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samedi, juin 15, 2024

L’inquiétant pourcentage des étudiants algériens ayant achevé avec succès leurs études universitaires

L’Algérie souffre d’un pourcentage très faible des étudiants ayant pu achever avec succès leurs études universitaires. Pour preuve, à peine 35,1 % des étudiantes algériennes et seulement 18,1 % des étudiants algériens réussissent à achever avec succès leurs études universitaires en obtenant leurs diplômes. C’est un pourcentage très faible qui témoigne de la contre-performance de l’enseignement supérieur en Algérie puisque la majorité écrasante des étudiants finissent par quitter les bancs des universités sans… aucun diplôme entre les mains.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance, généralement désigné par l’acronyme Unicef, vient de publier l’édition 2021 de sa Note thématique transition vers la vie adulte jeunes de 15 – 24 ans en Algérie. Ce document stratégique a été élaborée en partenariat avec le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), un organisme consultatif qui travaille directement avec le Président de la République ou le Premier-ministre pour formuler des propositions dans tous les domaines de la vie des citoyens et de la nation.

D’après les données de ce rapport, le taux brut de diplômé en Algérie est de 35,1% chez les filles et 18,1% chez les garçons. Cela signifie que  seulement un tiers des jeunes femmes et un cinquième des jeunes hommes ayant l’âge théorique d’obtention d’un diplôme supérieur ont achevé avec succès leurs parcours universitaires. C’est une très mauvaise performance qui peut expliquer la très mauvaise situation économique dont souffre l’Algérie puisque les jeunes algériens sont de moins en moins bien formés et trouvent ainsi des difficultés élevées pour s’intégrer au marché du travail et satisfaire les exigences des entreprises algériennes en quête de main-d’oeuvre qualifiée. Celle-ci devient forcément de plus en plus rare avec un taux aussi faible de jeunes universitaires diplômés disposant des compétences requises pour participer à l’activité économique ou la création de la richesse nationale.

La même note de l’UNICEF souligne qu’en termes d’orientation, les jeunes bacheliers algériens se dirigent davantage vers les filières de « sciences sociales et humaines » et des «lettres et langues », à la défaveur des filières « technologie-Sciences exactes » et celles des «sciences médicales» qui marquent un net recul. « A ce propos, il convient de souligner que cette tendance n’a pas changé suite à l’adoption du système LMD, alors que l’objectif nodal de cette réforme était justement de caler l’enseignement supérieur sur les besoins de la sphère économique », relève ainsi le document de l’UNICEF/CNESE dont Algérie Part détient une copie.

Ce constat est inquiétant parce qu’il démontre que l’Algérie commence à manquer cruellement d’universitaires qualifiés dans les sciences techniques, les filières technologiques qui sont capables de fournir des ingénieurs et des compétences indispensables au développement industriel de notre pays. Nous reviendrons sur ce sujet dans une prochaine publication avec des chiffres détaillés.

Soulignons enfin qu’en 2017, le nombre d’universitaires en Algérie s’élèvait à 1,7 million d’étudiants, soit un taux brut de scolarisation de 47,8%10. Par sexe, les filles sont majoritaires avec un taux de scolarisation de 57,3%, contre 38,5% des garçons. Lors de la nouvelle année universitaire 2021-2022, le nombre des étudiants algériens a stagné pour atteindre les 1.696.000. Les autorités prétendent aussi disposer de  65.500 professeurs chercheurs, soit une moyenne d’un professeur pour 25 étudiants.

 

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