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vendredi, juin 21, 2024

Pour la Suisse, l’Algérie a un « potentiel de développement indéniable », mais…

La Suisse considère que l’Algérie a un énorme potentiel de développement. Mais, malheureusement, plusieurs problèmes de mauvaise gouvernance gâche cet important potentiel. C’est du moins ce que nous apprend le Département suisse fédéral des affaires étrangères, l’équivalent du ministère des affaires extérieures, qui a établi récemment un rapport détaillé sur la situation économique, financière et politique prévalant en Algérie. 

C’est effectivement la diplomatie suisse qui a élaboré récemment un rapport minutieux concernant les évolutions de la situation économique de l’Algérie entre août 2020 et août 2021.

« Du point de vue des investissements le pays continue de présenter un potentiel indéniable, même s’il est toujours desservi par une forte imprévisibilité au niveau des changements de législation et une bureaucratie très lourde. Des réformes en termes de digitalisation, de modernisation de l’économie et plus spécifiquement du secteur financier restent cruciales pour l’amélioration du climat d’affaires », a expliqué ainsi le rapport du Département suisse fédéral des affaires étrangères. La même source souligne que « le coût modeste de la main d’œuvre, le niveau de formation relativement élevé, l’emploi large de la langue française ainsi que le voisinage avec le marché européen demeurent des avantages significatifs ».

Malheureusement, ces atouts précieux sont gâchés par de nombreux dysfonctionnements au sein de l’économie algérienne qui empêchent le développement du pays.  « Les mesures protectionnistes, ainsi que la corruption, la bureaucratie, un secteur financier faible et l’insécurité juridique en termes de droits de propriété intellectuelle sont de sérieux obstacles à l’investissement », déplore encore à ce propos le même rapport de la diplomatie suisse lequel ne manque pas de préciser que « le problème principal » en Algérie « du point de vue des investisseurs est l’imprévisibilité à laquelle ils font face à cause des fréquents changements du cadre juridique ».

Une instabilité qui fait peur aux investisseurs étrangers ainsi qu’aux partenaires internationaux. Par ailleurs, ce même rapport explique pourquoi l’Algérie jouit, malheureusement, d’une aussi mauvaise image à l’étranger.  « Considérant non seulement les innombrables formalités administratives auxquelles les entrepreneurs sont exposés, mais également l’image d’insécurité qui demeure depuis la décennie noire des années 1990, même s’il n’a pas eu d’attentat à Alger depuis 2007, l’Algérie peine à convaincre les investisseurs étrangers. Une communication peu efficace ne simplifie pas la perception du potentiel indéniable que l’Algérie recèle », détaille ce rapport de la diplomatie suisse.

Il est à souligner en dernier lieu que le rapport des autorités suisses ont reconnu les efforts ds autorités algériennes en matière d’encouragement des investissements en vue de renforcer le développement du pays. Le rapport de la diplomatie suisse cite à ce sujet « la limitation à 49% de participation d’un investisseur étranger dans une société a été abrogée pour les secteurs « non stratégiques » en début 2020 » et met en exergue également la suppression en 2020 du « droit de préemption aux cessions d’actions détenues par des
étrangers » sans oublier la « nouvelle loi sur les hydrocarbures, améliorant les conditions fiscales et la flexibilité des contrats ». Des signes encourageants, mais qui demeurent encore insuffisants, conclut le même rapport.

 

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