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samedi, juillet 13, 2024

Scrutin présidentiel du 12 décembre prochain : Faut-il vraiment enterrer définitivement Tebboune ?

En quelques jours, les rapports de force ont été entièrement inversés. Abdelmadjid Tebboune partait gagnant et de nombreux observateurs et fins connaisseurs de la situation politique en Algérie le donnaient dés le départ de la campagne électorale du 17 novembre dernier comme le futur président Président algérien. Mais depuis l’arrestation spectaculaire de son collaborateur et ami Omar Alilet, le 20 novembre dernier, Tebboune est tombé en disgrâce et de nombreuses défections ont été enregistrées dans son camp.  

Affaibli, discrédité, plusieurs voix se sont élevées pour annoncer la fin de Tebboune qui tranche paradoxalement avec la montée en puissance d’un Azzedine Mihoubi choyé par toutes les télévisions algériennes et les médias nationaux ainsi que de nombreuses autres formations politiques qui ne cessent de se rallier à la cause de l’homme fort du RND.

En quelques jours, Mihoubi a remplacé Tebboune dans l’imaginaire collectif algérien. Le prétendant au pouvoir ne s’appelle plus Tebboune. Le candidat favori du système s’appelle, désormais, Azzedine Mihoubi. C’est  donc lui qui bénéficie de tout le soutien de certaines chapelles très proches de l’establishment militaire. Mais le match est-il réellement plié ? Mihoubi peut-il se targuer d’être le véritable gagnant alors qu’il reste quand même près de 10 jours avant le scrutin présidentiel ? Non, loin s’en faut.

Et si tout cela n’était qu’une stratégie de manipulation pleine de sagacité et de vice ? Le régime algérien est un habitué des laboratoires de l’intoxication de l’opinion publique. Durant sa longue histoire, le régime algérien a fait preuve d’un « génie du mal » sans équivalent. Il aime faire croire aux gens une certaine réalité qu’il va, plus tard, démentir ou totalement modifier. Vendre des illusions à sa population pour ensuite lui imposer une autre vision, secrète, dissimulée et insoupçonnée. Dans ce contexte, le soutien publiquement affiché à Mihoubi et les avantages qui lui sont octroyés sur le plan médiatique et politique peuvent s’avérer un piège tendu aux Algériens et algériennes qui rejettent depuis le départ ces élections présidentielles en raison de leur caractère préfabriqué.

Le régime algérien peut donc très aisément nous faire croire qu’il mise sur le candidat Mihoubi pour ensuite nous donner un autre résultat du dépouillement des urnes au lendemain du 12 décembre prochain. Dans ces conditions, Tebboune n’est pas encore mort. Il demeure la carte privilégiée en raison de son expérience au sein de l’administration de l’Etat algérien, ses connexions internationales et ses relais au sein de l’Etat-Major de l’ANP. Le discréditer dés le début de la campagne électorale pour ensuite braquer les projecteurs de tous les médias sur un tout autre candidat peut relever d’une vicieuse stratégie de manipulation dont le but ultime est de placer un cheval de Troie au plus haut sommet du pouvoir algérien. Et lorsque le Hirak concentrera ses efforts pour contrecarrer et abattre Azzedine Mihoubi, Abdelmadjid Tebboune pourrait rafler la mise sans grande difficulté. Ce n’est encore qu’une simple hypothèse. Mais sa forte probabilité n’est pas fortuite. Rendez-vous le 12 décembre pour la vérifier…

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