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jeudi, juin 20, 2024

Appauvrissement de l’Algérie : des signaux d’alerte ignorés depuis 2017 par les autorités algériennes

La population algérienne vit au rythme des crises socio-économiques et financières depuis 2020. La pandémie de la COVID-19, d’abord, et les tensions géopolitiques autour de la guerre Ukraine-Russie ensuite, ont révélé les grandes fragilités de la situations économique et financière de l’Algérie. Depuis maintenant deux ans, la population algérienne s’appauvrit avec un PIB par habitant qui s’effondre, une monnaie nationale qui chute continuellement, des pénuries régulières de produits alimentaires, explosion du chômage et de la misère sociale, etc. Mais il faut savoir que ces maux économiques et sociaux étaient prévisibles… depuis au moins 2017. Des signaux d’alerte ont été lancés par des experts et des économistes. Ces signaux ont été ignorés par les autorités algériennes ce qui a aggravé encore davantage les fragilités du pays. Explications. 

Il faut savoir effectivement que le taux de croissance de l’économie algérienne est en chute libre depuis 2017.  D’une moyenne de 1,6 % au cours de la décennie 1990, le taux de croissance du PIB, à savoir la richesse annuellement créée en et par Algérie, est passé à 3,7 % en moyenne entre 2000 et 2014. Cette période a été marquée par un rattrapage important en ce qui concerne la réalisation d’infrastructures. En effet, les dépenses d’équipement sont passées de 20 % des dépenses de l’État à la fin des années 1990 à 40 % entre 2006 et 2014. Durant cette phase de prospérité tirée par le cours élevé du pétrole, la dépense publique a connu un essor très important.

Avec la chute brutale des cours du pétrole en 2014 et la persistance de ce choc, la soutenabilité du modèle de croissance du pays a été confrontée à une dégradation rapide des finances publiques et de la balance courante. Le solde budgétaire a accusé un déficit de -15,3 % en 2015, ramené successivement à -13,2 % en 2016 et -8,8 % en 2017. Le solde de la balance courante, positif jusqu’en 2014, est passé de -4,4 % en 2015 à -16 % en 2016. Avec les ajustements budgétaires réalisés par le gouvernement pour faire face à la dégradation des finances publiques, la croissance avait ralenti dangereusement en 2017, passant à 1,6 %, contre une moyenne de 3,4 % durant la période 2010-2016.

En plus, les exportations hors hydrocarbures ne se sont pas diversifiées, et leur part dans les exportations totales est inférieure à 5 %, alors que les exportations d’hydrocarbures ont entamé leur baisse depuis 2017. Face à cette situation, et avec une pression démographique qui pose des enjeux majeurs, notamment en matière de création d’emplois, l’Algérie devait accélérer sa transformation structurelle dés 2017 pour éviter de terrifiants chocs économiques et financiers à venir.

Malheureusement, rien n’a été fait et le pays a sombré dans l’instabilité politique à partir de 2019 provoquant ainsi une forte détérioration des indicateurs économiques et financiers qui a mené l’Algérie à subir de plein fouet les crises financières de 2020/2021 avec de graves potentielles conséquences sur la stabilité du pays à partir de cette année 2022.

En 2017, les autorités algériennes étaient conscientes de la nécessité de relancer l’industrialisation du pays.  L’industrie hors hydrocarbures représente moins de 15 % de la valeur ajoutée du pays. La faiblesse du secteur industriel se reflète dans la faiblesse du degré de sophistication de l’économie et des exportations, mesurée selon l’Indice de Complexité Economique. L’Algérie occupe ainsi en 2019 le 89ème rang sur 127 pays. Outre le faible poids des exportations hors hydrocarbures, les exportations algériennes sont réduites à une centaine de produits, contre 200 à 230 pour le Maroc et la Tunisie. Cette faiblesse chronique est une terrible erreur qui portera un énorme préjudice à l’avenir du pays notamment à la lumière des évolutions alarmantes de l’économie mondiale depuis l’éclatement de la guerre opposant l’Ukraine à la Russie.

L’emploi est l’autre volet que les autorités algériennes aurait dû prendre en charge rapidement à partir de 2017. Et pour cause, la structure de l’emploi en Algérie a connu des progrès uniquement dans le secteur des services et notamment le commerce peu productif. La part du secteur agricole dans l’emploi s’est réduite de près de moitié entre 1990 et 2018, passant de 20,1 % à 10,4 %. En parallèle, la part de l’industrie a légèrement régressé, passant de 15,5 % à 13,5 %.

L’emploi dans le commerce et les services a ainsi vu sa part augmenter de 50 % à
58,9 %. La part des « services marchands » a doublé en 8 ans, passant de 13 % en 2010
à 26 % en 2018. Il faudrait cependant noter que les services sont dominés par des activités
à faible valeur ajoutée, essentiellement liées au transport de marchandises et au commerce. Pendant longtemps, la création d’emplois s’est faite au détriment du salariat permanent. Alors que la part du salariat permanent s’élevait à 47 % des emplois en 1997, elle a chuté et est passée à 38 % en 2018. Par ailleurs, sur la période 2001-2014, l’emploi informel représentait un peu plus que 40 % des activités de l’ensemble de la population active.

Tous ces paramètres font de l’Algérie un pays qui produit peu, qui emploi peu dans les secteurs les plus producteurs de valeur ajoutée. Un pays « désindustalisé », dépendant des importations depuis l’étranger, un pays rentier et peu innovant. Bref, un pays extrêmement fragile face aux crises économiques de grande ampleur. Et c’est ce qui représente une énorme menace contre la sécurité nationale.

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2 تعليقات

  1. Longue vie à Bouteflika et son ami de combat Boumedienne (Boulmakhrouba) , les 2 pères fondateurs du pays « continent » ,créé par la maudite France coloniale, et qui ont instauré les solides bases de l’Algérie en 1962
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères fondateurs de L’ALGERIE nouvelle .