa population. Plusieurs experts reconnaissent que le principal problème de ce secteur en Algérie demeure la forte dépendance vis-à-vis du transport routier. Avec des villes mal-agencées, un urbanisme anarchique et des routes mal-entretenues, le transport routier est loi de pouvoir satisfaire les attentes des algériennes et algériens.

Au niveau de la Capitale Alger, par exemple, les besoins sont de plus en plus énormes à cause de l’agrandissement permanent des agglomérations fortement peuplées et la circulation automobile est ralentie en permanence et les embouteillages quotidiens. Alger souffre d’un envahissement quotidien de son centre par des voitures bien trop nombreuses pour les capacités de la voirie. Cette situation s’explique par forte dépendance vis-à-vis de la voiture qui reste en effet le transport privilégié des Algérois.

Malgré une urbanisation galopante, la question des transports urbains n’a quasiment pas fait l’objet d’une stratégie clairvoyante de la part du pouvoir algérien. En 2018, le président directeur général (PDG) du bureau d’études transports en Algérie relevant du ministère des Travaux publics et des transports, Azeddine Bekdouche, avait reconnu la nécessité d’orienter l’investissement dans le domaine du transport urbain vers des projets de « bus de haute qualité de services » pour améliorer la mobilité urbaine des citoyens. L’orientation de l’investissement vers ce type de projets constitue un « moyen très efficace permettant le développement du secteur du transport urbain des voyageurs », avait indiqué le même responsable. 4 ans après cet aveu, très peu de nouvelles initiatives ont été adoptées pour concrétiser de nouveaux projets favorables à la modernisation des transports en commun en Algérie. Nous reviendrons sur ce dossier dans nos prochaines publications.

 

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5 تعليقات

  1. Dans les pays capitalistes le principe de régulation économique se fait par la loi de l’offre et de la demande.
    Dans les pays communistes on tire des plans sur la comète par la planification, avec toujours un wagon de retard.
    En Algérie, on ne fait ni l’un, ni l’autre. Les prédateurs se font les griffes dans la jungle.
    Dans la mer, « Hout yakoul Hout » !
    Il n’y a que dans les campagnes que les vaches sont bien gardées !

  2. Longue vie à Bouteflika et son frére de combat Boumedienne , les pères du pays depuis sa création en 1962, qui ont instauré les solides bases de l’Algérie , en éliminant les traitres ( comme Chaabani Boudiaf et autres) et en donnant le plein pouvoir aux glorieux militaires patriotes (comme Belkhir et Nezzar) , et longue vie aussi aux 6 millions 532 302 des chouhadas.
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères de L’ALGERIE .

  3. Pour toi à ya s..nif, histoire de changer de disc.
    Tu pourrais aussi dire longue vie à
    Mohammed VI , qui a enfanté taltouse 6 qui affame chaque jour qui passe 30 millions de marocains pendant qu’il passe son temps dans ses palais rutilant à se faire des massages intégral par des grands Black bien montés . Non ? Tu serais plus crédible

  4. Balou@ : Longue vie à Bouteflika et son ami de combat Boumedienne (Boulmoukhrouba) , les pères du pays continent , qui ont instauré les solides bases de l’Algérie, créé par la maudite France colonialiste en 1962 .
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères fondateur de L’ALGERIE nouvelle .