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dimanche, juin 16, 2024

Après avoir fui l’Ukraine, les étudiants algériens vivent une situation déplorable en France

De nombreux étudiants algériens qui ont fui l’Ukraine depuis la fin du mois de février à cause de l’offensive militaire russe se trouvent en ce moment dans une situation très difficile et déplorable en France en raison de l’exclusion décidée à leur encontre par les autorités françaises. Le média français StreetPress, un site web d’information consacré à l’investigation et aux cultures urbaines en France, a récolté plusieurs témoignages retraçant les galères endurées par de nombreux étudiants algériens ayant fui l’Ukraine pour tenter de s’établir en France dans le seul but de reprendre leur cursus universitaire arrêté à cause des violences de la guerre en Ukraine.   

C’est le cas, par exemple, du jeune Oussama qui a dévoilé à StreetPress tous les tenants et aboutissants de son récit poignant. Pour financer son doctorat en Ukraine, Oussama a vendu sa voiture. Il a débarqué en novembre 2021. Pas à Kiev, comme la grande majorité des étudiants algériens, mais à Kryvyi Rih, au sud du pays. « La ville du président Zelensky », a témoigné ce jeune étudiant algérien qui a raconté comme il s’est retrouvé encerclé par l’Armée russe.

« Les trois premiers jours après l’invasion, les Ukrainiens nous disaient que ça n’allait pas durer mais on s’est retrouvés encerclés par l’armée russe, on n’avait plus le choix, il fallait partir », témoigne-t-il. Malgré les ponts détruits et les soldats ukrainiens qui tentent de les enrôler pour combattre, Oussama et ses amis finissent par atteindre la frontière polonaise. « Là-bas, il y avait deux files : une pour les Ukrainiens, prioritaires, et l’autre pour les étrangers. On a attendu deux jours et deux nuits dans la queue, à manger et dormir à même le sol », raconte-t-il à StreetPress.

Le jeune Oussama a traversé la Pologne, l’Allemagne et la Belgique avant de poser ses valises en France. « La devise de la France, c’est liberté, égalité, fraternité. Je veux le voir, je veux l’égalité avec les Ukrainiens car on a vécu la même chose », confie-t-il encore dans son témoignage pour dénoncer la différence de traitement réservée aux réfugiés étrangers en provenance d’Ukraine.

Oussama comme de nombreux autres étudiants algériens qui ont souhaité reprendre leurs études au sein des universités françaises rencontrent de nombreux obstacles administratifs et beaucoup d’entre eux sont tout bonnement menacés d’être expulsés du territoire français en raison du refus obstiné des autorités françaises de les autoriser à séjourner légalement sur le sol français. Il faut savoir que cette question épineuse nourrit d’importantes polémiques en France à cause d’un texte d’application de la protection temporaire offerte aux personnes fuyant le conflit ukrainien, depuis le 24 février : parmi les ressortissants étrangers vivant en Ukraine avant cette date, ne pourront être accueillis en situation régulière en France que ceux qui ne « sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d’origine dans des conditions sûres et durables ».

Des préfectures françaises ont utilisé ce texte réglementaire pour demander l’expulsion de plusieurs étudiants étrangers dont des étudiants algériens qui avaient l’espoir de reprendre leurs études après avoir tout abandonné en Ukraine.

C’est le cas, par exemple, de Alaeddine, 28 ans, étudiant algérien en microélectronique qui a confié tout son désarroi au média français StreetPress.  « On ne demande qu’une chose : c’est pouvoir terminer nos études. C’est tout. On n’est pas là pour se balader et faire les touristes », affirme-t-il en reconnaissant que sa situation est encore plus urgente car il risque probablement de recevoir probablement une Obligation de quitter le territoire français. « On n’a peut-être pas les yeux verts, on n’est peut-être pas blancs comme les Ukrainiens mais on a fui la même chose, on est tous des êtres humains », explique cet étudiant algérien qui crie ainsi sa rage face à la discrimination pratiquée par les autorités françaises à l’égard des étudiants étrangers ayant fui l’Ukraine.

Il est à souligner que certaines universités françaises ouvrent leurs portes aux étudiants algériens qui ont fui la guerre en Ukraine. Mais ces établissements du supérieur n’ont pas reçu des consignes claires du gouvernement français pour que ces jeunes bénéficient du même statut que les Ukrainiens. Signalons enfin que 61.000 étudiants étrangers ont été comptabilisés par l’Unesco en Ukraine dans son dernier recensement. La plupart d’entre eux sont originaires du Nigeria, du Maghreb, du Mali ou de la République démocratique du Congo. Les étudiants algériens qui veulent rester en France craignent de devoir rentrer dans leur pays d’origine pour y solliciter un visa, avant de revenir en France, comme les autorités les y ont encouragés.

 

 

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