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samedi, juin 22, 2024

Scrutin du 12 juin dernier : le nombre des votants n’a pas dépassé les 200 mille personnes dans aucune grande ville ou wilaya algérienne

Les résultats du scrutin des élections législatives anticipées du 12 juin dernier n’en finissent pas de nous apprendre des réalités totalement étonnantes et extravagantes sur la situation politique actuelle qui prévaut en Algérie. Des réalités qui dessinent une rupture radicale et totale entre les gouvernés et les gouvernants en Algérie. Preuve en est, les résultats définitifs de ces élections approuvés par le Conseil Constitutionnel et publiés dans l’édition 51 du Journal Officiel de la République algérienne indiquent qu’aucune grande ville du pays n’a pu enregistrer la participation de plus de 200 mille votants à ce scrutin électoral ayant permis la désignation de 407 députés de la Première Assemblée Populaire et Nationale (APN) de l’Algérie Post-Bouteflika. 

Les chiffres sont effectivement éloquents et démontrent l’énorme fossé qui sépare les abstentionnistes des partisans de la feuille de route du nouveau pouvoir algérien ayant succédé à Abdelaziz Bouteflika. A Alger, la capitale du pays, le nombre des suffrages exprimés n’a pas dépassé les 190 357 alors que le nombre officiel des votants est de 253 475 dans une ville de… 8 millions de personnes ! Cela signifie que plus de 25 % des bulletins déposés dans les urnes  sont des bulletins blancs. Ce qui conduit à affirmer que le taux de participation définitive est en réalité beaucoup plus bas que les 12,85 %, le chiffre approuvé par le Conseil Constitutionnel.

Le nombre des vrais votants à Alger n’est même pas de 10 % puisque le corps électoral de la capitale est évalué à 1 972 914 électrices et électeurs. Le même constat est à dresser à Oran où le nombre des suffrages exprimés est d’uniquement 143 823 sur un ensemble de 190 544 votants. Les bulletins blancs ou nuls ont atteint ainsi les 25 % tout comme à Alger. Oran compte un corps électoral de 1 052 776. Cela signifie que le taux de participation réel si l’on prend en considération le poids des bulletins blancs ou nuls est d’à peine 14 ou 15 %. A Sétif, le nombre des suffrages exprimés n’a pas dépassé aussi les 177 980 voix sur un ensemble de 1 019 287 personnes composant le corps électoral de la wilaya de Sétif. A Constantine, le nombre des suffrages exprimés n’a pas dépassé les 97 473 voix sur un ensemble de 607 877 d’électrices et électeurs composant le corps électoral.

A Annaba, le nombre des suffrages exprimés n’a pas dépassé les 75 273 sur un ensemble de 440 258 électrices et électeurs composant le corps électoral de cette wilaya de l’est du pays. A Tlemcen, à l’extrême ouest du pays, deuxième grande ville de l’ouest, le nombre des suffrages exprimés n’a pas dépassé les 147 984 sur un ensemble de 722 200 électrices et électeurs composant le corps électoral de cette wilaya.

Nous retrouvons des chiffres du même ordre de grandeur dans les autres wilayas moyennes comme Blida, Mostaganem, M’sila ou Bordj Bou Arreridj. Partout à travers l’Algérie, le boycott et l’abstention ont marqué toutes les grandes villes et wilayas du pays donnant ainsi naissance à un parlement élu uniquement avec une petite minorité de la population algérienne. Il s’agit sans nul doute de l’un des parlements les moins représentatifs du monde…

 

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