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samedi, juin 22, 2024

Exclusif. Endettée, mal gérée, des créances impayées : la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) au bord du gouffre

La situation financière de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH),  l’une des institutions les plus stratégiques et sensibles du secteur de la Santé en Algérie, ne cesse de se dégrader soulevant ainsi des inquiétudes très vives sur son avenir. Révélations. 

Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que la PCH peine à recouvrir ses créances impayées auprès des hôpitaux publics algériens. Ces créances sont estimées aujourd’hui, a-t-on pu confirmer au cours de notre enquête, à plus de 230 milliards DA, soit l’équivalent de pas moins de 1,4 milliard d’euros. C’est effectivement la somme colossale des dettes contractées auprès de la PCH par les 273 établissements publics de santé de proximité (EPSP) ainsi que 15 centres hospitalo-universitaires (CHU) que compte le pays.

La PCH n’a pas encore pu récupérer un seul centime de cette dette en raison de l’extrême précarité financière dans laquelle se trouve en ce moment les hôpitaux algériens. Dans cette situation, la PCH s’est retrouvée contrainte de s’endetter elle-même pour pouvoir faire face à ses propres besoins car les 140 milliards de Da de ses revenus actuels ne lui permettent plus d’assurer son fonctionnement ordinaire.

Ainsi, Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que la PCH doit s’acquitter d’au moins 60 milliards Da, soit l’équivalent de 390 millions d’euros, pour rémunérer tous les fournisseurs nationaux ou étrangers qui détiennent à son encontre de nombreuses factures impayées.

Incapable de récupérer ses propres créances auprès des hôpitaux, la PCH a été également contrainte de contracter des crédits bancaires pour continuer à approvisionner toutes les structures de santé publique qui dépendent cruellement de ses services pour soigner et prendre en charge médicalement les algériennes et algériens.

Mais, malheureusement, la mauvaise gestion financière de la PCH a mené vers la dilapidation et gaspillage de ces crédits bancaires sans aboutir à la moindre amélioration de ses indicateurs financiers. Selon nos investigations tout au long de l’année 2021, la PCH a consommé plus de 260 milliards de Da, soit l’équivalent de 1,6 milliard d’euros, de crédits qui lui ont été débloqués par une importante banque publique.

Après avoir consommé tout cet argent sans aucune stratégie clairvoyante, la PCH se retrouve aujourd’hui presque exsangue et privé de ressources afin de renouveler ses stocks en médicaments. Pis encore, la gestion anarchique de ses stocks a mené vers la perte de plus de 30 milliards de Da de produits périmés qui sont accumulés dans les hangars de la PCH sans veiller sur les bonnes conditions de leur conservation.

Ces pertes ont suscité un véritable scandale jusqu’au plus haut sommet du ministère de la Santé et du gouvernement incitant ainsi la Présidence de la République à exiger des comptes à la direction de la PCH. Celle-ci a fini par être totalement remaniée puisque Ali Aoun a été installé le 7 mars dernier  en tant que directeur général de la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), en remplaçant Fatma Wakti qui a laissé derrière une institution totalement fragilisée.

Au début, cette nouvelle nomination avait suscité un grand espoir, mais très vite les partisans d’Ali Aoun vont déchanter. Celui qui était présenté comme un manager ayant révolutionné Saidal l’issue de treize années de service, est en train de s’embourber dans les méandres des dysfonctionnements de la PCH. Selon nos investigations, il a tenté de remanier l’organisation interne de la PCH en se trompant lourdement de priorités préférant donner davantage de prérogatives à des directeurs généraux décriés pour leur incompétence et se concentrant sur des questions futiles comme la tenue vestimentaire des travailleurs de la PCH. L’ère Aoun débute très mal à la PCH. Algérie Part publiera prochainement de nouvelles révélations sur ce dossier brûlant du secteur de la Santé.

Soulignons en dernier lieu que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) est une institution méconnue de l’opinion publique en Algérie. Et pourtant, elle joue un rôle majeur car c’est elle qui a pour mission d’approvisionner les hôpitaux de divers médicaments. La Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) est une institution publique étatique relevant du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. La PCH compte quatre directions régionales, à savoir : Alger, Annaba, Oran et Biskra. La PCH fournit environ 588 produits pharmaceutiques destinés notamment aux hôpitaux, aux cliniques privées et d’autres institutions telles que la Protection civile et autres.

 

 

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