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vendredi, juin 21, 2024

Chômage, pauvreté et échec scolaire : les mille et une souffrances de la jeunesse algérienne

Les jeunes algériens souffrent d’une précarité de plus en plus grandissante et effrayante. L’édition 2021 de l’étude N-MODA Algérie consacrée par l’UNCEF, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, à la jeunesse algérienne a planché sur la qualité de l’instruction des jeunes algériens, leur participation à la vie économique et les problèmes sanitaires auxquels ils sont confrontés. Cette révèle ainsi des données alarmantes et préoccupantes sur le mal-être profond qui ronge la jeunesse algérienne. 

Pour preuve, les jeunes algériens souffrent d’une mauvaise qualité de l’instruction dans leur pays.  L’étude de l’UNICEF nous apprend à ce sujet que pas moins de 7% des jeunes algériens n’ont pas complété le cycle primaire, tandis que 48% d’entre eux n’ont pas terminé le cycle obligatoire, à savoir les neuf années d’études. Ce taux a été jugé « alarmant  » par le bureau de l’Unicef en Algérie. Ce taux excessivement inquiétant reflète l’ampleur de la déperdition scolaire dans notre pays qui « jette » les jeunes algériens dans les bras de la délinquance, la harga et les autres fléaux aggravant ainsi la désintégration sociale de cette frange de notre société.

Le chômage et la pauvreté sont l’autre menace qui porte un énorme préjudice à l’intégrité morale et la dignité des jeunes algériens. Dans son étude dédiée à l’Algérie, l’UNICEF indique que les jeunes adultes en Algérie sont beaucoup plus touchés par le chômage puisque plus de 26% des jeunes algérien sont au chômage et 27 % d’entre eux souffrent de  l’exclusion économique, à savoir des jeunes souffrant d’une mise à l’écart du système ou des services causée par des difficultés financières.

L’UNICEF note, par ailleurs, que la précarité touche davantage les femmes en Algérie que les hommes. « La présence des femmes sur le marché du travail en Algérie est parmi les plus faibles dans le monde », précise la même source qui s’appuie sur un chiffre totalement effrayant : « 35% des jeunes femmes ne sont pas scolarisées, n’exercent aucun emploi et ne suivent aucune formation ». Il faut savoir que le taux d’activité, à savoir le nombre d’actifs ou personnes en emploi et chômeurs,  chez les femmes algériennes est estimé à 8,9 %. C’est l’un des taux les plus faibles du monde. D’autre part, « 35% des jeunes femmes ne sont pas scolarisées, n’exercent aucun emploi et ne suivent aucune formation », regrette encore l’UNICEF selon laquelle ces données illustrent un énorme malaise social et économique dans notre pays.

« La présence des femmes sur le marché du travail en Algérie est parmi les plus faibles dans le monde « , déplore à juste titre l’UNICEF. Cette dernière publie également d’autres chiffres qui dévoilent la pauvreté et la fragilité touchant de plein les jeunes algériens. « La précarité de l’emploi touche surtout les jeunes : non affiliés à la sécurité sociale (88%) et en sous-emploi (30% pour les 15-19 ans et 24% pour les 20-24 ans) », souligne à ce sujet le rapport de l’UNICEF.

L’UNICEF a critiqué avec véhémence la politique menée par le gouvernement algérien contre le chômage et la pauvreté des jeunes algériens.  « Plusieurs politiques et programmes ont été mis en place pour réduire le taux de chômage élevé chez les jeunes en Algérie. Malgré ces efforts, ce taux s’est maintenu à un niveau élevé », déplore enfin l’UNICEF qui souligne dans ce sillage les insuffisances et incohérences de la stratégie de l’Etat algérien en matière de lutte contre la pauvreté et la précarité des jeunes.

Selon l’UNICEF,  » cette stratégie ne fixe pas d’objectifs chiffrés pour la réduction du chômage notamment ceux des jeunes ni sur le taux d’activité notamment celui des femmes, elle ne contient pas d’indicateurs pour le suivi de sa mise en œuvre, la dimension territoriale n’est pas prise en compte et l’absence totale de statistiques sur l’emploi désagrégé par territoire ».

Il est à noter en dernier lieu que l’analyse du chevauchement des privations multiples (MODA) est une méthodologie mise au point par l’UNICEF qui propose une approche globale des aspects multidimensionnels de la pauvreté et des privations des enfants dans leur passage vers l’âge adulte. L’approche MODA s’appuie sur des études antérieures sur la pauvreté multidimensionnelle et englobe un vaste ensemble d’outils, allant de l’incidence des privations unidimensionnelles via l’analyse des chevauchements multiples aux taux de privation multidimensionnelle et à leur décomposition. La méthodologie MODA place l’enfant au cœur de l’analyse et se concentre sur les aspects liés au bien-être qui sont pertinents pour les enfants à certains stades de leur vie.

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