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mercredi, juin 12, 2024

Confidentiel. Des hauts responsables suspendus à la suite de graves incidents menaçant la sécurité aérienne à Alger

Le ministère des Transports a décidé de suspendre de ses fonctions le Directeur Général de l’établissement National de la Navigation Aérienne (ENNA) ainsi que le directeur de l’exploitation de la navigation aérienne du même établissement, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Ces décisions ont été prises à la suite d’au moins deux récents incidents électriques, survenus le 23 et 26 avril derniers, ayant provoqué une dangereuse situation de black-out au niveau des installations sensibles du centre du contrôle régional (CCR) d’Alger, le lieu de travail des contrôleurs de la circulation aérienne en charge de veiller sur la sécurité aérienne dans l’ensemble de la capitale Alger et ses environs.

Selon les informations recoupées par nos soins, un rapport détaillé et accablant a été remis par des enquêteurs dépêchés par le ministère des Transports au niveau du CCR d’Alger. Il s’agit d’un rapport qui révèle de graves dysfonctionnements dans les procédures de gestion de l’ENNA au sujet des mécanismes en vigueur pour préserver la sécurité aérienne dans le pays.

Selon nos sources, les aiguilleurs du ciel et les contrôleurs du CCR d’Alger ont été plongés une nouvelle fois dans le noir le plus complet hier 26 avril à d’une nouvelle panne électrique survenue dans des circonstances troublantes. Comme lors du premier Black-Out du 23 avril dernier, des équipements appelés UPS (Uninterruptible Power Supply) censés protéger le matériel sensible utilisé par les contrôleurs aériens contre les aléas électriques, n’ont pas assuré leur fonction. D’après nos sources, le dysfonctionnement de ce dispositif s’explique par l’arrêt de l’onduleur maître qui était hors-service pendant plus d’une heure et demie. Le basculement vers le deuxième onduleur de secours n’a pas pu se faire car ce dernier était déjà en panne pendant un peux plus de deux ans sans que les hauts responsables de l’ENNA ne jugent nécessaire de le réparer pour parer à des situations d’urgence qui pourraient provoquer des conséquences chaotiques pour la sécurité aérienne du pays.

Cette anomalie qui fait suite à une négligence scandaleuse a été étouffée par la direction générale de l’ENNA. Pis encore, le directeur général de l’ENNA avait décidé avec la complicité du directeur technique de la navigation aérienne et le directeur de l’exploitation de la navigation aérienne ainsi que le chef de département d’énergie de la direction technique de la navigation aérienne de sacrifier le chef de service énergie du complexe de la navigation aérienne, un pauvre ingénieur en énergie vulnérable qui ne jouit d’aucun soutien au sein du cercle fermé des dirigeants influents de l’ENNA.

Le petit ingénieur a été sacrifié alors que les vrais coupables de cette désastreuse mauvaise gestion ont été étrangement épargnés. Il s’agit notamment de BOUKRAA Fouad, le directeur technique qui occupait le poste de chef de département technique au niveau du centre de contrôle régional d’Alger, qui est à l’origine, selon nos sources, de la problématique de ces UPS défectueux. Nos sources épinglent également CHERRAR Mohamed Yazid, le gendre du l’ex-directeur technique de l’ENNA ZADI Omar, un cadre dirigeant très protégé par le directeur général et le directeur de l’exploitation de la navigation aérienne de l’ENNA. Ce petit protégé de la direction de l’ENNA a brûlé toutes les étapes depuis le jour de son recrutement car en un temps record, il a accumulé plusieurs promotions où il est passé de simple ingénieur à chef de service avant d’être promu par son beau-père au poste de chef de département Énergie à la direction technique de la navigation en à peine 6 années de service au sein de cet établissement. Une ascension inexpliquée et surtout injustifiée car elle n’obéit pas à des considérations professionnelles, mais illustre uniquement une dérive du favoritisme qui mine profondément l’ENNA. Les nouvelles enquêtes diligentées par le ministère des Transports vont-elles enfin lever le voile sur cette impunité qui a pendant longtemps empêché l’avènement d’une gestion rigoureuse au plus haut sommet de l’ENNA, l’un des établissements les plus sensibles de l’Etat algérien ? Seul l’avenir nous le dira.

Rappelons enfin que l’ENNA est une entreprise entièrement méconnue en Algérie. Et pourtant, cette grosse entreprise publique est parmi l’un des premiers établissements stratégiques de l’Etat algérien. C’est l’organisme qui est chargé de l’exploitation et de la sécurité du transport aérien algérien.

Une mission très délicate qui engage la sécurité nationale et la souveraineté de tout notre pays. L’ENNA est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle du ministère des Transports algériens. Et en tant qu’EPIC, il doit gérer des fonds très conséquents et de nombreux marchés aux montants faramineux. De l’exploitation technique des aérodromes jusqu’à la réglementation de la circulation aérienne en passant par la sécurité de la navigation aérienne dans l’espace aérien algérien, le travail de l’ENNA lui permet de gérer des budgets de plusieurs Milliards de Da et de plusieurs Millions d’Euros et de Dollars.

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