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samedi, juin 22, 2024

Une enquête internationale dévoile : au moins 54 % des Algériens ne sont pas satisfaits du système de santé de leur pays

Au moins 54 % des Algériens ne sont pas satisfaits des performances de leur système de santé, nous apprend une enquête d’opinion internationale. Cette enquête d’opinion a été réalisée par Arab Barometer, un organisme indépendant partenaire de l’Université de Princeton aux États-Unis, qui a interrogé plus de 25 000 habitants dans 7 pays – le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, le Liban, la Jordanie et l’Irak – de mars à avril 2021. Cet organisme mène des enquêtes d’opinion publique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis 2006. Il est réputé pour être un réseau de recherche non partisan qui donne un aperçu des attitudes et des valeurs sociales, politiques et économiques des citoyens ordinaires à travers le monde arabe.

Arab Barometer est piloté essentiellement par des chercheurs affiliés au Centre d’études stratégiques de l’Université de Jordanie à Amman, le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes à Ramallah, le Social and Economic Survey Research Institute de l’Université du Qatar à Doha et One to One for Research and Polling à Tunis. De plus, deux des chercheurs principaux du projet, Amaney Jamal de l’Université de Princeton et Mark Tessler de l’Université du Michigan, sont membres du comité directeur. Les opérations quotidiennes sont gérées par le directeur de projet Michael Robbins et une équipe de spécialistes basée aux États-Unis.

Selon les extraits dévoilés de l’enquête d’opinion annuelle menée entre mars et avril 2021, seulement 46 % des Algériens se déclarent satisfaits du système de santé de leur pays. En pleine crise sanitaire, la gestion et les moyens du système des soins en Algérie n’ont pas cessé d’alimenter un vif débat qui remet à chaque en cause le mode de gouvernance du pays. Les mauvaises performances des hôpitaux algériens face aux diverses vagues des contaminations et des infections à la COVID-19 ont suscité un traumatisme national en Algérie depuis l’été 2020. De nombreux algériennes et algériens ont dénoncé les réalités amères de leurs hôpitaux archaïques et sous-équipés dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

La diffusion massive de ces vidéos et de ces témoignages multiples depuis les 4 coins du pays a suscité un véritable malaise jusqu’au plus haut sommet de l’Etat algérien. Les autorités ont fini par diaboliser et criminaliser la diffusion de ces vidéos illustrant la détresse des patients algériens et la précarité des hôpitaux du pays. Plusieurs auteurs de ces vidéos ont été arrêtés et parfois même condamnés à la prison ferme.

C’est le cas de Samir Daoudi, qui avait écopé, le 13 juillet 2020, d’«une année de prison dont six mois avec sursis» pour «trouble à l’ordre public». Ce dernier avait posté, le 30 juin 2020, une vidéo montrant la cour de la morgue d’un CHU algérien où « étaient entreposés en plein soleil », selon les propos qu’il tenait sur la vidéo, «des cercueils de victimes du Covid 19″.

C’est le même sort qu’a connu un certain Riad Soltani, après avoir posté sur son compte Facebook, le 7 juillet dernier, une vidéo de l’hôpital Hakim Saadane de Biskra décrivant une situation qui a échappé au contrôle des autorités sanitaires. Il a été, d’ailleurs, placé sous contrôle judiciaire, alors qu’un autre concitoyen Fares Charafedine Chokri a été arrêté le 6 juillet, avant d’être relâché deux jours plus tard et son procès renvoyé.

L’ancien Premier-ministre, Abdelaziz Djerrad, lors d’une visite de travail le 12 juillet 2020 dans la wilaya de Sidi Bel Abbès avait justifié cette répression inédite en soutenant que « certaines parties cherchent à dénaturer la réalité des hôpitaux en Algérie pour des visées politiciennes », et qu’il était « inacceptable », selon lui qu’ »une protestation soit exploitée à des fins politiques pour semer la discorde au sein de la société algérienne ».

Aujourd’hui, ces témoignages filmées sur la réalité chaotique des hôpitaux algériens se font de plus en plus rare à cause de cette surveillance accrue des réseaux sociaux par les services de sécurité. Mais cette répression n’a pas effacé le malaise et les Algériens demeurent majoritairement en colère contre leur système de santé. Une colère qui risque de s’aggraver avec le début de cette actuelle 3e vague de cas graves de COVID-19 au niveau de plusieurs wilayas du pays.

 

 

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4 تعليقات

  1.  » … les Algériens demeurent majoritairement en colère contre leur système de santé ». Pas vraiment. Selon les résultats de cette enquête, il y a quand même 46% d’Algériens qui sont satisfaits ou n’ont pas d’opinion sur le système de santé de leur pays. Les insatisfaits ne représentent donc qu’une courte majorité sans compter la marge d’erreur. Perso, je m’attendais à un taux d’insatisfaction beaucoup plus important que 54%. Après tout, le système de santé algérien est peut-être bien le meilleur d’Afrique (dixit Tebboune).

  2. Poua avoir comparé beaucoup de systèmes de santé à l’échelle planétaire, je peux vous confirmer que c’est le système « au petit bonheur la chance », le plus inefficace au monde et tout juste bon à donner du Doliprane.
    Preuve: tous ceux qui disposent d’un semblant de pouvoir ou de relations se soignent ailleurs aux frais de la princesse.
    et surtout ne venez pas nous chanter la chanson du  » milliers de medecins exilés en France, car :
    1- une hirondelle ne fait pas le printemps
    2-la France a besoin de main-d’oeuvre pas chère pour soulager son vrai pesonnel (ceux qui soignent nos augustes dirigeants) lors des week-end, vacances de Noel, de Pâcques, vacances d’été. Les notres parlent un tant soit peu la langue de molière et ont la connaissance de la médecine francaise d’il y a 40 ans et ne demandent que de changer d’air. les autres professeurs (de monnaie) qui restent ici remplissent la chkara en ouvrant des cliniques -bain-maure-commerce de gros-mouroirs pour des prestations à des prix exhorbitants faisant de ces professeurs compatissants des grands Nababs et des Gatsby le Magnifique. En conclusion, vos chiffres sont gonflés aux stéroides frelatés comme ceux vendus dans des centres de muscu underground de Chelghoum el Aid.

  3. l’Algérie vient de fournir a ‘a Tunisie 250 000 doses de vaccins et il y a une semaine les tunisiens ont reçu de l’oxygène et pour la deuxième fois , en plus on apprend que 8000 algériens ont achetés en Espagne des appartements dont la valeur d’un seul appartement vaut 500 000 € allez chercher le hic de cette histoire ,et ce n’est pas une blague puisque c’est le journal El pais qui vient de le dire.