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mardi, juillet 16, 2024

Au moins 53 % des chômeurs algériens utilisent le travail informel pour subvenir à leurs besoins

Le secteur informel est une véritable bouée de sauvetage pour les chômeurs. La plupart d’entre eux se procurent des frais de substance grâce à diverses activités dans le marché informel, nous apprend ainsi une vaste étude internationale consacrée au marché du travail.

Cette enquête a été réalisée entre novembre 2018 et mars 2019 le cadre général du projet « Building Algerian Youth’s Future – BAYF », proposé et mis en œuvre par Education For Employment en Europe (EFE-Europe) avec l’appui et le financement du gouvernement du Royaume Uni. L’ONG d’Education For Employment est une ONG internationale à but non lucratif motivée par la forte volonté d’améliorer les opportunités d’emploi offertes aux jeunes chercheurs d’emploi dans les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Depuis plusieurs années, cette ONG s’est spécialisée dans le traitement de la problématique de l’employabilité des jeunes dans la région MENA avec une approche axée sur la demande du marché de l’emploi.

De novembre 2018 à mars 2019, 2 160 personnes ont ainsi participé à une étude du marché de l’emploi dans les villes cibles de Ain Salah, Béchar, Bordj Bou Arréridj, Ghardaïa, Illizi (In Amenas), Oran, Ouargla, et Tamanrasset. L’étude s’est développée autour d’un axe de recherche classique et un axe innovant qui a fait appel à un logiciel d’intelligence artificielle adapté spécifiquement pour le projet. La recherche classique a consisté en l’organisation de focus groups et d’entretiens individuels qualitatifs avec des parties prenantes représentatives du secteur privé, institutionnel et académique, et la distribution d’enquêtes quantitatives auprès de 1 475 demandeurs d’emploi. L’outil d’intelligence artificielle a permis de recueillir et d’analyser plus de 30 000 offres d’emploi actuelles en Algérie dont 4 824 dans les wilayas ciblées par l’étude, en termes de répartition géographique, métiers, professions, compétences demandées et niveaux d’éducation requis.

Les résultats de cette enquête ont démontré que les jeunes chômeurs algériens trouvent dans l’informel des sources de revenu qui leur permettent de faire face aux dépenses courantes de la vie. Ainsi, au moins 53 % des chômeurs algériens recourent au secteur informel pour « survivre » face à la mal-vie et la précarité.

Les activités informelles les plus citées par les chômeurs sont la confection de pâtisseries, gâteaux et plats traditionnels et la couture pour 60% des femmes. La vente dans les marchés, dans la rue et les travaux de corps d’état secondaires sont à 60% les activités des hommes. D’un autre côté, dans cette même tranche d’âge, les personnes qui ne suivent pas d’études supérieures et qui commercent ou exercent des activités économiques dans l’informel, ne se considèrent pour autant des chômeurs, sachant qu’ils ne sont pas en posture permanente de demandeur d’emploi ni disponibles à court terme.

Les activités informelles les plus citées par les chômeurs sont la confection de pâtisseries, gâteaux et plats traditionnels et la couture pour 60% des femmes. La vente dans les marchés, dans la rue et les travaux de corps d’état secondaires50 sont à 60% les activités des hommes.

D’un autre côté, dans cette même tranche d’âge, les personnes qui ne suivent pas d’études supérieures et qui commercent ou exercent des activités économiques dans l’informel, ne se considèrent pour autant des chômeurs, sachant qu’ils ne sont pas en posture permanente de demandeur d’emploi ni disponibles à court terme. les superviseurs de cette enquête ont également constaté dans le milieu estudiantin, lors des focus groups avec les demandeurs d’emploi, l’existence d’activité économique autonome parmi les étudiant(e)s qui exercent des métiers dans l’informel comme : photographe, coach sportif, enseignant de cours particuliers, développeurs informaticiens, etc.

Pour analyser ce point en profondeur, il a été demandé aux participants du projet « Building Algerian Youth’s Future – BAYF » de quelle manière ils subvenaient à leurs dépenses quotidiennes. Certains d’entre eux ont bien évidement mis en avant le crucial soutien de leurs parents et ami(e)s. 65% des femmes trouvent une source de revenu dans le support des parents / ami(e) s contre 35% pour les hommes. Pour certains des demandeurs d’emploi, ces activités étaient très récurrentes. Il est observé que cette expérience professionnelle développée dans l’informel, mais constituant toutefois une activité économique (effort fourni) n’est en réalité pas considérée comme du ‘travail’. Cette expérience et cette énergie sont rarement capitalisées ou transformées en une activité à caractère plus formel.

Il est également intéressant de noter que certains demandeurs d’emploi diplômés qui ont une activité économique informelle voient les dispositifs d’aide de l’état (DAIP) qui favorisent l’insertion professionnelle des demandeurs diplômés, comme une forme de complément de rémunération. Cette situation affecte négativement la relation entre l’entreprise, le primo-demandeur et les dispositifs d’aide de l’état. Dans ce cas l’informel influe également sur l’échelle de valeur des demandeurs quant à leur prétention salariale qui peuvent être démesurées.

 

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