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samedi, juin 15, 2024

Parti au commissariat pour assister son client, un avocat algérien se retrouve en état d’arrestation et auditionné pour une publication… sur Facebook

C’est inédit. Les services de sécurité en Algérie peuvent, désormais, procéder à l’arrestation de n’importe quel individu et à n’importe quel moment pour les motifs les plus absurdes et extravagants. La mésaventure du jeune avocat Mohamed El Amine Hamitou en est une parfaite illustration. Ce jeune avocat originaire d’El-Bayadh, une ville située à plus de 530 KM au sud-ouest de la capitale Alger, a été interpellé et auditionné par des agents de la Police alors qu’il s’était rendu hier mardi 7 septembre au siège de la sûreté de wilaya d’El-Bayadh afin d’assister son client le journaliste et activiste politique Hassan Bouras. 

Un avocat parti accompagner et assister son client qui est placé en garde-à-vue depuis lundi par les policiers s’est retrouvé ainsi à son tour en état d’arrestation pour les besoins d’un interrogatoire qui lui a été imposé en raison de… ses publications sur Facebook. Des enquêteurs de la sûreté de wilaya d’El-Bayadh ont, plus tard, saisi le smartphone personnel de Mohamed El Amine Hamitou pour ensuite le fouiller et l’exploiter.

De défenseur d’un citoyen victime de l’arbitraire, le jeune avocat algérien est passé lui-même sur le banc des accusés puisqu’il a été auditionné par les policiers en tant que… suspect à cause de ses écrits sur Facebook. Cette situation ubuesque a suscité l’indignation de plusieurs autres avocats algériens qui ont dénoncé ce traitement humiliant infligé à leur jeune confrère d’El-Bayadh.

Il faut savoir que la loi algérienne accorde un statut spécifique à l’avocat et lui garantit des droits juridiques intangibles comme elle lui impose aussi des devoirs à respecter. Ainsi, la loi n° 13-07 du 24 Dhou El Hidja 1434 correspondant au 29 octobre 2013 portant organisation de la profession d’avocat explique dans son article 26 que l’outrage et l’agression à l’encontre d’un avocat dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses
fonctions, est passible des peines prévues par le code pénal relatives à l’outrage au magistrat.

La même loi explique dans son article 24 qu’à l’occasion de l’exercice de sa profession,
l’avocat bénéficie de la protection absolue du caractère confidentiel des relations entre lui et ses clients ainsi que de la garantie du secret de ses dossiers et de ses correspondances.  Malheureusement, ces articles sont de plus en plus bafoués par les services de sécurité qui s’attaquent violemment et harcèlent de jour en jour les avocats qui osent défendre les droits des détenus politiques ou des militants opposants placés en garde-à-vue par les services de sécurité à l’image du journaliste et défenseur des droits humains, Hassan Bouras qui a été arrêté et placé en garde-à-vue depuis le lundi 6 septembre à El Bayadh.

 

 

 

 

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8 تعليقات

  1. Je pense que les réseaux sociaux ne sont plus ce qu’ils étaient. De plus en plus, ils cèdent devant le chantage des dictatures. Avec les crises qui se succèdent, on a tellement le temps de s’occuper du voisin. Regardez en Algérie, on a brûlé la Kabylie pour cause du Hirak et on préfère regarder ailleurs en apportant une matérielle que de se saisir de la flamme du Hirak pour la garder allumée !

  2. Comme durant la 2eme guerre mondiale, la police algérienne procede a des rafles de citoyens et a ce rythme ils doivent réfléchir à des camps de déportation et de concentration pour après passer à une solution finale pour exterminer les 45 millions d’Algeriens qui s’opposent aux nazis de nezar, chengriha, kelboune,…
    Bravo le Hirak d’avoir pousse la junte a afficher sa vraie nature de fachiste terroriste… c’est une grande victoire et le processus n’est plus réversible !