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mercredi, juin 12, 2024

Au moins 500 comptes bancaires cachaient depuis les années 70 des fonds algériens en Suisse

Au moins 500 comptes bancaires suisses étaient alimentés par des fonds suspects déposés par des personnalités politiques et militaires algériennes, révèle ainsi la vaste enquête internationale « Suisse Secrets », une enquête collaborative basée sur la fuite d’informations issues de plus de 18 000 comptes bancaires administrés par Credit Suisse depuis les années 1940 jusqu’à la fin des années 2010. 

Dans son édition du mercredi 23 février, le quotidien français Le Monde, l’un des acteurs les plus importants de cette vaste enquête internationale, a révélé l’existence d’au moins 500 comptes bancaires appartenant à des personnalités morales ou physiques algériennes. Ces comptes bancaires étaient alimentés depuis au moins les années 70 et l’argent qui y était caché appartenant à de nombreux dirigeants militaires ou civils ainsi qu’à leurs familles respectives alors que la loi algérienne interdit catégoriquement à tout résident algérien de déposer son argent à l’étranger pour son propre compte.

« A partir des années 1970, Credit Suisse, un groupe bancaire dont le siège est à Zurich, a accueilli une partie des élites algériennes, qui ont ouvert des comptes nominatifs. D’abord en leur nom puis au nom de leurs proches : un patrimoine qui se lègue de père en fils et en fille », nous apprend à ce sujet Le Monde. La même source a souligné que l’enquête « Suisse Secrets » fait apparaître effectivement quelque cinq cents comptes appartenant ou ayant appartenu à des personnes morales ou physiques qui ont déclaré être domiciliées en Algérie.

« On y retrouve notamment l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, mort en 2021 après avoir régné à la tête de l’Etat algérien de 1999 à 2019. L’enquête « Suisse Secrets » révèle qu’il fut lui-même titulaire d’un compte dans la banque zurichoise, entre 1999 et 2011, crédité à hauteur de 1 million d’euros. Un patrimoine jamais déclaré, malgré les obligations qui s’imposaient à celui qui fut résident suisse durant son exil des années 1980, au cours duquel il s’est livré à des activités de conseil aux Emirats arabes unis », certifie le quotidien français.

Le général Khaled Nezzar est l’autre personnalité algérienne qui a dissimulé son argent dans des comptes bancaires ouverts au Crédit Suisse, comme ll a été expliqué récemment dans une publication d’Algérie Part. 

L’enquête « Suisse Secrets » a révélé ainsi qu’il détenait un compte bancaire chez Credit Suisse, actif de février 2004 à mai 2013.

« En février 2004, Credit Suisse avait ouvert le premier de ses deux comptes, marquant le début d’une relation de près de dix ans au cours de laquelle Nezzar a déposé au moins 2,1 millions de francs suisses (soit 1,4 million d’euros en 2005) », indique le même quotidien français qui n’omet pas de s’interroger sur les origines de ses fonds en devises pour « un général de haut rang » qui touchait l’équivalent de 3 000 euros par mois aujourd’hui « et c’était beaucoup moins à l’époque où M. Nezzar officiait », a rappelé Le Monde.

Il est à signaler que les avocats de Khaled Nezzar ont répondu aux interrogations du quotidien Le Monde en estimant que « les sources des fonds de [leur] client proviennent exclusivement d’activités légitimes et légales et donc, par définition, non liées à une quelconque suspicion de crime, que notre client nie fermement avoir commis ». Une réponse qui peine à convaincre de nombreux commentateurs qui suivent de près ce scandale du « Suisse Secrets ».

Soulignons enfin que plusieurs autres personnalités militaires ou civiles ont apparu dans les fichiers révélés par ce méga-scandale mondial. Algérie Part reviendra sur les cas de ces personnalités dans une prochaine publication.

Notons en dernier lieu que ce méga-scandale lorsque des données bancaires du Crédit Suisse, l’une des plus importantes banques helvétique,  ont été transmises par une source anonyme, il y a un peu plus d’un an, au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui les a partagées avec quarante-sept médias internationaux, dont le consortium d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project ou OCCRP.

Ces données ont été passées au peigne fin par 152 journalistes issus de trente-neuf pays. Ceux-ci ont, en outre, interrogé d’anciens responsables de la banque, ainsi que des régulateurs et des magistrats anticorruption, et analysé de multiples dossiers judiciaires et déclarations financières.

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