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vendredi, juin 21, 2024

Crise alimentaire mondiale : la capacité de résistance de l’Algérie jugée plus forte que celle du Maroc selon rapport parlementaire français

Face à la crise alimentaire mondiale provoquée par les conséquences désastreuses de la guerre lancée par la Russie en Ukraine, l’Algérie a été jugée plus résiliente que le Maroc par un rapport parlementaire français. L’Algérie est dotée, selon ce rapport, d’une capacité de résistance beaucoup plus forte que le Maroc notamment en ce qui concerne les futurs approvisionnements en blé et céréales. 

Ce rapport avait été rédigé par la commission des affaires économiques du Parlement français qui avait auditionné Julien Denormandie, l’ex-ministre français de l’agriculture et de l’alimentation, sur les conséquences économiques de la crise ukrainienne.

Datant du 25 mars 2022, ce rapport explique ainsi que les conséquences de la guerre sur les marchés agricoles et alimentaires sont considérables : l’Ukraine et la Russie représentent 30 % des exportations mondiales de blé, les prix ont augmenté de 70 % depuis le début de la guerre – à plus de 400 euros, le prix de la tonne de blé atteint des sommets inégalés – et d’autres denrées sont concernées. « L’Union européenne importe massivement des produits d’alimentation animale depuis ces deux pays ; le Maghreb et l’Afrique subsaharienne sont très dépendants des exportations de céréales. L’autonomie alimentaire redevient donc une question centrale », a noté d’emblée ce rapport dont Algérie Part détient une copie.

« Enfin, si la France n’est pas menacée par la pénurie, il n’en est pas de même pour d’autres pays, y compris européens, qui ne possèdent pas la même résilience que nous. Ainsi, en Espagne et en Italie, les élevages sont rarement adossés à des terres agricoles qui permettent de les alimenter, à la différence de la France où nombre d’exploitations, sans être forcément autosuffisantes, ont au moins une partie de production. Les dangers sont encore plus criants au Maghreb et en Afrique subsaharienne », indique encore le même rapport qui planche par la suite sur la situation particulière de chacun des pays maghrébins et africains.

Dans ces pays, la guerre en Ukraine fait « craindre des famines, avec des risques de troubles politiques et sociaux importants », s’alarme la même source qui prend l’exemple de l’Egypte pour illustrer ce grand danger.  « La Russie a développé ces dernières années une véritable géopolitique du blé. En Égypte, pays que je connais bien pour y avoir vécu, il y a vingt ans, les importations de blé provenaient principalement des États-Unis et d’Europe. Désormais, la Russie et l’Ukraine sont les premiers fournisseurs. L’Égypte est dépendante à plus de 50 % des importations de blé. Le blé y est fondamental – en arabe égyptien, le mot qui désigne le blé signifie aussi la vie : cela en dit long. Et le prix du pain en Tunisie a été l’un des éléments déclencheurs des printemps arabes dans les années 2000 », analyse ce rapport  parlementaire français qui présente également une comparaison entre les diverses situations des pays du Maghreb.

« Ces pays sont très dépendants de l’Ukraine et de la Russie. Certains ont peu de stocks, et des capacités de financement insuffisantes pour les prix atteints sur les marchés. À titre d’exemple, l’Algérie, qui voit ses ressources augmenter grâce au prix du gaz, sera capable d’acheter du blé cher ; il n’en ira pas de même pour le Maroc ou la Tunisie – et encore moins pour le Burkina Faso ou le Sénégal. En outre, certains de ces pays, dont le Maroc, subissent une terrible sécheresse », décrypte ainsi ce rapport  d’après lequel l’Algérie pourra tirer profit de ses revenus pétroliers et gaziers en devises pour mieux résister à la crise alimentaire mondiale alors que le Maroc sera confronté à des difficultés certaines pour s’approvisionner en céréales à la lumière de cette forte inflation mondiale qui se poursuit sa courbe ascendante d’une semaine à une autre.

 

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