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dimanche, juin 23, 2024

Décryptage. L’argent de la diaspora algérienne n’a jamais servi au développement des investissements productifs

Les transferts financiers de la diaspora algérienne vers son pays natal n’ont jamais servi réellement à développer des investissements économiques productifs créateurs d’emplois ou de richesses. Ces transferts financiers permettent uniquement aux familles des résidents algériens établis à l’étranger de subvenir à leurs besoins quotidiens, nous apprend une enquête menée récemment par un organisme relevant de la Banque européenne d’investissement.

Il s’agit d’une enquête réalisée par la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP), un dispositif qui regroupe l’ensemble des instruments d’intervention de la Banque européenne d’investissement en faveur du développement économique des pays partenaires méditerranéens. La Banque européenne d’investissement (BEI) est l’institution de financement de l’Union européenne. Elle est le principal bailleur de fonds multilatéral au monde, notamment pour le financement de l’action en faveur du climat.

La FEMIP, « Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat » de la BEI, regroupe l’ensemble des instruments mis à la disposition par la Banque européenne d’investissement (BEI) dans les pays partenaires méditerranéens. Opérationnelle depuis octobre 2002, elle est aujourd’hui l’acteur de référence du partenariat économique et financier entre l’Europe et la Méditerranée, avec plus de 12,5 milliards d’euros invetis pour soutenir des investissements dans les neuf pays partenaires méditerranéens :
Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Israël, Jordanie, Territoires Palestiniens, Syrie, Liban.

Ainsi, selon l’enquête du FEMIP, 51% des parents ou proches des résidents algériens en Europe déclarent recevoir les fonds de transfert par des canaux informels, 27% par les services de Western Union via Algérie Poste, 16% par le système bancaire et 6% par courrier DHL.

Ces résultats démontrent que le système bancaire algérien est tellement archaïque qu’il peine à atteindre objectif de collecter de l’épargne des émigrés algériens.

Les coûts de transactions bancaires vers l’Algérie liés au transfert des fonds restent les plus élevés, selon le FEMIP, de toute la rive sud de la Méditerranée. S’agissant de l’utilisation de ces fonds, il a été constaté à la suite de cette enquête ces fonds sont essentiellement destinés à améliorer la consommation l’éducation, la santé et les conditions de logement.

Seule une faible part s’orienterait directement vers des investissements productifs. Preuve en est, selon l’enquête du FEMIP, 45% des bénéficiaires des transferts d’argent de la diaspora algérienne à l’étranger déclarent que l’usage essentiel concerne les dépenses journalières, 23% la construction, 13% à la scolarité et l’éducation, 8% l’investissement et 11% à d’autres usages.

A la lumière de ces résultats, il est aisé d’affirmer que l’Algérie n’a jamais su comment profiter du potentiel inédit de sa diaspora à l’étranger que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord. Le sous-développement du système financier et bancaire algérien empêche le pays d’établir une passerelle entre la diaspora algérienne et son pays natal provoquant ainsi des pertes évidentes en matière d’investissement créateur d’emplois ou de richesses. Au lieu de chercher désespérément à attirer les investissements directs étrangers (IDE), l’Algérie devrait tenter au moins de tirer profit du potentiel prometteur de des transferts d’argent de sa diaspora à l’étranger.

A ce sujet, il convient de signaler que les transferts (tout au moins formels) de la Communauté Algérienne à l’Etranger n’ont pas cessé de décliner depuis deux décennies. Actuellement ces transferts atteignent difficilement 1,8milliards US.$ contre plus de 7 milliards US. $ pour le Maroc, 20 pour l’Egypte et 2.1 pour la Tunisie (CNUCED).

La DIASPORA algérienne peut assurer le transfert de savoir-faire, d’expertises et de technologies utiles au développement de l’Algérie. Le climat des affaires en Algérie ne permet malheureusement pas l’émergence du développement économique et technologique souhaité. Au final, seul un changement de régime de gouvernance économique, moins dépendant des hydrocarbures, auquel pourrait contribuer la diaspora permettra de contribuer à la pérennité des équilibres économiques et sociaux.

 

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