23.9 C
Alger
mercredi, juin 12, 2024

Plus de 60 % des chômeurs algériens sont des chômeurs… de longue durée

Depuis l’annonce de la mise en place d’une allocation chômage d’un montant de 13 mille par le Chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, le chômage est revenu sur le devant de la scène en Algérie. Or, les dessous de cette problématique socio-économique sont méconnus malheureusement dans notre pays. Et les nouvelles dispositions du Décret exécutif n° 22-70 du 9 Rajab 1443 correspondant au 10 février 2022 fixe les conditions, les modalités et le montant de l’allocation chômage ainsi que les engagements des bénéficiaires ne correspondant pas aux besoins des chômeurs algériens. 

A titre d’exemple, cette allocation est limitée à une seule année et elle pourra pas être renouvelée. Or, la majorité écrasante des chômeurs algériens sont des chômeurs… de longue durée. En effet, une étude détaillée faite par l’Office National des Statistiques (ONS), un organisme gouvernemental chargé de la collecte des données socio-économiques et démographiques du pays, a démontré en mai 2019 que’en moyenne, plus de six chômeurs sur dix (62,9%) en Algérie  sont des chômeurs de longue durée, à savoir des chômeurs cherchant un poste d’emploi depuis une année ou plus.

En effet, l’étude de l’ONS dédiée à l’activité, l’emploi et le chômage en Algérie, dévoile que seulement 34,6 % des chômeurs algériens sont chômeurs depuis moins d’une année. Pas moins de 20,8 % des chômeurs algériens sont au chômage depuis moins de 23 mois et plus de 42,1 % des chômeurs algériens sont au chômage depuis plus de 24 mois, à savoir deux ans.

C’est dire que la majorité des chômeurs algériens souffrent du chômage depuis plus d’une année, voire deux ans. Cela signifie que la limitation à une année de l’allocation chômage au montant de 13 mille Da ne va nullement profiter aux chômeurs algériens ni leur permettre de prendre en charge leurs besoins les plus vitaux. Le dispositif imaginé par l’Etat algérien aura une portée positive très limitée sur les chômeurs car ils souffrent depuis une longue durée du chômage et leur situation nécessite des solutions beaucoup plus pérennes pour que leur prise en charge soit efficace.

La même étude de l’ONS nous apprend aussi que les chômeurs ayant déjà travaillé par le passé sont estimés à au moins 683.000, formant ainsi 47,1% de la population en chômage; constituée majoritairement d’hommes (72,6%). Près des trois quarts de cette
population travaillaient comme salariés non permanents et 72,5% étaient dans le secteur privé.

41,8% exerçaient dans le secteur des services marchands, 23,2% dans l’administration et 22,4% dans le secteur de la construction. 67% ont quitté leur dernier poste d’emploi pour des raisons de fin de contrat, de cessation d’activité de l’entreprise ou de licenciement.

dernières nouvelles
Actualités