11.9 C
Alger
dimanche, mars 3, 2024

Nourredine Yazid Zerhouni est mort et emporte avec lui tous ses secrets

L’ex-ministre de l’Intérieur, l’un des piliers du régime Bouteflika et l’une des plus importantes figures emblématiques de tout le pouvoir algérien, Nourredine Yazid Zerhouni est décédé à Alger ce vendredi matin, a-t-on pu confirmer auprès de plusieurs sources concordantes. L’homme souffrait depuis des années d’une terrible maladie, un cancer, et il avait disparu de la scène publique et politique. 

Et pourtant, il s’agit de l’une des boites noires du régime algérien. Ce vendredi, il est définitivement parti en emportant avec lui tous les secrets de plusieurs dossiers sensibles de l’Etat algérien. Ministre de l’intérieur de 1999 à 2010 et vice-Premier ministre de 2010 jusqu’à 2012, Yazid Zerhouni n’a jamais dévoilé la vérité sur l’assassinat de l’ex-célèbre directeur de la DGSN Ali Tounsi le 25 février 2010 qui était en guerre froide contre Noureddine Zerhouni. La famille de la victime avait insisté et réclamé pendant longtemps  que Zerhouni soit auditionné par le juge chargé de l’enquête. Un des avocats de l’assassin présumé l’accuse d’avoir dissimulé des dérobés sur la scène du crime. Mais Nourredine Yazid Zerhouni n’a jamais révélé ce qu’il savait de ce triste épisode de l’histoire du pays.

Yazid Zerhouni joua également un rôle majeur et troublant dans la répression aveugle des manifestations du printemps berbère de 2001.  Le 18 avril 2001, à deux jours de la commémoration du Printemps berbère d’avril 1980,  la mort par balle d’un jeune lycéen, Massinissa Guermah, dans les locaux d’une gendarmerie à Béni-Douala, en Kabylie, provoque de graves émeutes. L’ampleur de la répression engendre un vaste mouvement de protestation. La « bavure » n’en est pas une. Dans un climat très tendu, les déclarations du ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, traitant la jeune victime de « voyou de 26 ans » et le silence du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika mettent le feu aux poudres. La répression féroce de la gendarmerie et de la Compagnie nationale de sécurité (CNS) provoque la mort de cent dix-huit personnes en quelques semaines – en majorité des adolescents –, des milliers de blessés et des dégâts matériels considérables.

Personne, absolument personne, n’a été jugée ou questionnée pour ces crimes abjects qui resteront ainsi impunis, mais gravés dans la mémoire collective algérienne. Nourredine Yazid Zerhouni était l’un des acteurs lugubres et sinistres de cette répression. Aujourd’hui, vendredi 18 décembre, il a tiré sa révérence sans dire un mot aux familles des victimes. Sans raconter la vérité pour qu’elle soit enseignée et écrite par les Historiens afin que nul n’oublie ces tragédies ayant endeuillé l’Algérie.

Nourredine Yazid Zerhouni est mort à l’âge de 83 ans. Rappelons enfin qu’il a fait partie des premiers éléments du  Ministère de l’Armement et des Liaisons Générales (MALG) qui était le service de renseignement de l’Armée de Libération Nationale (ALN) et le véritable ancêtre du célèbre DRS. En 1961, Nourredine Yazid Zerhouni a  même fait partie de la délégation algérienne à Évian en tant qu’expert militaire. C’est une figure de l’histoire de l’Algérie qui s’en va sans laisser ses Mémoires pour comprendre la complexité de l’histoire de notre pays. Dommage.

dernières nouvelles
Actualités

18 تعليقات

  1. Les grands kouads du Drs sont comme des chiennes enragées.
    Ils passent leurs temps à insulter Abdou Semmar, qui est patron du seul site où on peut s’exprimer librement !
    Cela veut dire qu’ils leurs fait mal, il fait mal à cette junte honni par tout Algérien qui se respecte, et il fait mal aux Ââbid qui vendent père et mère pour un sandwich.
    Quant à ce sanguinaire décédé, comme quoi on finit tous par y passer, mais le plus important c’est que les Algériens n’oublient pas ses crimes.
    Encore une fois merci Mr Semmar de nous permettre de donner nos avis, quant aux kouads du Drs et de cette mafia, un jour ou l’autre la justice passera, la vraie justice pas celle de ces moins que rien.

  2. @ya kebch
    Pour toi la vérité et la justice fait partie du secret d’état, la mort de 128 personnes ne représente rien pour toi.
    Personne n’a dit que c’est lui qui est directement derrière cette acte mais il était au poste de responsable.
    supposons qu’il avait peur pour sa personne a ce moment là, mais il aurais pu laisser ses mémoires pour que ou moins ce genre de crime ne se répète pas dans la future Algérie.
    Un grand homme le restera même après sa mort.

  3. Un autre criminel qui s’en va, parmi tant d’autres. Beaucoup se pensent immortels, le temps rattrape tout.
    Seules ses victimes peuvent pardonner et elles ne sont plus là, et personne ne peut le faire à leur place. Mais il est clair que ce n’est pas ce genre de personne qui va aller côtoyer des saints.

  4. @ kebch
    Tu es franchement dérangeant, reprends toi sahbi.
    Essaye avec la courtoisie de t’adresser à ton alter égo.
    Nous ne sommes pas tous des animaux.
    La majorité d’entre nous à même reçu une éducation, si, si, je te l’assure.
    Qui, par ses parents, d’autres par des adultes responsables.
    Allez, un effort!
    Il n’est jamais trop tard pour se remettre en question.
    Sinon, pour revenir au sujet, là pour le coup, il est trop tôt pour dire tout le «  bien «  que je pense de ce monsieur.
    Condoléances à la famille du défunt.

  5. Le problème est que ce site sert une frange du pouvoir….
    Qui fournit toutes les informations?
    Oui pour une presse libre et indépendante
    Il n’y a aucun journal libre et indépendant en Algérie
    Tous les journaux ou sites sont inféodés à une partie du pourvoir où ex-pourvoir qui veut revenir
    Abdou Semmar roule pour ses derniers (avec ou sans son consentement)

  6. Cher iznogood. Je viens de lire ton commentaire. Je pense que tu serais d’accord pour reconnaître que que l algérie à fait bcp d efforts pour une presse libre,et c’est tant mieux ! Regarde nos voisins même dans la rue ils ne peuvent pas parler ! Le seul moyen pour eux c’est les réseaux sociaux, c’est triste. Je respecte ta position sur ce sujet. Bien à toi.