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mercredi, juin 19, 2024

Le lanceur d’alerte Nourredine Tounsi enfin libre !

Le lanceur d’alerte et militant anti-corruption Nourredine Tounsi a été remis en liberté ce jeudi 23 septembre à Oran après avoir purgé sa peine d’une année de prison ferme. Des membres de sa famille et ses proches se sont déplacés jusqu’à la prison d’Oran pour l’accueillir à bras ouverts à la suite d’une longue et pénible détention totalement arbitraire. 

Arrêtée le 21 septembre 2020, Nourredine Tounsi a été effectivement impliqué dans un dossier purement « politique » dans lequel le parquet général de la Cour d’Oran lui reproche des « délits d’outrage à corps constitué et pour avoir commis des faits et des déclarations dans le but d’influencer les décisions de justice ».

En vérité, les engagements de Nourredine Tounsi dans la lutte acharnée contre la corruption et la complicité de l’appareil judiciaire de la wilaya d’Oran dans plusieurs affaires de dilapidation de deniers publics ont valu à Nourredine Tounsi de subir une véritable machination judiciaire. Il avait figuré, à ce titre, parmi les détenus politiques maintenus encore en détention en Algérie.

Arrêté manu militari par les services de sécurité, Nourredine Tounsi a été placé ensuite en garde-à-vue pendant 48 heures avant d’être présenté devant le Procureur de la République près le tribunal de la Cité Djamel à Oran. Ce dernier décide de le déférer devant le juge d’instruction de de la 4e chambre d’instruction.

Il a été ensuite inculpé officiellement pour « espionnage ». Le cas de Nourredine Tounsi est un dérapage inédit de la justice algérienne. Nourredine Tounsi a été emprisonné depuis le mercredi 23 septembre 2020 lorsqu’il avait été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de la Cité Djamel à Oran.

Le lanceur d’alerte et le militant anti-corruption Nourredine Tounsi avait fait des révélations inquiétantes lors du procès qui s’est tenu au tribunal de Fellaoucène à Oran le mercredi  10 mars 2021. « Même en prison je suis menacé de mort », avait-il indiqué en faisant part aux juges de ses profondes craintes sur sa sécurité et celle de ses propres enfants confiés à leur mère infortunée.

« Je reçois des menaces de mort alors que je suis enfermé dans ma cellule de prison. Et je crains pour la sécurité de mes enfants. Je réclame à la justice leur protection », avait dit ainsi Nourredine Tounsi au juge de siège qui avait dirigé les audiences de ce procès qui s’est terminé jusqu’à une heure tardive dans la nuit du mercredi au jeudi.

Incarcéré depuis le 21 septembre 2020, Nourredine Tounsi avait laissé derrière lui trois enfants et une épouse esseulée. Une petite famille qui peine à se nourrir et à se protéger contre les galères du dur quotidien. Noureddine Tounsi, qui est à l’origine de révélations sur des faits de corruption au sein de l’Entreprise Portuaire d’Oran (EPO), a été accusé “d’intelligence avec des agents d’une puissance étrangère et divulgation de secret d’entreprise ». Des accusations montées de toutes pièces pour accabler un lanceur d’alerte et justifier son incarcération arbitraire en raison de son engagement favorable à une justice indépendante et impartiale.

Nourredine Tounsi avait figuré enfin parmi les oubliés de la grâce présidentielle annoncée le 18 février 2021 par le Président Abdelmadjid Tebboune. Il a été parmi les rares détenus d’opinion contraints de purger entièrement sa peine de prison ferme pour pouvoir retrouver ensuite sa liberté et sa famille.

 

 

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