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vendredi, juin 21, 2024

Un baril à 82 dollars, mais elle n’en profite pas : comment l’Algérie paie cash les erreurs catastrophiques de ses dirigeants en 2020

Les prix du pétrole et du gaz ont explosé sur les marchés mondiaux. Cela fait plusieurs années que le monde n’a pas une aussi importante augmentation des prix de ces deux matières premières incontournables pour le fonctionnement du monde moderne. Malheureusement, l’Algérie pays pétrolier et gazier, ne profite pas de cette embellie mondiale inédite. Pourquoi ? Parce que le pays a plombé ses capacités de production en renonçant en 2020 aux investissements productifs et aux efforts d’exploration de nouveaux gisements. Explications. 

Le monde entier connaît aujourd’hui une inflation incontrôlable des prix du gaz. Vers 09H05 GMT (11H05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre était en baisse de 0,35% par rapport à la clôture de la veille, à 82,27 dollars à Londres. A New York, le baril de WTI pour le mois de novembre abandonnait 0,44% à 78,58 dollars. Les deux contrats de référence ont cependant atteint en tout début de séance européenne 83,47 dollars et 79,78 dollars le baril, une première pour le Brent depuis octobre 2018 et pour le WTI depuis novembre 2014.

Plusieurs raisons expliquent cette augmentation considérable des prix.  Le pétrole « bénéficie des incertitudes concernant les approvisionnements en énergie, car les réserves de charbon, de gaz naturel et de brut semblent se resserrer », a expliqué à ce propos Naeem Aslam, analyste d’Avatrade, cité par plusieurs agences de presse internationales.

Par ailleurs, la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés via l’accord Opep+ lundi « n’a fait qu’exacerber le problème » reprend-il, car le groupe n’a pas décidé d’ouvrir les vannes d’or noir autant que le marché pouvait l’espérer. En effet, suivant son plan de juillet, le cartel s’est contenté d’une augmentation de la production globale mensuelle de 400.000 barils par jour pour novembre. Ce qui a contribué à renforcer encore davantage cette montée en puissance des prix du baril de pétrole ou du gaz naturel.

Et l’Algérie dans tout ça ? Malheureusement, fortement en déclin, l’Algérie n’a plus la puissance gazière ou pétrolière nécessaire pour profiter de cette embellie. Le pétrole, d’abord. L’Algérie, jusqu’à ce mois d’octobre 2021, produit encore moins de 1 million de barils de pétrole par jour. Plus exactement à peine 950 mille barils de pétrole par jour. Avec une consommation interne qui bouffe plus de 450 mille barils de pétrole par jour, l’Algérie peut à peine exporter 500 mille barils, voire beaucoup moins pour la simple raison que les pics de production ne sont pas régulièrement atteints par la Sonatrach et ses associés étrangers dans l’exploitation des divers gisements pétroliers du pays.

Pourquoi une production aussi faible ? D’abord, les réserves pétrolières algériennes ont énormément baissé au cours de ces dernières années. Un rapport mondial publié en 2018 par l’EIA (Energy Information Administration) a expliqué que l’exploitation de la plupart de ses réserves  de pétrole algériennes nécessitent des investissements colossaux ce qui engage un énorme risque au niveau de la rentabilité requise.

Par ailleurs, l’EIA a pris le soin de souligner que les gisements traditionnels et historiques de l’Algérie subissent une inquiétante baisse de production. L’agence américaine avait fait référence à la production des gisements en exploitation en particulier ceux d’Illizi, de Berkine ou de Hassi Messaoud-Dahar, qui contient à lui seul 71% des réserves pétrolières prouvées du pays. A Hassi Mesaoud, l’Algérie produit quotidiennement près de 350 mille barils de pétrole. Or, cette production ne cesse de baisser d’une année à une autre. Et selon des rapports de conjoncture établis par les services de Sonatrach notamment la division exploration, ce puits va s’épuiser progressivement et d’ici 20, il ne pourra pas produire au-delà de 100 mille barils par jour.

Ce constat a été confirmé par l’EIA en mars 2019 d’après laquelle l’Algérie doit faire face à l’amélioration de la récupération dans ses champs matures pour préserver les niveaux d’extraction de brut. « Sans investissement supplémentaire en amont, le taux de déclin devrait augmenter, entraînant une baisse de la production » , avait indiqué l’EIA qui n’a pas tari d’éloge sur les qualités du pétrole produit en Algérie, un brut léger de haute qualité à teneur réduite en soufre.

