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samedi, juin 15, 2024

Tribune. L’opposant exilé Nourredine Boukrouh dénonce une odieuse cabale judiciaire contre les membres de sa famille

Le journal arabophone « Echourouk » a publié à la une de son édition du 15 septembre 2022 une ‎‎« information » selon laquelle mes enfants sont l’objet de poursuites judiciaires pour « corruption ‎et transferts de devises » devant le pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hammed, et ‎qu’ils encourent de « lourdes peines‏ ‏‎».‎

Effectivement, mes enfants sont poursuivis par ce pôle mais : 1) sans que nous sachions si c’est à la ‎suite d’une plainte, d’une « action publique » déclenchée par le Parquet ou à l‘instigation d’une ‎‎« partie occulte » ; 2) sous des chefs d’accusation ahurissants, fallacieux et ridicules qu’aucun ‎tribunal digne de ce nom ne prendrait en considération une seule minute car ne reposant sur ‎aucune base juridique ou preuve factuelle. Sans parler des délais de prescription si ces faits avaient ‎existé. Et bien sûr, s’il y a encore une justice en Algérie.‎

Les accusations portées contre eux sont liées à une SARL privée où ils étaient actionnaires entre ‎‎2002 et 2005, époque à laquelle ils étaient mineurs pour trois d’entre eux. Ils n’ont jamais investi au ‎Liban ou ailleurs, ils n’ont jamais transféré un sou en dinars ou en devises provenant de cette SARL ‎ou d’une autre activité économique publique ou privée, et ma famille (à l’exception d’un membre) ‎et moi n’avons jamais vécu au Qatar comme l’a écrit le journal. ‎

Il s’agit d’une machination contre moi dont mes enfants sont le prétexte. Des mandats d’arrêt ‎internationaux ont été préparés contre eux pour les accusations citées, et contre moi pour « trafic ‎d’influence » dans la création de cette SARL il y a 20 ans. Mon épouse et mon fils sont pris en otage ‎depuis juin dernier (sous ISTN puis sous contrôle judiciaire à ce jour), et « on » me promet une ‎destruction de ma famille et un bannissement qui a commencé en septembre 2017 avec mon exil ‎forcé après mon « Appel à une Révolution citoyenne pacifique » et que, par ces procédés de ‎voyous, « on » veut rendre éternel.‎

Je me souviens avoir lu il y a deux mois sur les réseaux sociaux un document fuité par un youtubeur ‎selon lequel de hauts responsables sécuritaires avaient adopté au mois de mars un plan visant les ‎familles des opposants à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour les « exploser avec une affaire ou ‎une autre », vraie ou fausse, l’essentiel étant de les enfermer dans des procédures judiciaires où il ‎leur est demandé d’apporter les preuves non pas de leur innocence, mais de leur culpabilité. Il est ‎facile de retrouver ce document où j’étais peut-être le premier sur la liste.‎

Cette odieuse opération de représailles contre moi pour mes écrits sur la politique algérienne a été ‎fomentée par un clan que je ne situe pas pour le moment, mais j’ai informé par écrit il y a près d’un ‎mois qui de droit. Je reviendrai sur cette cabale avec plus de détails le moment venu ».‎

Bio Express 

Ancien ministre du Commerce sous Bouteflika et ex-candidat aux élections présidentielles algériennes de 1995, Noureddine Boukrouh s’est imposé ces dernières années comme un redoutable polémiste. À l’étranger où il s’est installé pour fuir les menaces, l’homme s’exprime régulièrement sur l’actualité de son pays. Dans l’une de ses tribunes, il avait qualifié le président Tebboune de « fou ». Publié le 14 juin 2021, la tribune de Noureddine Boukrouh était intitulée « Ce fou de Tebboune »… Dans ce texte dans lequel il commentait les élections législatives du 12 juin 2021 dont le FLN est sorti vainqueur avec une majorité relative, Boukrouh avait dit de Tebboune qu’il a échappé à la prison grâce à la protection de Ahmed Gaïd Salah, ex-vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, mort en décembre 2019. Depuis ce jour-là, cet opposant exilé à l’étranger se trouve dans le viseur du pouvoir algérien. 

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