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mercredi, juin 12, 2024

El Hadi Lassouli, le symbole de la hogra et de la persécution en Algérie

Le détenu d’opinion El Hadi Lassouli est devenu à son corps défendant le symbole illustrant la hogra et la persécution dont sont victimes les détenus politiques en Algérie. Depuis la prison de Berrouaghia dans la wilaya de Médéa, El Hadi Lassouli entame ce dimanche 15 mai son 12e jour de grève de la faim. Une action de protestation radicale enclenchée par le détenu algérien afin de dénoncer ses conditions de détention et les injustices qui lui ont été infligées. Il faut dire qu’El Hadi Lassouli est l’incarnation de l’activiste pacifique qui n’a pas violé une seule loi, mais qui se retrouve emprisonné depuis le 24 juin 2021 en raison de son soutien au Hirak et aux familles des détenus politiques. 

Membre actif du Comité National pour La Libération des Détenus (CNLD), il avait été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour « financement et collecte d’argent sans autorisation ». En vérité, la justice algérienne reprochait ouvertement à  El Hadi Lassouli de faire partie de ces rares personnes généreuses qui n’hésitaient pas à apporter de l’aide et de l’assistance à ces familles déchirées et accablées par le malheur des détentions de leurs proches. Plusieurs pères de familles ont été emprisonnés ces dernières semaines, voire ces derniers mois à travers l’ensemble du territoire algérien. Ces détenus ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents ou des frères ainsi que des soeurs livrés à la précarité et la détresse.

El Hadi Lassouli était l’un des animateurs les plus engagés d’un réseau de solidarité nationale en faveur de ces familles éplorées et esseulées. Agriculteur et éleveur, El Hadi Lassouli est populaire au sein du Hirak en raison de sa modestie, générosité, humanisme et son volontarisme. Son patriotisme n’a jamais fait défaut et son engagement en faveur du changement pacifique n’a jamais représenté la moindre menace contre l’ordre public. L’incarcération d’El Hadi Lassouli est l’une des plus tristes injustices depuis le début de cette campagne de répression massive menée à l’encontre du mouvement de contestation populaire en Algérie.

Aujourd’hui, la grève de la faim de ce détenu politique a provoqué une vive émotion en Algérie. Une pétition a été diffusée massivement pour lui apporter du soutien et exiger sa libération immédiate.

« Trois années après le déclenchement du mouvement citoyen national pour l’avènement d’une Algérie démocratique, les libertés individuelles connaissent une grave régression. En effet, plus de 300 concitoyens ayant contribué à ce virage historique se trouvent aujourd’hui emprisonnés, la majorité ayant subi arbitrairement la procédure exceptionnelle de la détention provisoire. Des conditions d’emprisonnement difficiles ont été par ailleurs rapportées, avec des conséquences lourdes sur leur état de santé psychologique et physique. Hakim Debbazi a payé de sa vie cet état de déliquescence et de répression exercé par le pouvoir en place. Bien que la majorité des détenus issus du mouvement citoyen soient poursuivis pour des délits d’opinion, les prisons comptent aussi des détenus de solidarité. El Hadi Lassouli en est l’exemple et le symbole. Citoyen bénévole, El Hadi, s’est engagé résolument dans diverses activités caritatives et humanitaires pour venir en aide aux plus démunis. En prison depuis le 24 juin 2021 pour avoir été solidaire », précise à juste titre cette pétition qui a été signée par de nombreuses personnalités politiques nationales en Algérie.

« Contestant sa rétention abusive, il a entamé aux côtés de ses co-détenus une grève de la faim qui a duré 20 jours, dans l’indifférence totale des autorités. Face au mutisme des instances judiciaires, El Hadi annonce reprendre la grève aux prix de sa santé et de sa vie après la fin du ramadan. Les mesures répressives que le régime a prises, par ses décisions judiciaires, contredisent ses promesses d’édification d’une Algérie nouvelle. En transgressant la constitution et les conventions internationales sur les droits de l’homme et des prisonniers, le régime porte seul l’entière responsabilité des conséquences d’une telle politique », souligne enfin cette pétition.

 

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