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dimanche, juin 16, 2024

Solidarité et action sociale : comment l’Etat algérien a dépensé l’équivalent de plus de 6,7 milliards de dollars dépensés sans améliorer les conditions de vie de sa population

Chaque année, des budgets énormes et colossaux de l’argent public sont consacrés par l’Etat algérien aux actions de solidarité, de l’action sociale et de l’assistance au profit des couches les plus fragiles et les plus défavorisées de la population algérienne. Fier de sa dimension sociale et de ses valeurs de solidarité nationale, l’Etat algérien a toujours assumé ces charges financières qui sont de plus en plus élevées. Malheureusement, la gestion de cet argent public demeure très opaque, pis encore inefficace car des milliards sont dépensés annuellement sans aucune amélioration notable des conditions de la vie de la population algérienne en proie à une précarité grandissante. Explications. 

En 2018, à titre d’exemple, l’Etat algérien a consacré une immense enveloppe qui dépasse l’équivalent de 6,7 milliards de dollars pour financer  des programmes de solidarité, d’actions sociales et d’assistance au profit des catégories les plus nécessiteuses de la population algérienne. Il s’agit effectivement d’un budget qui a été révisé et augmenté en 2018 à pas moins de 927,998 Mrds de DA, en légère hausse (+3,29%) par
rapport à 2017 (898,481 Mrds de DA). Dans l’organigramme des dépenses publiques de l’Etat algérien, cet argent est défini comme étant des crédits  destinés à la partie relative à l’action sociale, assistance et solidarité.

Or, lorsqu’on approfondit l’analyse de ses dépenses publiques et on identifie leur destination, on s’aperçoit qu’elle bénéficie rarement au plus pauvres des Algériens. Et pour cause, ces budgets n’ont pas été accordés directement aux foyers les plus pauvres ou aux zones les plus déshéritées du pays.

En effet, Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations qu’un audit mené par la Cour des Comptes, une institution supérieure de contrôle a posteriori des finances de l’État, des collectivités territoriales et des services publics, a permis de découvrir que les plus grosses parties des budgets colossaux ont été dédiées à des instituions étatiques comme les établissements publics de Santé ou des catégories d’ores et déjà choyées par l’Etat algérien à l’image des Moudjahidine.

En effet, les dépenses de ces 927,998 Mrds de DA, à savoir l’équivalent de 6,7 milliards de dollars,  sont constituées principalement des contributions au fonctionnement des
établissements de santé avec un taux de 35,05%, du paiement des pensions au profit des
moudjahidine avec un taux de 23,41%, de la prise en charge des dépenses liées à la
revalorisation des pensions de retraite pour un taux de 6 ,87%, des contributions dans le
fonds de réserve de la retraite et les allocations familiales du secteur économique puisées
dans le budget des charges communes (7,67%), de la compensation des prix de l’eau
produite par les unités de dessalement (4,87%) , des actions entreprises par le ministère
de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme pour un taux de
2,93% et l’indemnisation des victimes non salariées d’actes de terrorisme pour
un taux de 1,96%.

En clair, officiellement, l’amélioration des hôpitaux algériens a bénéficié en 2018 de presque 325 milliards de Da, soit l’équivalent de 2,3 milliards de dollars. Un immense budget qui n’a apporté aucune amélioration des prestations des hôpitaux publics algériens lesquels ont demeuré des établissements anarchiques, sous-équipés, souffrant d’un manque cruel d’hygiène et de pénuries chroniques de médicaments ou d’équipements médicaux. Où est donc parti tout cet argent ? Qui s’en est chargé de sa bonne exécution ? Personne ne répond à ces questions.

Par ailleurs, les Moudjahidine ont bénéficié de pas moins de 217 milliards de da pour financement le paiement de leurs pensions, soit l’équivalent de 1,6 milliard de dollars. Un énorme budget qui soulève des interrogations sur le nombre précis et réel de ces anciens combattants de la Guerre de l’Indépendance qui sont encore en vie.

Au final, les budgets alloués directement aux algériens nécessiteux ne dépassent pas les 4 ou 5 % de toutes les dépenses publiques consenties par l’Etat algérien. Soit à peine 46,4 milliards de Da, soit l’équivalent de 340 millions de dollars. Tout le reste part à d’autres catégories et entités publiques qui n’ont aucun impact significatif sur l’amélioration du niveau de vie ou des conditions de vie de la population algérienne. Malheureusement, cette vérité n’est jamais dévoilée au grand public et les autorités algériennes continuent de nous faire croire qu’elles font de leur mieux pour soulager les souffrances des plus pauvres.

 

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1 تعليق

  1. ‘Algérie était 1 pays riche… . Son PIB est supérieur à celui de pays comme le Portugal, le Danemark, les Emirats Arabes Unis ou la Hongrie. Le gaz naturel et, dans une moindre mesure, le pétrole ont permis au pays de se désendetter et de constituer des réserves de changes. La Banque centrale algérienne détient environ 140 milliards de dollars, soit plus que la France, ce qui place l’Algérie en 10ème place mondiale. L’endettement extérieur est limité à quelques points du PIB. Et la situation devrait encore s’améliorer. L’Algérie profite en effet de la stratégie de diversification des importations de gaz et de pétrole mise en place par l’Union européenne. Ainsi, elle est devenue, en quelques années, le 3ème fournisseur de gaz de l’UE et devrait bientôt dépasser la Norvège. Problème, comme dans tous les pays du Maghreb.

    Ce trésor est une rente qui ne profite qu’à quelques privilégiés. Malgré les immenses revenus générés par la production de gaz et de pétrole, la société algérienne est confrontée à de gigantesques problèmes en matière de logement, d’emploi, d’éducation… et la jeunesse qui quitte le pays.

    Les ressources pétrolières sont mal réparties et la corruption est endémique : Le gouvernement algérien dispose de réserves financières qui peuvent lui permettre, au moins pour un temps, d’acheter la paix sociale. PAYS RICHE , PEUPLE PAUVRE : Chômage, crise du logement, bureaucratie, ….. La liste des maux dont souffre la majeure partie de la population est longue. et sans oublier des infrastructures laissées en abandon