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mercredi, février 21, 2024

Exclusif. Le général-major Djamel Kahal Medjdoub patron du renseignement intérieur algérien transféré en urgence à Bruxelles à la suite d’un AVC

Victime d’un fatal AVC, le général-major Djamel Kahal Medjdoub, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis juillet 2022, a été transféré en toute urgence vers un hôpital spécialisé à basé à Bruxelles en Belgique, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Agé de 82 ans, le général-major Djamel Kahal Medjdoub a été sauvé de justesse à la suite de ce transfert médicalisé vers la Belgique opéré depuis l’hôpital militaire d’Ain Naadja mercredi 10 janvier dernier en fin d’après-midi. Le visage paralysé par les effets dévastateurs de l’AVC, le patron de la DGSI algérienne demeure conscient même s’il peine à parler ou prononcer des mots, assurent nos sources.

Il est à rappeler que la DGSI est la principale agence des services secrets algériens. Elle est la branche la plus puissante, importante et la mieux outillée de toutes les directions composant les services secrets algériens. Sorti de l’école du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) à Alger, passé par Saint-Cyr et par l’Académie des renseignements extérieurs du FSB russe, il officie d’abord comme ancien directeur des études au DRS avant de se faire confier plusieurs missions et fonctions en Iran – il parle couramment le persan –, au Liban, au Pakistan, au Yémen, en Syrie et en France.

Il avait dirigé de 2005 jusqu’à 2015 la Direction de la sécurité et de la protection présidentielles (DSPP). Il avait failli faire de la prison à la suite de l’incident de la Résidence Présidentielle de Zéralda en juillet 2015. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, vers 4 heures du matin, des hommes ont tenté de s’introduire dans la résidence médicalisée du président Abdelaziz Bouteflika sur le littoral ouest d’Alger. Ils se sont repliés suite aux coups de feu de la garde présidentielle. Des rumeurs massivement propagées affirmaient que le président Abdelaziz Bouteflika avait échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat.

Cet incident a été suivi par des sanctions lourdes dans les rangs de la Garde républicaine, dirigée par le général-major Ahmed Mouley Melliani, et de la Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP), qui relève du général Djamel Kehal Medjdoub. Les deux généraux ont été limogés, mais seul Medjdoub a été traduit en justice. Le général-major Djamel Kehal Medjdoub avait écopé de 3 ans de prison prononcé par le tribunal militaire de Constantine en décembre 2015. L’homme n’a pas été incarcéré et il a fait appel pour pouvoir jouir encore de sa liberté. A l’origine cette extravagante affaire, il s’avère qu’un sinistre règlement de comptes avait été orchestré pour se venger contre des généraux et officiers supérieurs proches du général Toufik, l’ancien emblématique ancien patron du DRS que le clan Bouteflika voulait neutraliser en raison de son opposition à un 4e mandat successif d’Abdelaziz Bouteflika. Après une longue traversée de désert, le Président Abdelmadjid Tebboune le rappelle au pouvoir à partir de mai 2022. Mais son âge avancé et ses problèmes de santé l’empêchent de briller à la tête des services secrets algériens et son remplacement aujourd’hui devient une nécessité impérative pour permettre à la DGSI de retrouver son lustre d’antan et son efficacité légendaire si cruciale pour la stabilité du pouvoir algérien.

Il est à noter que le général-major Djamel Kahal Medjdoub est tombé gravement malade après avoir fait un malaise le 10 janvier 2024 ce qui l’a empêché de participer à la première réunion du Haut Conseil de Sécurité, la plus importante instance sécuritaire de l’Etat algérien regroupant les départements régaliens du gouvernement et tous les hauts responsables de l’Institution militaire, de cette nouvelle année 2024. C’est le général Nacer El Djen, premier responsable du Centre Principal des Opérations (CPO) de Ben Aknoun, la fameuse caserne Antar, qui l’a remplacé au cours de cette réunion importante du Haut Conseil de Sécurité consacrée à l’examen de la situation générale dans le pays et de la situation sécuritaire liée aux pays du voisinage et au Sahel.

Agé de 82 ans, le général-major Djamel Kahal Medjdoub est à l’image de ces autres décideurs très âgés et souvent malades, comme le patron du renseignement extérieur le général-major M’henna Djebbar âgé de 79 ans et souffrant de maladie chronique, qui ne peuvent pas accomplir pleinement leur mission à la tête d’institutions sécuritaires très délicates et sensibles alors que l’Algérie est exposée à des menaces périlleuses ou entourée de foyers de tensions régionaux très dangereux. Le renouvellement générationnelle à la tête des services secrets algériens et de l’Armée algérienne est aujourd’hui l’un des défis majeurs que doit relever l’Algérie comme l’explique notre Directeur de Publication, Abdou Semmar, dans ce podcast vidéo :

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