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mercredi, juin 19, 2024

Enquête. Anatomie de la différence d’âge dans les couples algériens

Une enquête internationale a brisé le tabou entourant la différence d’âge au sein des couples algériens. Et cette enquête démontre que le modèle de l’homme plus âgé reste largement dominant au sein de la population algérienne. Explications.

Les femmes algériennes épousent majoritairement des hommes nettement plus âgés qu’elles. Et l’écart de l’âge peut des fois surprendre, interpeller et interroger. Et pour cause, 53,6 % des femmes algériennes mariées et âgées de 19 ans ont épousé des hommes âgés de plus de 10 qu’elles. Oui, un écart d’âge de 10 ans domine les couples où la femme algérienne est une jeune fille de 19 ans. Pas moins de 34,9 % de ces femmes algériennes sont mariées à des hommes plus âgés qu’elles d’une moyenne de 5 jusqu’à 9 ans.

Dans la catégorie des femmes algériennes mariées et âgées de 20 jusqu’à 24 ans, nous retrouvons 37,3 % de ces femmes qui ont des conjoints avec une différence d’âge de 10 ans. Et 40 % de ces femmes algériennes ont épousé des hommes plus âgées qu’elles de 5 jusqu’à 9 ans. 20,8 % de ces femmes ont épousé également des hommes plus âgés qu’elles de 1 jusqu’à 4 ans.  Seulement 2 % de ces algériennes ont épousé des hommes moins âgés qu’elles.  C’est, effectivement, ce que nous apprend l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), un programme mondial appuyé techniquement par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Le programme mondial des enquêtes MICS a été effectivement élaboré par l’UNICEF dans les années 1990 en tant que programme d’enquête-ménage international qui vise à soutenir les pays dans la collecte de données comparables au niveau international sur un large éventail d’indicateurs relatifs la situation des enfants et des femmes. Les enquêtes MICS mesurent les indicateurs clés qui permettent aux pays de produire des données en vue de leur utilisation dans les politiques et programmes et de suivre les engagements convenus au niveau international.

Les principaux objectifs de ces enquêtes est de générer des données désagrégées afin d’identifier les disparités et les personnes les plus vulnérables en vue de permettre l’élaboration de politiques orientées sur l’inclusion sociale ainsi que de produire des données désagrégées en vue d’élaborer et évaluer les politiques, projets et programmes de développement dans divers domaines (santé maternelle et infantile, pratique contraceptive, lutte contre le paludisme, du VIH, eau, assainissement, éducation, logement).

En décembre 2020, l’UNICEF a publié les résultats de la sixième édition de l’enquête par grappes à indicateurs multiples, Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) qui a été menée en Algérie en 2019 par la Direction de la Population du Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière dans le cadre du programme mondial des enquêtes MICS. Elle a été réalisée avec l’appui financier et technique du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et une contribution financière du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Et ces résultats nous révèlent aussi que le mariage précoce des femmes existe toujours en Algérie. 3,9 % des femmes mariées algérienne ont contracté leur mariage alors qu’elles étaient encore âgées de moins de 18 ans. Dans le monde rural, ce pourcentage monte jusqu’à 4,6 %. Il faut savoir qu’en Algérie, la capacité matrimoniale s’acquiert, pour la femme et l’homme, à 19 ans révolus. Cependant, le mariage du mineur est subordonné à l’accord du juge de la famille et à la condition que la demande soit justifiée.

Le consentement du représentant légal du mineur, le père ou un parent proche, est également nécessaire. Notons enfin que le mariage forcé du mineur est expressément prohibé par l’article 13 du Code de la famille algérien : « il est interdit au wali (tuteur matrimonial), qu’il soit le père ou autre, de contraindre au mariage la personne mineure placée sous sa tutelle de même qu’il ne peut la marier sans son consentement. »

 

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