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samedi, juin 15, 2024

Alarmant : l’Algérie ne forme plus de compétences scientifiques et techniques pour assurer son développement

La formation des compétences techniques et scientifiques, à savoir des ingénieurs maîtrisant un savoir-faire dans les filières scientifiques, industrielles ou technologiques, est en train de s’effondrer d’une année à une autre en Algérie. Ce qui compromet ainsi le développement du pays dans un monde où l’économie est essentiellement basée sur les connaissances pointues dans le domaine de la science et des nouvelles technologies. 

Plusieurs études et expertises internationales démontrent effectivement ce constat amer. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance, généralement désigné par l’acronyme Unicef, vient de publier l’édition 2021 de sa Note thématique transition vers la vie adulte jeunes de 15 – 24 ans en Algérie. Ce document stratégique a été élaborée en partenariat avec le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), un organisme consultatif qui travaille directement avec le Président de la République ou le Premier-ministre pour formuler des propositions dans tous les domaines de la vie des citoyens et de la nation.

Et ce document stratégique nous révèle des données qui font froid dans le dos. Et pour cause, lors de l’année universitaire 1990/1991, 44 % des étudiants algériens étaient inscrits dans les filières Technologie et Sciences Exactes. 16 % des étudiants algériens étaient inscrits dans les filières des sciences médicales et vétérinaires. A partir de 2013/2014, ces pourcentages connaissant une chute vertigineuse. A peine 26 % des étudiants algériens avaient choisi les filières Sciences Exactes et Technologie et seulement 6 % avaient opté pour les sciences médicales et vétérinaires.

En revanche, les filières littéraires connaissent une explosion des inscriptions universitaires. 42 % des étudiants algériens avaient opté pour les sciences humaines et sociales à partir de 2013/2014 alors que ce pourcentage ne dépassait pas les 24 % en 1990/1991. Concernant les étudiants inscrits dans les filières lettres et langues, leur pourcentage est de 17 % depuis 2013/2014. Il avait doublé par rapport à 1990/1991 puisqu’il était de seulement 8 % à cette époque.

C’est dire que le nombre des étudiants algériens dans les filières purement littéraires ou de sciences humaines n’avait pas cessé d’augmenter au cours de ces deux dernières décennies alors que le nombre des étudiants algériens en sciences et technologie n’avait pas cessé de chuter.

A partir de 2019/2020, cette chute va encore s’aggraver et les nouvelles données universitaires témoignent d’une menace d’extinction pour certaines filières scientifiques. En effet, depuis l’année universitaire 2019/2020, pas moins de 60 % des étudiants algériens ont choisi les sciences humaines et sociales. Seulement 12 % de nos étudiants ont opté pour les sciences de la vie et les sciences de la nature. Et à peine 22 % d’entre eux ont choisi les filières relatives aux sciences exactes et technologie. Les sciences médicales et vétérinaires continuent d’attirer de moins en moins d’étudiants algériens puisqu’ils sont uniquement 6 % de tous les universitaires du pays à opter pour ce cursus. Ce nombre dérisoire risque de provoquer à l’avenir une véritable pénurie de médecins et de paramédicaux d’autant plus que ces filières sont frappés de plein fouet par une émigration massive vers l’étranger notamment avec le départ d’un nombre de plus en plus important de médecins algériens vers la France. 

Rappelons enfin qu’en décembre 2017,  une étude sur les défis de la démographie au Maghreb avait relevé un décalage entre le capital humain et les besoins du marché de l’emploi, malgré les importants investissements consentis dans l’enseignement supérieur.

« En Algérie, on observe un décalage entre le capital humain et les besoins du marché de l’emploi, en dépit d’importants investissements dans l’enseignement supérieur », avait indiqué cette étude menée par la Direction générale du Trésor français expliquant que la surreprésentation des étudiants inscrits en sciences sociales et humaines (près de 65 %) « ne répond pas aux besoins actuels de l’économie ».

 

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