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samedi, juin 15, 2024

Plusieurs organisations internationales appellent à la libération immédiate de l’avocat algérien Arslane ABDERRAOUF

L’affaire de l’avocat algérien Arslane ABDERRAOUF qui croupit en prison depuis le 26 mai dernier a fait le tour du monde et plusieurs organisations internationales ont exprimé leur indignation tout en réclamant la remise en liberté de cet avocat qui symbolise aujourd’hui les dérives autoritaires du pouvoir algérien. 

En France, la fédération nationale des unions des jeunes avocats (FNUJA) a fait savoir le 1er juillet dernier qu’elle « s’inquiète de la situation préoccupante de notre confrère algérien Maître Arslane ABDERRAOUF, avocat au Barreau de TÉBESSA et membre du collectif de la défense des détenus d’opinion ».

« Le 26 mai 2021, Maître ABDERRAOUF a été arrêté, mis en examen et incarcéré par le juge d’instruction officiant près le Tribunal de TÉBESSA. Son interpellation est intervenue alors qu’il consultait le dossier d’un client, militant des droits de l’Homme, soupçonné d’être membre du RACHAD, mouvement politique algérien luttant pour l’instauration d’un État de droit, récemment qualifié récemment par l’État algérien d’organisation terroriste », a rappelé dans son communiqué la FNUJA qui ne manque pas de préciser que Maître ABDERRAOUF est aujourd’hui poursuivi des chefs « d’actes de propagande, de publication de fausses informations de nature à nuire à l’intérêt national, et d’adhésion ou participation à un groupe ou une organisation reconnue comme terroriste », ce dont il se défend avec fermeté.

« A ce titre il encourt une peine de 23 années d’emprisonnement », s’indigne la même organisation laquelle « alerte quant aux pressions croissantes dont font l’objet les avocats engagés dans la défense des détenus d’opinion et rappelle son attachement aux droits de la défense ».

La FNUJA affirme aussi condamner « de telles pratiques qui n’ont pour but que d’intimider les avocats dans l’exercice de leurs fonctions ». A travers cette prise de position, la FNUJA s’est associée ainsi au communiqué de soutien et de solidarité publié par la Conférence Internationale des Barreaux de Tradition Juridique Commune, lequel a exigé également la libération immédiate de Maître ABDERRAOUF depuis le 29 juin dernier. « Aucun avocat ne doit être inquiété pour avoir porté sa robe ! », s’indigne à ce propos aussi la CIB – Conférence internationale des Barreaux de tradition juridique commune. Cette organisation se présente comme une association qui a pour objet de créer une structure de coopération entre les barreaux de pays de tradition juridique commune, essentiellement barreaux francophones. Elle regroupe des barreaux affirmant un idéal d’indépendance et dont les organes directeurs sont démocratiquement désignés par les avocats eux-mêmes.

Rappelons enfin que le 15 juin dernier, c’est l’Observatoire International des Avocats (l’OIAD) qui a déploré l’incarcération de l’avocat et défenseur des détenus du Hirak Abderraouf Arslane en critiquant et dénonçant vigoureusement les autorités algériennes.

« L’OIAD condamne fermement l’arrestation arbitraire et la détention de l’avocat Abderraouf Arslane », peut-on lire sur un communiqué publié par cette organisation internationale qui a pour « objet de défendre les avocats menacés dans le cadre de l’exercice de leur profession et de dénoncer les situations attentatoires aux droits de la défense ». « L’OIAD exprime sa totale solidarité à l’égard du Barreau de Tébessa et de l’Union nationale des ordres des avocats qui se sont engagés dans un vaste mouvement de protestation en réponse à cette arrestation », ajoute encore la même organisation qui a rappelé « aux autorités algériennes que l’indépendance des avocats est l’un des principaux indicateurs de la santé démocratique et de la consolidation de l’État de droit »

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