En parallèle, Sonatrach doit aussi faire face au déclin de son plus grand gisement gazier, Hassi R’mel, qui compte à lui seul plus de 85 trillions de pieds cubes, soit plus de la moitié des réserves conventionnelles prouvés de gaz naturel. D’ailleurs, la Sonatrach a entamé un programme d’investissement de deux milliards de dollars pour stopper le déclin de ce méga gisement dont le réservoir a été « endommagé » par » une surproduction et le manque d’investissement », avait expliqué dans son rapport l’agence américaine.

Il s’avère qu’en 2020, les autorités algériennes ont abandonné inconsciemment les efforts d’exploration de nouveaux gisements et même la maintenance nécessaire à la vitalité de la production des gisements existants. Dés le début de la crise sanitaire avec l’avènement de la pandémie de la COVID-19 en mars 2020, les autorités algériennes et la direction générale ont réduit drastiquement les budgets et investissements dans l’exploration et exploitation de nouvelles réserves pétrolières ou gazières.

En juin 2021, Algérie Part avait révélé les conséquences catastrophiques de ce choix inconscient. A l’époque, nous avions révélé que plus de 60 % des appareils de forage étaient à l’arrêt en Algérie. Tous ces appareils de forage pétrolier étaient immobilisés à la suite des décisions prises par la Direction Générale de Sonatrach qui a gelé plusieurs projets de production et d’exploration prétextant des économies substantielles nécessaires pour parer aux conséquences de la crise financière.

Cependant, ce choix d’opérer des coupes budgétaires dans le secteur de la production et de l’exploration de nouveaux gisements pétroliers a porté un énorme préjudice à la production nationale qui peine, désormais, à produire des volumes importants dans le but d’augmenter les capacités d’exportation du pays. De ce fait, même avec un prix du baril à 82 dollars, le prix le plus élevé depuis le début de la crise sanitaire avec la pandémie de la COVID-19 en mars 2020, l’Algérie ne pourrait pas tirer des revenus conséquents en devises alors qu’elle en a grandement besoin en ces temps de crise financière et de baisse significative des revenus pétroliers en devises.

Nous avions même expliqué comment cette situation avait suscité une énorme frustration notamment au sein de l’Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP) et l’Entreprise nationale algérienne du forage (l’ENAFOR). Ces deux principales chargées des travaux du forage pétrolier et gazier avaient connu depuis plusieurs mois des difficultés financières inquiétantes. Des travailleurs ont été mis en chômage technique et plusieurs emplois ont tout bonnement menacés car l’ENTP et l’ENAFOR ont commencé à manquer cruellement des ressources financières pour financer toute la masse salariale. Plusieurs sources concordantes avaient affirmé à Algérie Part que pas moins de 1500 emplois étaient jusqu’à l’été 2021 menacés de disparition pour rééquilibrer la situation financière de l’ENTP et l’ENAFOR.

Il faut savoir que le forage des puits de pétrole au sud du pays est assuré par deux filiales de Sonatrach : l’ENTP et l’ENAFOR. La première filiale gère un parc de 67 machines de forage et la deuxième utilise 52 appareils de forage. Plus de 60 % de ces appareils ont été ainsi immobilisés. C’est dire que cette décision qui touche de plein fouet le processus de forage a un impact énormément préjudiciable sur le plan économique. Et cette situation a duré jusqu’à aujourd’hui encore vu que la Sonatrach n’a pas changé radicalement sa politique budgétaire en renforçant massivement les investissements productifs.

Début mars 2021, Algérie Part avait tiré la sonnette d’alarme en expliquant, chiffres à l’appui, que le déclin des hydrocarbures est illustré en Algérie par la chute de l’activité de l’exploration et forage pétrolier dans le pays.

Nous avions utilisé un document interne de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui relatent les activités de la production de pétrole du mois de février 2021 passé pour l’ensemble des 13 pays membres.

