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mardi, juin 6, 2023

Un ancien ambassadeur français prévoit une « nouvelle crise » en Algérie à cause du possible 2e mandat de Tebboune

Un possible 2e mandat d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Etat algérien pourrait provoquer une « nouvelle crise » en Algérie notamment au en ce qui concerne le vol des relations bilatérales avec la France. Dans une tribune publiée dans les colonnes du quotidien français Le Figaro, l’homme qui a été ambassadeur de France à Alger à deux reprises, entre 2008 et 2012, puis entre 2017 et 2020, a dressé un bilan catastrophique de l’actuelle Nouvelle Algérie et croit savoir qu’un 2e mandat de Tebboune pourra saper la stabilité du pays et toute la région de l’Afrique du Nord. 

« L’Algérie va mal, beaucoup plus mal que les observateurs ou les rares journalistes autorisés le pensent ; 45 millions d’Algériens n’ont qu’une obsession: partir et fuir. Partir où, si ce n’est en France, où chaque Algérien a de la famille? On ne compte plus aujourd’hui ceux qui demandent un visa dans le seul but de ne faire qu’un aller simple, c’est-à-dire de rester d’une façon ou d’une autre en France avec l’espoir d’être un jour régularisé », indique ainsi un Xavier Driencourt très amer qui décrit sans aucune concession une réalité chaotique occultée, ignorée et volontairement minimisée par les autorités françaises qui veulent réussir leur réconciliation en cours avec le régime algérien.

Pour l’ancien ambassadeur français, la crise économique, sociale et politique va s’accentuer dans les années à venir en Algérie et produit des conséquences très dangereuses pour la stabilité même de la France. « La crise économique, la corruption née de la rente pétrolière, le découragement non seulement des élites des grandes villes du Nord, mais aussi du peuple des campagnes et de l’Algérie profonde, découragement stimulé par la générosité de la France, font qu’à ce rythme-là peu de gens resteront en Algérie. Le prix de notre aveuglement ou de nos compromissions s’appellera donc immigration massive, sans rapport avec ce qu’elle est aujourd’hui, islamisme conquérant, ghettoïsation de nos banlieues, repentance mémorielle », prévient ainsi le diplomate chevronné présenté, et reconnu aussi, pour être l’un des plus importants connaisseurs de l’Algérie et de ses complexités.

Xavier Driencourt appelle les dirigeants français et à leur tête le président Emmanuel Macron à adopter une « ligne de fermeté » considérée comme « la seule que l’Algérie comprenne, le rapport de force, plutôt que l’angélisme ». Faute d’une telle attitude, l’Algérie posera énormément problème dans un avenir proche notamment à la lumière d’un 2e mandat de Tebboune qui se profile à l’horizon.

« La France fait face à un double paradoxe: d’une part celui de l’alliance, autrefois contre nature, entre une armée antifrançaise et des islamistes qui nous détestent, les deux ayant en commun la haine de la France et la ferme volonté d’éradiquer les survivances linguistiques ou culturelles de la colonisation tout en nous faisant payer, par l’émigration et les excuses, le prix de notre passé colonial ; le second paradoxe est celui, soixante ans après l’indépendance algérienne, de traîner toujours et encore le problème algérien auquel précisément les accords d’Evian devaient mettre fin. L’Algérie, en ce sens, a gagné le combat contre l’ancien colonisateur: elle reste un problème pour la France, elle s’effondre, mais risque d’entraîner Paris dans sa chute. La IVe République est morte à Alger, la Ve succombera t-elle à cause d’Alger? », prophétise enfin Xavier Driencourt qui avait occupé de nombreuses autres fonctions prestigieuses en étant l’ancien directeur général de l’administration du Quai d’Orsay et anciennement chef de l’Inspection générale des affaires étrangères.

 

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