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jeudi, juin 20, 2024

Conséquence des mauvaises décisions et de la mauvaise gestion : les Algériens risquent de passer l’été 2022 sans…Eau

Oui, un « été sans eau », c’est le cauchemar qui risque de hanter les Algériennes et Algériens à partir du mois de juin 2022. La pénurie de l’eau potable risque, malheureusement, de s’accélérer à cause des mauvaises décisions et de la très mauvaise gestion des projets névralgiques qui devait être lancée pour permettre la mise en service de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer pour alimenter notamment la capitale Alger en eau potable. Explications. 

Le 15 septembre 2021, les sociétés Algerian Energy Company (AEC), filiale du groupe Sonatrach chargée de la gestion du délicat dossier du dessalement de l’eau de mer,  et l’Entreprise nationale de génie civile et bâtiment (ENGCB), chargées avec l’entreprise Cosider Canalisation de la réalisation de trois stations de dessalement d’eau de mer pour alimenter la capitale, s’étaient engagées à doubler les efforts pour contribuer à la concrétisation de ce programme d’urgence initié par les pouvoirs publics.

Les responsables de l’AEC avait promis à cette époque-là que « le lancement des travaux de ces trois des projets est effectif », assurant que « tous les efforts ont été déployés et les compétences mobilisées après la signature des accords entre les entreprises publiques AEC, GCB et Cosider Canalisation, pour la réalisation de ces stations de dessalement ».

Ces efforts concernent le programme d’urgence d’alimentation de la capitale en eau potable qui s’articule autour de la réalisation de la stations de dessalement de Bateau Cassé (unité de 10.000 m3 /j), dont la livraison était prévue dans un délai de 4 à 5 mois, de la station d’El Mersa (unité de 60.000 m3 /j) avec une prévision de livraison d’un délai de 9 mois et enfin de la station de Corso (80.000 m3 /j) dont la livraison se fera dans un délai de 12 mois.

Initialement, l’entrée en service de la station de Bateau Cassé était prévu fin mars 2022, alors que la réception des deux autres stations était prévue en juillet 2022 pour la station El Marsa et fin décembre 2022 pour la station de Corso. Nous sommes à la fin du mois de mars 2022, et la station de Bateau Cassé à Alger n’est toujours pas prête pour être mise en service. Et il n’y a pas la moindre visibilité concernant les deux autres stations de dessalement de l’eau de mer en raison des nombreux retards qui s’accumulent faute d’une bonne gestion de la part du management de l’AEC et d’une maîtrise réelle des travaux de la part de COSIDER ou GCB, les deux entreprises locales choisies hâtivement par la filiale de Sonatrach pour réaliser ce programme d’urgence d’alimentation de la capitale Alger en eau potable.

Ces ratages ont des conséquences désastreuses car l’été arrive… dans deux mois en Algérie et les températures estivales vont s’inviter dans les faubourgs de la capitale Alger dés le mois de juin prochain. Avec une sécheresse de plus en plus accrue, l’eau potable commence d’ores et déjà à manquer cruellement dans de nombreux quartiers populaires soumettant ainsi des centaines de milliers d’habitants à des coupures intempestives pouvant durer jusqu’à… une semaine.

Et cette situation risque de s’aggraver d’ici l’été prochain en raison de la forte consommation d’eau potable avec la chaleur caniculaire qui est promise à de nombreuses régions du pays. C’est dire que les échecs de l’AEC et de ses partenaires vont compromettre dangereusement le bien-être de la population algéroise. Ce sont des fautes graves qui produiront un impact très négatif sur le quotidien des Algériennes et Algériens.

A quoi serviront les stations de dessalement à Corso (d’une capacité de 80.000 m3/j) Bateau cassé à Bordj El Kiffan(d’une capacité de 10.000 m3/j) et El-Marsa (d’une capacité de 60.000 m3/j) si elles ne pourront pas entrer en service avant la saison estivale 2022 ?

A cette question, aucun officiel algérien ne veut apporter la moindre réponse. Et pourtant, hier dimanche 27 mars, lors des travaux du Conseil des Ministres, le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune a instruit le gouvernement d’accélérer la réalisation de ces nouvelles stations de dessalement.

Rappelons enfin que la mise en service de toutes ces nouvelles stations devait permettre à la wilaya d’Alger d’augmenter son recours à l’eau de mer dessalée et aux eaux souterraines (puits artésiens) à 95% des ressources totales en eau potable, selon les déclarations de M. Hosni. La capitale dépend actuellement des eaux de surface (barrages) à 60% en matière d’approvisionnement en eau potable. Or, ces eaux se tarissent à cause de la sécheresse qui dure et s’aggrave depuis 2021.

Le taux de remplissage des barrages a atteint 37% soit 2,1 milliards M3, a fait savoir le 21 mars dernier l’inspecteur général du ministère des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Omar Bougueroua.  Une quantité « insuffisante », a-t-il indiqué, eu égard aux capacités de stockage sont estimées à neuf milliards M3. L’Algérie dispose actuellement de 75 barrages en cours d’exploitation, cinq qui entreront en service prochainement, en sus de cinq autres barrages en cours de réalisation.

 

 

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