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dimanche, juin 16, 2024

Suppression prochaine des produits subventionnés et des transferts sociaux : Incertitude autour de l’avenir du portefeuille des Algériens

A partir de 2022, l’Algérie se lance dans la révision et la suppression de sa politique des transferts sociaux et des prix des produits subventionnés. C’est une décision qui était attendue et recommandée depuis de longues années par de nombreux experts et économistes indépendants ou internationaux. Et le régime algérien envisage de la mettre en vigueur à partir de l’année prochaine. Mais, malheureusement, un énorme souci de méthodologie se pose avec acuité car jusque-là, aucune alternative précise, claire et transparente n’a été présentée concrètement par les autorités algériennes. 

En effet, dans la mouture actuelle du projet de loi de finances (PLF 2022), il a été annoncé que l’Etat algérien va procéder à « la mise en place d’un mécanisme national d’indemnisation des ménages, après la révision des prix des produits subventionnés ». C’est uniquement avec cette phrase que le Premier-ministre algérien, et accessoirement ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane a résumé les prochaines décisions « révolutionnaires » qui vont changer radicalement le quotidien des Algériens.

Et pour cause, certains produits alimentaires de première nécessité ne seront plus commercialisés à des prix subventionnés ce qui va les rendre excessivement cher au regard du pouvoir d’achat très faibles des ménages algériens frappés de plein fouet par l’impact de la crise financière qui étouffe le pays depuis 2019. Mais quels sont ces produits qui ne seront plus subventionnés ? S’agit-il uniquement de produits alimentaires ou l’Etat algérien va remettre en cause également les transferts sociaux dont bénéficient l’accès au logement public, le développement de la santé ou la distribution du carburant ? Pour l’heure, aucun élément de réponse n’a été fourni par les autorités algériennes et le PLF 2022 ne contient aucune mesure exact.

Dans le texte du PLF 2022, une seule disposition annonce que le gouvernement notamment le ministère du Commerce va plancher prochainement sur les modalités d’application de cette révision des transferts sociaux. En clair, aucun dispositif pratique n’a été encore imaginé pour remplacer les actuelles subventions publiques qui sont financées par l’Etat algérien pour permettre aux ménages les plus modestes d’accéder à des services publics de base  comme l’électricité ou des produits de large consommation comme le pain, l’huile ou le sucre.

Il faut savoir que dans la précédente Loi de Finances 2021, les autorités algériennes avaient annoncé également la mise en marche d’un processus préparant la fin des subventions sociales et des transferts sociaux. Mais, sur le terrain, absolument rien n’a été fait pour concrétiser ce processus.

A la fin de l’année 2020, tout un projet avait été initié par le précédent gouvernement dirigé par Abdelaziz Djerad pour préparer une feuille de route consistant à amortir le choc de la fin des transferts sociaux sur les couches les plus défavorables de la société algérienne. Cette feuille de route devait permettre aux autorités algériennes de préparer le lancement du programme de compensation monétaire au profit des ménages dans le cadre de la réforme des subventions qui pourrait intervenir au 2ème semestre de 2021. Ce programme devait être doté en 2021 de 50 Milliards de DA, à savoir l’équivalent de 310 millions d’euros.

Avec ce budget, l’Etat algérien espérait venir en aide aux plus pauvres et nécessiteux qui seront éventuellement touchés par la suppression de plusieurs subventions sociales. Or, ce budget n’a jamais été débloqué ni utilisé. Et pourtant, comme aujourd’hui en prévision des dépenses publiques de 2022, le pouvoir algérien voulait réduire dés cette année 2021 drastiquement le budget alloué aux transferts sociaux.

Dans les coulisses du ministère des Finances, plusieurs sources avaient assuré à l’époque à Algérie Part qu’un calendrier de la mise en œuvre de cette réforme a été d’ores et déjà arrêté. Les conditions d’accès aux produits subventionnés ont été également identifiées, selon le ministre des Finances. L’Etat algérien travaillait sur une définition consensuelle et claire des critères ouvrant droit aux produits subventionnés.

Mais, encore une fois, une année s’est écoulée et absolument aucune démarche n’a été accomplie pour atteindre ces objectifs escomptés. Aujourd’hui, dans le PLF 2022, les autorités algériennes relancent le même chantier sans aucune nouvelle approche concrète.

L’objectif clairement affiché du pouvoir algérien est de réduire la facture salée des transferts sociaux qui tourne autour de 14,7 milliards de dollars, soit 1.960 milliards de DA en 2021. Les autorités algériennes semblent toujours désorientées et dépassées face à cette problématique car avec l’appauvrissement accéléré de la population et de larges pans de la société, aucun dirigeant n’a pu réellement trouver la solution idéale pour concilier la préservation de l’équilibre budgétaire du pays avec la préservation du portefeuille des Algériens.

 

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1 تعليق

  1. Je pense que ce n’est pas juste de dire « Suppression prochaine des produits subventionnés »
    Mais de dire plutôt, transfert des subventions sous forme d’augmentations de salaires, car
    les opérateurs économiques ne vont pas manquer de se rattraper en augmentant leurs prix.
    Et de plus, l’inflation et la planche à billets rongent le pouvoir d’achat des citoyens.
    Pour réussir l’équilibre de cette opération, il faudra aussi l’accompagner d’un contrôle des
    prix drastique, sous peine de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau !