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mercredi, juin 12, 2024

Une possible guerre entre l’Algérie et le Maroc ? Les deux pays ont rassuré le Secrétaire Général de l’ONU

Ni les dirigeants algériens ni les dirigeants marocains n’ont envie d’aboutir à une guerre opposant les armées des deux plus importants pays du Maghreb, nous rassure le dernier rapport remis par le Secrétaire Général de l’ONU, António Guterres, résumant les évolutions actuelles de la situation du conflit au Sahara Occidental, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies le 3 octobre 2022. 

Dans ce rapport qui décrit la situation sur le terrain, l’état d’avancement des négociations politiques sur le Sahara occidental, l’application de la résolution 2602 (2021), les difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et les mesures prises pour les surmonter, le Secrétaire Général de l’ONU rapporte que son envoyé personnel a effectué depuis 2021 des visites au Maghreb  « dans un contexte de tensions régionales ».

« Il a appelé l’attention de ses interlocuteurs dans la région sur la vive inquiétude qu’il avait constatée parmi les membres de la communauté internationale quant à l’état des relations entre l’Algérie et le Maroc et a lancé un appel à la désescalade. Il a noté avec soulagement les assurances données par ses interlocuteurs, en particulier à Alger et à Rabat, quant à l’absence d’intention d’aboutir à une escalade militaire », révèle ainsi ce rapport onusien selon lequel les autorités algériennes et marocaines se sont engagées à écarter l’option d’une agression militaire dans leurs querelles politiques autour du conflit du Sahara Occidental.

Mais ces assurances ne signifient pas pour autant que la paix règne dans la région car ce rapport onusien note une reprise des hostilités armées depuis 2021 dans plusieurs régions du Sahara Occidental.

Ce rapport relève ainsi que dans la zone de la MINURSO « des hostilités de faible intensité entre l’Armée royale marocaine et le Front POLISARIO ont continué tout au long de la période considérée et ont continué de peser sur les activités aériennes et terrestres de la MINURSO », précise cette source qui planche sur l’évolution des évènements dans ce conflit entre octobre 2021 et octobre 2022.

« La présence d’engins non explosés et de restes explosifs de guerre a également constitué
une menace potentielle contre le personnel, les biens et les ressources des Nations-Unies », indique encore le même rapport d’après lequel « la présence de trafiquants de drogue et d’autres éléments criminels sur le territoire, ainsi que le risque d’éventuelles attaques terroristes, sont restés préoccupants ».

« Entre le 1 er septembre 2021 et le 31 août 2022, l’Armée royale marocaine a
signalé à la MINURSO 691 faits impliquant des tirs contre ses unités stationnées le
long du mur de sable ou à proximité, dont 64 % à Mahbas », nous apprend aussi ce rapport onusien qui liste de nombreuses attaques armées perpétrées par l’Armée marocaine comme par les forces du Polisario.

« Au cours de la même période, le Front POLISARIO a régulièrement publié des
informations dans les médias concernant la prise pour cible et les attaques supposées
de positions de l’Armée royale marocaine le long du mur de sable. Les forces
militaires du Front POLISARIO ont annoncé avoir procédé à 1 001 reprises à des tirs
contre l’Armée royale marocaine », explique la même source selon laquelle « la MINURSO a enregistré 18 cas signalés de frappes effectuées par l’Armée royale marocaine à l’aide de drones à l’est du mur de sable depuis le 1 er septembre 2021 ».

« Une de ces frappes, qui aurait été menée le 26 juillet 2022, aurait entraîné la
mort du chef d’état-major de la quatrième région militaire du Front POLISARIO. À
chaque fois, la MINURSO s’est immédiatement mise en contact avec les parties en
vue d’obtenir de plus amples renseignements. À 12 occasions, et en coordination avec
le Front POLISARIO, la MINURSO a pu se rendre sur les lieux où ces faits se seraient
produits à l’est du mur de sable, mais à six occasions, elle n’a pas été autorisée à s’y
rendre au motif que ces sites se trouvaient dans des secteurs où les opérations
militaires étaient limitées. Dans huit cas, les enquêtes menées par les observateurs
militaires de la MINURSO avec l’aide de spécialistes de la composante Lutte
antimines ont permis de confirmer qu’une frappe aérienne avait eu lieu d’une façon
ou d’une autre », relate enfin ce rapport remis par le SG de l’ONU aux membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui se compose de 15 membres, dont cinq membres permanents : Chine, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni, et 10 membres élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans.

 

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