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vendredi, juin 21, 2024

Remaniement ministériel décidé en Algérie : les bons et mauvais choix de Tebboune

Le président Abdelmadjid Tebboune a opéré ce jeudi un remaniement ministériel qui a touché principalement six départements comme la Santé, l’Industrie pharmaceutique, l’Intérieur, l’enseignement supérieur, les travaux publics et les Transports. Ces changements apportent certaines surprises qui suscitent des interrogations,  voire des inquiétudes alors que d’autres nominations semblent encourageantes et suscitent un peu d’espoir. 

A titre d’exemple, nommé directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) le 7 mars dernier, Ali Aoun a été désigné par le Palais Présidentiel d’El-Mouradia pour succéder à Lotfi Benbahmed à la tête du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Or, le patron de la PCH est lui-même sévèrement critiqué pour son rôle manifeste dans l’aggravation de la pénurie des médicaments qui frappe de plein fouet l’Algérie depuis 2021.

Ali Aoun a été incapable de redresser la PCH et de gérer convenablement les besoins des hôpitaux publics algériens dont les stocks en plusieurs produits pharmaceutiques et médicaments stratégiques sont quasiment vides depuis plusieurs longs mois. En dépit de cette réalité amère et alarmante, Ali Aoun est promu ministre du gouvernement ! Une décision étonnante, étranger et incompréhensible.

Une autre grande surprise s’est produite à la tête du ministère de l’Intérieur, un département gouvernemental névralgique et régalien qui a été confié à une nouvelle personnalité méconnue du grand public en Algérie, mais jouissant d’un prestige de plus en plus important au sein du pouvoir algérien. Il s’agit de Brahim Merad, l’ancien Médiateur de la République qui a été promu ministre de l’Intérieur. Considéré comme l’un des hommes de confiance de Tebboune, cet ancien Wali récupère le plus important portefeuille ministériel du gouvernement algérien et fait une entrée fracassante dans les hauts sphères décisionnelles du pouvoir algérien.

Cet ancien Wali de Tiaret, de Boumerdes, de Médéa, d’Annaba et Tizi-Ouzou est un vrai connaisseur des Collectivités Locales en Algérie. Selon plusieurs sources bien introduites au sein du sérail algérien, Brahim Merad est promis à un grand avenir et Tebboune est tenté de le promouvoir, dans un avenir proche, Premier-ministre. La nomination de Brahim Merad à la place de Beldjoud constitue une surprise car d’autres poids lourds de l’entourage de Tebboune étaient annoncés à ce poste. Mais le président algérien semble avoir pris la décision de miser sur une nouvelle figure comme Brahim Merad, un homme réputé pour avoir la tête sur les épaules, afin de gérer plus sereinement les deux dernières années de son mandat présidentiel.

La dernière surprise de ce gouvernement remanié par Abdelmadjid Tebboune est certainement Lakhdar Rekhroukh. Le Président-directeur général du groupe Cosider est l’un des nouveaux visages les plus distingués de ce nouveau gouvernement remanié.  Ingénieur polytechnique occupant des fonctions Depuis plus de 35 ans à Cosider où il a occupé plusieurs hautes fonctions, Lakhdar Rekhroukh est l’un des rares managers d’entreprises étatiques appréciées plus au moins pour son expérience avérée dans la gestion des affaires économiques et son parcours enrichissant. Sa nomination comme ministre des Travaux publics mais aussi de l’hydraulique et des infrastructures de base, un nouveau ministère au champ d’action élargi, est une décision qu’il faut saluer.

Malheureusement, très peu de connaisseurs et d’acteurs expérimentés du monde économique ont été promus ministres en Algérie. Et Abdelmadjid Tebboune a continué de privilégier des dirigeants qui ont passé toute leur vie au service de l’administration au lieu de s’intéresser à des profils qui ont travaillé concrètement sur la création de richesses et des emplois. Preuve en est, au ministère de la Santé, c’est Abdelhak Saïhi qui va succéder à Abderrahmane Benbouzid. Saihi est un pur produit de la bureaucratie et administration algérienne. Il était l’ancien Secrétaire Général du Ministère de la Santé, mais aussi l’ancien directeur de l’École Nationale d’Administration (ENA) et l’ancien Président de l’Observatoire national du service public (ONSP). Des profils similaires dominent outrageusement les autres départements et composantes du gouvernement algérien où le manque criant de dirigeants ayant la fibre entrepreneuriale pèse énormément sur la qualité du processus de prise de décision. C’est ce qui explique en grande partie l’inefficacité de l’action gouvernementale face aux nombreux problèmes de sous-développement de notre pays.

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