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dimanche, juin 23, 2024

Confidentiel. Le pays souffre de la pénurie des médicaments mais le patron de la PCH traque les jeans et les baskets

La Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), l’institution publique en charge de la distribution et approvisionnement des hôpitaux publics en médicaments et produits pharmaceutiques, se trouve en ce moment dans une situation rocambolesque. Et pour cause, le premier responsable de cette institution stratégique, au lieu de s’attaquer sérieusement à cette pénurie lancinante des médicaments dans le pays, traque les travailleurs qui se présentent à leur lieu de travail en jeans et baskets ! 

Ali Aoun qui dirige la PCH depuis début mars 2022 a interdit formellement le port du jeans et des baskets. Selon nos investigations, plusieurs employés ont été sanctionnés parce qu’ils sont venus travailler dans les locaux de la PCH avec des pantalons en jeans ou chaussés de baskets. Cette interdiction a été appliquée non seulement dans les bureaux administratifs de la PCH mais aussi au niveau de ses dépôts. Des employés de la PCH sont régulièrement traduits devant le Conseil de Discipline de leur entreprise en raison de leurs écarts vestimentaires.

Une situation totalement irrationnelle car au moment où les vêtements des employés monopolise l’attention et l’énergie d’Ali Aoun, le pays continue de souffrir d’une pénurie extrêmement grave des médicaments dont est responsable en premier lieu la PCH qui est le premier, et seul, fournisseur attitré des hôpitaux algériens.

La direction de la PCH a voulu récemment faire croire aux autorités publiques que la pénurie ou les ruptures de stocks ne touchent que seulement 8 % des médicaments consommés par les structures de santé publique. Une information totalement fausse et mensongère puisque, en vérité, plus de 50 % de tous les médicaments et produits pharmaceutiques essentiels à la prise en charge des patients algériens manquent cruellement depuis plusieurs mois dans les stocks des hôpitaux publics.

Les antibiotiques, les antirétroviraux ainsi que les anticancéreux et d’autres catégories de médicaments stratégiques sont encore et toujours introuvables dans les officines des hôpitaux algériens. Cette pénurie s’explique d’abord et avant tout par la mauvaise gestion chaotique de la PCH notamment en ce qui concerne la gestion du volet des appels d’offres qui ont été annulés ou déclarés infructueux depuis octobre 2021 en raison de plusieurs modifications apportées aux cahiers des charges régissant ces marchés publics d’acquisition des médicaments. Des modifications jugées extravagantes et irréalités par les fournisseurs nationaux et étrangers de la PCH.

Il est à signaler que depuis son arrivée à la tête de la PCH, Ali Aoun n’a pas apporté le moindre changement positif à cette institution fragilisée par les crises et scandales de mauvaise gestion ou de corruption. Ali Aoun a maintenu l’ensemble du staff dirigeants et tous les directeurs de la PCH. Selon nos investigations, il a uniquement changé le nom de certaines directions en les appelant, désormais, « cellules ». Il a même promu un ancien responsable de la PCH, un certain Djahid Setti, au grade le plus important de la hiérarchie alors que ce dernier dispose d’un faible niveau d’instruction et ne se distingue par aucune compétence particulière pouvant justifier l’attribution de plusieurs importantes prérogatives.

Par ailleurs, Ali Aoun a désigné à la tête de la stratégique la commission d’évaluation des offres commerciales et techniques proposées aux appels d’offres de la PCH une jeune directrice technique, une certaine Mlle Chennoufi, qui était auparavant directrice technique au sein de la PCH et ce pendant une période de 6 ans. Cette jeune directrice doit superviser une équipe de 40 personnes qui doit éplucher les offres financières, techniques et commerciales formulées par les plus gros laboratoires mondiaux. L’inexpérience de cette directrice a beaucoup pesé dans le non-achèvement de plusieurs appels d’offres car la fameuse commission d’évaluation de la PCH a été divisée en plusieurs groupes distincts qui ont été chargés d’étudier séparément des plis et des dossiers techniques engendrant ainsi une incohérence flagrante dans le traitement des appels d’offres puisque les appréciations de chaque groupe apportent des divergences qui minent la capacité de jugement des responsables de la PCH et compliquent ainsi la prise de décision finale concernant l’attribution d’un marché public d’acquisition de médicaments.

 

 

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