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dimanche, juin 16, 2024

Seulement 75 000 visas de délivrés par la France à des ressortissants algériens en 2022 et aucune promesse d’un « retour à la normale »

Durant les 7 premiers mois de l’année 2022, la France a délivré uniquement 75 000 visas Schengen à des ressortissants algériens. Ce chiffre a été révélé officiellement hier le mardi 23 août par le Conseiller du président français chargé de l’Afrique du Nord, Moyen-Orient, Patrick DUREL.

Ce chiffre est d’ores et déjà supérieur à celui de l’année 2021 où 63 649 visas avaient été délivrés aux ressortissants algériens. Un chiffre qui avait marqué une baisse de 13,1 % par rapport à 2020 où les consulats français en Algérie avaient délivré 73 276 visas. Ceci dit, ce nombre des visas français est nettement inférieur  à celui de 2019 où pas moins de 270 000 visas avaient été délivrés par les services consulaires français à des demandeurs algériens.

C’est dire que la délivrance des visas Schengen par la France au profit des ressortissants algériens peinent à retrouver son niveau d’avant la pandémie de la COVID-19. Selon Patrick Durel, les visas délivrés par la France depuis le début de 2022 ont été octroyés en priorité aux « étudiants, les entrepreneurs, des hommes d’affaires, des artistes, des sportifs etc. »

« Il est vrai que la délivrance d’un visa suppose de remplir certaines conditions qui sont définies par le droit communautaire européen, et que nous avons un dialogue avec les autorités algériennes sur ces questions-là pour faire en sorte que notre coopération en
matière migratoire soit plus fluide et plus efficace », a expliqué à ce sujet Patrick Durel lors d’une conférence de presse organisée au niveau des locaux de l’Elysée à l’occasion de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Algérie.

Au cours de cette même conférence de presse, Frédéric ROSE, le conseiller intérieur du Président français, a reconnu à ce sujet que les relations demeurent encore « compliquées » concernant la gestion des flux migratoires et la délivrance des visas.  « On a eu quelques années un peu compliquées dans le dialogue sur les retours des personnes d’origine algérienne en situation irrégulière en France, c’était très compliqué en 2020, 2021, et vous savez, vous l’avez rappelé dans votre question, que le Président de la République a souhaité conditionner la délivrance des laissez-passer, la réduire un petit peu », a relaté à ce sujet Frédéric Rose.

« En gros, on a un taux à peu près de 50 % de visas vers la France qui ont été délivrés.
Donc, ça a été une décision qui a été prise par le Président, qui a été très commentée à l’époque, qui a néanmoins permis de continuer le dialogue avec les Algériens. On a toujours pu discuter, échanger avec les Algériens et on voit une évolution de la situation avec un retour de la coopération au niveau avant Covid, on se rapproche des chiffres de 2019 », a confié encore dans ce même dossier ce conseiller de l’Elysée d’après lequel la délivrance drastique des visas Schengen aux ressortissants algériens a fini par contraindre les autorités algériennes à revoir leur attitude radicale et ferme dans le dossier de l’admission ou retour des migrants illégaux faisant l’objet d’une procédure d’expulsion en France.

Selon Frédéric Rose, depuis le mois de mars 2022, « la coopération s’est largement améliorée, renforcée » avec les autorités algériennes. Le conseiller français cite, à titre d’exemple, la levée de « l’obligation sanitaire », à savoir la réalisation d’un test PCR Covid
en France avant d’arriver en Algérie, qui empêchait le rapatriement des « migrants illégaux » reconduits aux frontières par les autorités françaises.

« Depuis le 18 août dernier, l’ambassade d’Algérie en France a fait savoir que les autorités d’Alger retiraient cette condition d’un test PCR préalable pour les ressortissants algériens dotés d’un laissez-passer consulaire. La mesure, elle est récente, donc il n’y aura plus besoin de ce test-là. Donc, on considère que ça va encore fluidifier la qualité des échanges avec les autorités algériennes, ce que ne manquera pas de confirmer le temps de traitement », a reconnu enfin Frédéric Rose qui s’est gardé tout de même d’annoncer un probable « retour à la normale » concernant le processus de délivrance des visas Schengen aux demandeurs algériens.

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