Ce document nous apprend ainsi que jusqu’aux mois de janvier et février 2021, la Sonatrach a utilisé à peine 19 appareils de forage pour le développement de la production pétrolière nationale. Un nombre dérisoire et ridicule par rapport aux périodes précédentes. Effectivement, en 2018, la Sonatrach a pu mettre en marche pas moins de 50 appareils de forage pour le développement des gisements pétroliers nationaux. En 2019, ce nombre a été ramené à 45 appareils de forage. Et à partir de 2020, l’activité forage et développement des puits de pétrole a totalement chuté. Au premier trimestre, 30 appareils de forage étaient encore opérationnels. Mais à partir du troisième trimestre, la direction générale de Sonatrach a totalement immobilisé l’appareil de production du pays en utilisant uniquement 27 appareils de forage pétrolier. Le secteur des hydrocarbures va clôturer l’année 2020 avec la mise en marche de seulement 25 appareils de forage pétrolier.

Et à partir de janvier 2021, seulement 19 appareils de forage pétrolier sont utilisés par la Sonatrach. Un chiffre très bas qui reflète la faiblesse de la capacité de production pétrolière algérienne puisque sans la découverte de nouveaux champs ou gisements, la production ne peut pas augmenter ni se renforcer.

Aujourd’hui, on voit bien les conséquences de ces choix chaotiques. Avec moins d’un million de barils par jour, et moins de 500 mille barils à l’exportation, l’Algérie rate une énorme occasion pour renflouer ses caisses qui se vident dangereusement à cause de l’impact de la crise financière née dans le sillage de la pandémie de la COVID-19.

Rappelons enfin que la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach avait procédé à la réduction de son plan d’investissement et de ses dépenses de 50% depuis avril 2020 suite aux instructions du gouvernement algérien et du président Abdelmadjid Tebboune. L’Algérie aurait économisé l’équivalent de 7 milliards de dollars (6,5 md EUR). Mais aujourd’hui, elle perd au moins le double car elle s’est privée de l’opportunité de vendre davantage de pétrole pour améliorer ses finances en devises. Quel gâchis qui s’explique uniquement par les mauvaises décisions des dirigeants algériens.

 

 

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12 تعليقات

  1. Deux solution, soit les mouches à merde comme toi prolifèrent et continue à soutenir la junte jusqu’à la ruine, soit vous changer vos fusils d’épaule, et vous acceptez enfin de voir la réalité en face et dire que ces grabataires ignares doivent céder leurs places à des jeunes mieux éduqués.

  2. Khouya Vangelis…Tu as à faire à des raclures à chiottes de ratés…
    Le baril est à 80 dollars depuis 2 semaines et Zemmar le Harki assumé te pond une analyse de merde sur toute l’année 2020… Une analyse sur laquelle ces ratés de Makistes castrés se jettent…
    Ils ne veulent que l’explosion de l’Algérie parce qu’on les a défoncés… Pendant les années Bouteflika ils se sont gavés et roulaient des épaules.
    Ils bouffent à tous les râteliers pourvu qu’il y a un billet à gratter… C’est de la merde.
    Balouuuu la lâche tafiole vit en France et crache sur le pays qu’il veut voir tomber..Mais c’est le contraire qui se produit parce que les algériens le vomissent lui et son douar de sangliers…

    Par contre tu verras dès qu’il le pourra il retournera en Algérie l’air de rien…hahahahah
    Un Ta7ane dans toute sa splendeur..Ce sont juste une petite clique qui n’a plus les privilèges qu’elle avait. Les algériens se méfient d’eux ce qui renforce leur haine..On les a enfin débusquer au grand jour. Ce ne sera plus jamais comme avant. Ils le savent.
    Comme je dis à Zakaria il ne faut jamais perdre de temps avec un sanglier castré. Il faut les défoncer systématiquement.
    C’est juste de la racaille lâche bas de gamme… ça pue la pisse et la bière et ça joue aux rebelles à deux balles en mangeant des sandwichs dans leurs douars en plein Ramadan comme si cela allait nous affecter…hahahahahaha…..

    La Sonatracht va mieux depuis qu’elle est karcherisée… D’ailleurs ils se sont tous barré au Canada et en France avec tout ce qu’ils volaient..Ils ne voient l’Algérie et son peuple que des faire valoir pour s’enrichir entre eux…Mais c’est fini

    🙂

    Et on y veillera toujours.

    Conclusion : Ne perds jamais ton temps avec des sous hommes…leur vie est merdique et leurs desseins ont fini dans les chiottes.
    Alors il leur reste juste ce lieu et leurs micro sites communautaires où se défoulent tout et n’importe quoi : islamophobes agents marocains sionistes etc ..etc …