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mercredi, juin 12, 2024

Jeux Méditerranéens d’Oran : les autorités algériennes généralisent la procédure du gré à gré pour rattraper tous les retards accumulés

Les autorités algériennes viennent d’autoriser officiellement le recours massif au gré à gré pour rattraper tous les retards accumulés au niveau de l’organisation des compétitions des Jeux Méditerranéens d’Oran dont les épreuves sont prévues du 25 juin au 5 juillet 2022.

Dans la dernière édition du Journal Officiel, à savoir le numéro du 6 avril dernier, il fait mention de l’adoption du « Décret présidentiel n° 22-144 du 5 Ramadhan 1443 correspondant au 6 avril 2022 fixant les mesures particulières adaptées aux procédures de passation des marchés publics applicables aux dépenses du comité d’organisation des dix-neuvièmes jeux méditerranéens d’Oran ».

Ce décret autorise ainsi les organisateurs chargés d’achever les préparatifs des Jeux Méditerranéens d’Oran de recourir au gré à gré pour terminer tous les chantiers dans les meilleurs délais. Des chantiers qui devaient être finalisées pour inaugurer officiellement les infrastructures dédiées à cette compétition depuis au moins 2021 car initialement les Jeux Méditerranéens d’Oran étaient prévus à l’été 2021 avant d’être reportés du 25 juin au 5 juillet 2022 en raison de la pandémie de Covid-19 ayant bouleversé le calendrier olympique.

« S’agissant de projet prioritaire et d’importance nationale qui revêt un caractère d’urgence, et qui ne peut s’accommoder des délais des procédures de passation des marchés publics, le comité peut recourir à la procédure de gré à gré simple pour la conclusion de ses marchés », indique ainsi d’emblée l’article 3 de ce nouveau décret présidentiel qui permet ainsi au comité d’organisation de ces Jeux Méditerranéens d’Oran de passer outre les procédures de concurrence loyale et directe des appel d’offres publics.

Les organisateurs disposeront de toute la latitude de choisir eux-mêmes leurs propres fournisseurs ou prestataires au nom de « l’urgence nationale » dictée par l’impératif de boucler les marchés de ce projet classé « priorité nationale » puisqu’il engage l’image du pays.

L’article 4 de ce nouveau décret présidentiel estime que « le gré à gré simple est la procédure d’attribution d’un marché sans appel formel à la concurrence » et va jusqu’à affirmer que « le recours au gré à gré simple, prévu par le présent décret, ne nécessite pas l’accord préalable du Conseil des ministres ou l’accord préalable pris en réunion du Gouvernement ». Ainsi, les organisateurs de ces Jeux Méditerranéens d’Oran n’auront même pas à subir un contrôle strict du gouvernement et pourront dépenser l’argent public alloué à cet évènement selon leurs propres considérations et définitions « du sens des priorités ».

L’Article 5 de ce nouveau décret présidentiel précise l’identité des hauts responsables qui seront tenus de vérifier et de gérer ces futurs marchés publics conclus de gré à gré.

« Il est institué une commission des marchés publics du comité chargée du contrôle externe des marchés publics et des avenants. Elle est composée du : wali d’Oran ou son représentant, président, commissaire des dix-neuvièmes jeux méditerranéens d’Oran ou son représentant, membre, directeur des équipements publics de la wilaya d’Oran,
membre, contrôleur financier de la wilaya d’Oran, membre, trésorier de la wilaya d’Oran, membre », indique ainsi cet article.

Le gouvernement se lave ainsi les mains de toute responsabilité dans les futurs dérapages qui pourront être constatés dans les passations de marchés publics. Et il confie ainsi la gestion de l’argent public d’un évènement international à un simple Wali et directeur de Wilaya. Il faut signaler au passage que ce sont ces responsables locaux qui sont à l’origine de toute la mauvaise gestion ayant provoqué les retards de réalisation de plusieurs ouvrages et infrastructures névralgiques pour l’organisation des Jeux Méditerranéens d’Oran, comme il avait été expliqué dans les précédentes révélations d’Algérie Part.

En dépit de leur bilan chaotique, l’Etat algérien va leur confier une gestion quasiment absolue des budgets de cet évènement sportif international qui engage la crédibilité du pays.

« Le commissaire des jeux, président du comité, est l’unique ordonnateur du budget du comité. Il peut déléguer sa signature au secrétaire général et au président de la commission administration et finances », explique enfin l’article 8 de ce nouveau décret présidentiel. Cette pratique nous rappelle exactement les modes de gestion des évènements culturels ou internationaux de l’ancien régime Bouteflika  comme « Alger, capitale de la Culture Arabe en 2007 ». Des modes de gestion qui avaient donné lieu à de nombreuses suspicions de scandales financiers pour lesquelles, à titre d’exemple, l’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, a été condamnée le 7 avril dernier à 6 ans de prison ferme par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed (Alger). Le nouveau régime Tebboune reproduit exactement les mêmes pratiques du régime Bouteflika sans tirer le moindre enseignement pour ne pas commettre les mêmes maladresses ou bêtises.

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